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Les indiens Onas, également dénommés Selk’nam, Selknams ou Shelknams, sont une peuplade amérindienne qui, avec les Tehuelches, étaient les plus grands indiens du continent américain avec une taille moyenne de 1,80 m. Habitant la Grande Ile de Terre de Feu, ils vivaient de la chasse. Nomades, ils pratiquaient également la pêche. Disparus durant la moitié du 20e siècle, ils sont voisins des indiens nomades marins Yagan vivant au sud de la Terre de Feu mais également avec les Haush, à qui ils sont apparentés et qui peuplaient d’autres zones de la Grande Ile. Les indiens Alakaluf, un autre peuple nomade de la mer vivaient aussi sur la Grande Ile de Terre de Feu. Le nom « Ona » provient de la langue yagán et veut dire « gens à pied » en référence à leur nomadisme. Ce nom a prévalu sur le nom « Selk’nam », donné par le peuple des Tehuelches, dont la signification est « ceux de la branche séparée ».
Leur butin de chasse était principalement constitué de lamas guanacos ainsi que de divers rongeurs et oiseaux. Ils s’alimentaient aussi de fruits et de champignons. Les communautés côtières se nourrissaient de baleines et de fruits de mer trouvés sur la plage.

Les indiens Onas se découvrent dans cet exemple de voyage en Argentine

Les Onas disposaient d’une force physique importante, en témoigne l’usage de leur arme principale, l’arc à flèches. Pendant l’été, ils ne portaient pas de vêtements et évoluaient nus. Par contre, en hiver, ils se vêtaient de peaux de guanacos et utilisaient de la graisse de mammifères sur leurs corps pour se prémunir contre le froid ou encore contre l’humidité. Leur nudité et la mauvaise odeur dégagée par l’usage de graisses animales étaient aux yeux des premiers Européens les caractéristiques d’un peuple arriéré. Les préjugés des premiers Blancs concernaient également l’aspect linguistique. Leur langue était considérée comme pauvre et incompréhensible. A la fin du 19e siècle, l’auteur anglais Thomas Bridge prouvait le contraire en publiant un dictionnaire de la langue yágan comptant plus de 32.000 entrées.
Les indiens Onas ont constamment subi la violence des premiers Européens et pour échapper au massacre, beaucoup sont devenus nomades de la mer. Les premiers colons qui débarquent au 19e siècle d’Ecosse, de France, d’Angleterre, d’Espagne et du Pays basque organisaient des « chasses aux indiens » et les Onas se sont éteint en 20 ans. C’est vrai génocide qui se produisit. Les hommes blancs venus coloniser l’ile et exploiter les cultures et élevages des indiens Onas amenèrent avec eux des maladies contagieuses. En outre, ils recherchaient de l’or. Des missions salésiennes, installant des réductions notamment sur l’Ile Dawson, ont participé à leur extinction. En effet, les missionnaires salésiens élaborèrent des plans d’évangélisation et de « civilisation » des Selknam. Au début du 20e siècle, les indiens Onas n’étaient déjà plus que 500. La violence des premiers colons et des familles participants à l’œuvre salésienne ainsi que les changements culturels imposés ont ensuite achevé leur disparition.
Le culte des indiens Onas était composé de rites initiatiques de transmission du savoir des anciens aux jeunes générations et de rudes épreuves physiques. Polythéistes, les divinités des Onas étaient nombreuses mais un être unique et suprême se chargeait de la condamnation du mal. Les chamanes travaillaient pour que la chasse soit prospère et soignaient les maladies. Pour les rituels, les indiens Onas peignaient leurs corps et ils se recouvraient leur visage, tout comme dans la vie quotidienne.
La peinture corporelle était très importante pendant leur rite principal, le Hain qui célébrait la domination masculine. Les Onas possédaient une organisation sociale précise et étaient constitués de groupes familiaux pouvant atteindre 120 membres. Les différents groupes se répartissaient et partageaient le territoire selon les besoins.
En 2005, on comptait en Argentine, 391 descendants du peuple Ona en terre de Feu et une centaine dans la capitale mais aucun ne vivait plus en communauté.