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Des milliers d’années avant notre ère et bien avant que n’existent les peuples et les villes du Nord du Chili et du Sud du Pérou*, bien avant l’Empire Inka*, des hommes habitaient déjà la côte du désert d’Arica*. Ces peuplades de pêcheurs développent très tôt des techniques de momification leur permettant d’empêcher la décomposition de leurs défunts et donc de pouvoir les vénérer.

audio-iconAUDIOTOUR KORKE : Ecoutez cet article en cliquant sur le lecteur ci-dessous. ©2013 Turismo Korke Ltda.

Il existe plusieurs études qui établissent une relation entre la complexité de l’organisation sociale et les rites funéraires. En effet, selon ces théories, plus la société est complexe et organisée en classe sociale, plus le rite funéraire est riche en symbolique. D’un autre côté, on pense que les peuplades simples politiquement, comme les pêcheurs et chasseurs-cueilleurs auraient peu développé leurs rites et pratiques funéraires. Les Chinchorros et leur culture viennent contredire cet état de fait. Cette population très ancienne de pêcheurs et de chasseurs – cueilleurs, aujourd’hui scientifiquement reconnue, avaient déjà développé des techniques et cérémonies funéraires plus sophistiquées que celles des sociétés dites complexes.
Aujourd’hui, nous savons que les chinchorros habitaient les régions allant du sud du Pérou jusqu’à Antofagasta au Chili. Les chinchorros purent, malgré l’aridité du sol, se développer grâce aux eaux souterraines. Ils commencent à habiter la région vers 7000 ap.J-C et à momifier leurs défunts aux environs de 5000 ap.J-C. Le besoin de momifier artificiellement le corps de leurs morts fut une pratique très enracinée qui réussit à se maintenir pendant plus de 4000 ans.
Le peuple précolombien d’Arica ne possédaient vraisemblablement pas l’écriture, il est donc difficile de savoir les raisons précises de ces momifications. La cause de la disparition de cette pratique funéraire, entre 1700 av. J-C et 1100 av. J-C reste aussi un mystère. L’hypothèse la plus probable est un abandon de la momification pour des principes religieux. Les croyances avaient surement changées et le système politique et social aussi. L’organisation de la pratique funéraire changea et les corps furent désormais enterrés en position fléchies et ils se momifiaient naturellement grâce à l’action séchante du désert.
Cependant, la momification naturelle et artificielle mais aussi le culte aux ancêtres ont eu une influence majeure dans la vie quotidienne des peuplades pré-hispaniques de la région d’Arica.

Ce texte a été réalisé comme support pour la visite du Musée archéologique du Valle de Azapa à Arica