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Visite de la mine de salpêtre Santiago Humberstone, Pozo Almonte, Chili

7- La Pulpería ou marché d’Humberstone

audio-iconAUDIOTOUR KORKE : Ecoutez cet article en cliquant sur le lecteur ci-dessous. ©2013 Turismo Korke Ltda.

Après la visite de l’école publique, nous arrivons à la fin de la rue Tarapacá et tournons à gauche dans la rue Ramirez. Nous longeons maintenant la pulpería ou marché couvert se situant à notre droite et donnant aussi sur la place. Cet édifice est parcouru par des arcades lui conférant une allure très particulière. La pulpería fonctionnait comme un grand magasin où les travailleurs et ouvriers d’Humberstone pouvait acquérir tous types de marchandises amenées par bateau jusqu’au port d’Iquique et par train jusqu’aux hangars de ce marché. On y vendait des produits comme les légumes, la viande, le pain mais aussi des articles de couture, des vêtements ou encore de l’alcool. Certains de ses objets sont exposés dans les deux salles jouxtées à la pulperia.
Ce commerce fournissait donc tous le nécessaire aux familles et était décompté sur les fiches de salaires.
Anciennement, alors qu’Humberstone se nommait encore « La Palma », les travailleurs ne recevaient pas de salaires. Ils étaient payé par un système de fiches faisant office de monnaie obligatoire imposée par la compagnie. L’ouvrier voyait donc son pouvoir d’achat limité à la seule zone du bureau de salpêtre. Les individus étaient donc obligés de payer des fortunes pour leur consommation quotidienne et la compagnie s’enrichissait. Cette pratique héritée de l’époque péruvienne anéantissait totalement la liberté d’acquisition du travailleur qui voyait tout les profits de son labeur glissé dans les mains des propriétaires capitalistes des bureaux de salpêtre. Lorsque pour des pour raisons de force majeur, l’employé avait besoin d’argent en liquide, la compagnie lui changeait ses fiches avec une taxe de 20 à 50%. Tout ce que l’on achetait ailleurs que dans la pulperia était considéré comme de la contrebande. Le travailleur était très souvent persécuté et menacé de renvoi. La répression était donc féroce.  En cas de récidive, l’homme et sa famille étaient jeté  sur une route quelconque du désert avant le lever du soleil.
Cette exploitation de l’homme par l’homme donnera d’ailleurs naissance aux premières luttes sociales souvent réprimées dans le sang. Une des plus tristement célèbres  est celle de la Matanza de la Escuela Santa María d’Iquique* qui eut lieu le 21 décembre 1907. Ce jour-là, plus de deux milles travailleurs furent massacrés par l’armée.
Tout les bureaux du salpêtre utilisaient un système de fiches que l’on peut aujourd’hui découvrir au Musée du Salpêtre à Iquique*. On estime à à peu près à 137 les différents bureaux du salpêtre du nord chilien mais il est impossible d’obtenir une quantité exacte. À l’époque, on utilisait des fiches de cartons, de papiers, de nickel. d’aluminium ou encore de bronze. Chacune d’entre elles étaient stylisée en fonction du bureau.  On  usait aussi de la psychologie en diversifiant les logos, en modifiant la taille ou la valeur pour renforcer l’illusion d’un faux salaire chez le travailleur.

A Lire aussi sur l’ère du salpêtre:

– Les bureaux de salpêtre Santiago Humberstone et Santa Laura

– L’âge d’or du salpêtre: La calle Baquedano de iquique et la Place Arturo Prat d’Iquique

– La Matanza ou Massacre de la Escuela Santa María d’Iquique

– L’ancien Bureau de salpêtre Santa Laura

– Le salpêtre

– James Thomas Humberstone alias Santiago Humberstone

– La guerre du salpêtre ou la Guerre du Pacifique

Déroulement suggéré de la visite du site:

1- Entrée principale et Avenue Baquedano
2- Le terrain de Tennis
3-La « casa de Administracion »
4- L’usine
5- Le kiosque à musique
6- L’école Publique
7- La Pulpería
8- Le théâtre
9- La Place
10- La piscine
11- Les Maison des ouvriers mariés
12- L’hôtel de Santiago Humberstone
13- Les maisons des ouvriers célibataires
14- Le marché
15- L’église
16- Le chemin de fer

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