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Il s’agit de la province d’Argentine qui possède la plus petite superficie. Située dans le nord-est du pays, elle fait partie de la région du Grand Nord argentin. Dix-sept départements forment la province de Tucuman, elle-même divisée en deux régions, l’une à l’est qui comprend une partie de la zone de Chaco et l’autre, à l’ouest, qui comprend une portion du cordon montagneux de la Pampa. La province de Tucuman est bordée au nord par la province de Salta, à l’est et au sud par la province de Santiago del Estero et à l’ouest par la province de Catamarca. La capitale de la province est San Miguel de Tucuman.

Tucuman possède plusieurs étymologies. Dans un premier temps, certains linguistes estiment qu’il s’agit d’un mot composé de la langue des Lules, un peuple indigène d’Argentine faisant partie de l’ethnie des Huarpes : « tucu-manita » signifierait « le lieu où abonde le tucu ». Le tucu est un coléoptère pourvu d’organes lumineux. D’autres scientifiques considèrent que « tucuman », également issu de la langue lule, est un dérivé du mot composé « yukkuman » ou « yakuman » qui signifie « aller vers le lieu où abonde l’eau » ; « yaku » signifie « eau » et « man » signifie « aller vers ». Une autre hypothèse étymologique suppose que le mot serait issu de la langue cacan de l’ethnie diaguitas : « Tukma-nao » signifierait dans ce cas « peuple » ou « territoire de Tukma », Tukma étant le nom d’un ancien chef diaguita. Enfin, la dernière hypothèse veut que le mot soit issu du quechua « tukkumanao » signifiant « territoire frontalier ».

La province de Tucuman est une province du Nord-Est de l’Argentine qui peut se visiter en 4 ou 5 jours, voyez l’exemple de voyage en Argentine autour de Salta et Tucuman que nous décrivons en détail.

Bien avant l’époque de la colonisation, deux peuples indigènes habitaient déjà la zone de la province de Tucuman : les Diaguitas et les Calchaquis. Ces deux peuples vivaient à l’époque de l’agriculture, de la poterie et du textile. Le premier Espagnol à être arrivé dans la province de Tucuman est Diego de Almagro en 1535, gouverneur de la Nueva Toledo, ancienne dénomination pour le sud du Pérou. Almagro a débarqué dans la zone de Tucuman, de Salta, de Jujuy et de Catamarca avec une troupe d’un demi-millier d’hommes comprenant des mercenaires religieux et quelques indiens. La province de Tucuman a été fondée en 1564 sous la dénomination de « Province de Tucuman, Juríes et Diaguitas ». Le gouverneur était Franciso de Aguirre. Le substantif « Juríes » ou « Xuríes » est un nom propre donné par le peuple Quechua aux indigènes Lules et Toconotés lorsqu’ils prennent possession de la région. La province de Tucuman, sous domination espagnole, comprenait jusqu’en 1814, les provinces de Tarija, Jujuy, Catamarca, et Santiago del Estero, la Rioja, San Juan, Cordoba, San Luis et Mendoza.

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La province de Tucuman possède actuellement trois aires géographiques : à l’est, les plaines de la région de Chaco, nommées pampas de Tucuman, à l’ouest, trois chaînes de montagnes, les sommets chalchaquies, la chaine montagneuse de Aconquija et les Sierras de El Cajon o Quilmes. Les points culminants de la province de Tucuman sont le Cerro del Bolson avec 5.550 mètres et le Cerro de Las Dos Lagunas avec 5.450 mètres.
D’un point de vue climatique, les vents humides soufflant depuis l’Atlantique sont contenus par les chaines montagneuses avec comme conséquence, une condensation qui engendre de fortes précipitations sur les flancs de l’ouest. De ces averses importantes naît une nature foisonnante. La province de Tucuman est d’ailleurs surnommée le « Jardin de la République ». Elle est ainsi composée d’une nimbo-selve, c’est-à-dire une forêt à nuages qui se situe dans la selva Tucumanotarijeña qui s’étend du nord-est de l’Argentine au sud de la Bolivie. Ces conditions particulières et la composition phyto-géographique de la province donnent naissance à différentes sortes de forêts : subtropicales dans le bas de la province, fraiches à une altitude intermédiaire et enneigées lorsque l’on dépasse les 3.500 mètres.

Dans ces différentes zones, le visiteur pourra découvrir une végétation surprenante. Au pied des cordons montagneux abondent diverses variétés d’arbres telles que le tarco, le celtis tala mais également des fougères arborescentes et du laurier. Le « jardin de la République » possède également une importante variété de fleurs comme le jasmin, les chèvrefeuilles ou encore les orchidées. En altitude, on trouve des forêts d’aulnes, de pins et de noyers.

La faune autochtone de la province de Tucuman a pratiquement été anéantie lors de la conquête espagnole. Par exemple, la plupart des ours a lunettes, une espèce proche du panda, a presque disparu. En 2007, il n’en restait plus que 2.000 individus. Le jaguar a été également fortement menacé d’extinction ainsi que le tapir et le loup à crinière. Les cerfs, le lama, le vicuña et l’alpaca, également menacés, habitent également la province de Tucuman. D’autres animaux subsistent également tels que les pumas, les renards et les daguets rouges.