Email this to someoneShare on FacebookShare on Google+Tweet about this on Twitter

Les indiens Kaweskar, également nommés Alakalufs, sont un peuple d’indiens nomades marins tout comme les indiens Yagan. Les Kaweskars avaient l’habitude de se déplacer en canoé sur les fleuves de l’ouest de la Patagonie, entre le Golfe de Penas et le détroit de Magellan. On les retrouve également sur les cours d’eau à l’ouest de la Grande Ile de Terre de Feu et au sud du détroit. Apres le 19e siècle, les indiens Kaweskar vont devenir sédentaires et s’installer sur l’île Wellington, située dans le sud du Chili sur laquelle résident les deniers descendants de ce peuple.

alakalufs 3

Bien que l’ethnie Alakaluf se retrouve principalement sur le territoire chilien, ils évoluent occasionnellement aussi dans la zone frontalière avec l’Argentine, entre le lac Fagnano et la Cordillère des Andes fuégienne. Ils n’ont pas établi de colonies permanentes sur ces terres et il semble que cette présence occasionnelle se doit aux échanges commerciaux qu’ils entretenaient avec les indiens Onas, Tehuelches et Yamana. Certains livres d’histoire argentins classent cependant les indiens Kaweskar parmi les peuples indigènes du pays mais il semble toutefois que cette présence n’ait été que transitoire.

kaweskar 2

L’organisation sociale de base des indiens Kaweskar était la famille. Les groupes se déplaçaient en canoé à la recherche d’aliments. Le canoé était la pièce principale de leur patrimoine. Ces embarcations étaient constituées d’écorce, principalement de coigüe. Leur longueur pouvait varier entre 8 et 9 mètres et elles pouvaient contenir facilement une famille entière. Sur terre, ils construisaient des cabanes en bois de chêne recouvertes de peau de phoques. Leur alimentation était composée de loups de mer, de phoques et de loutres dont ils travaillaient également la peau. Ce peuple travaillait en outre la pierre, le bois, les os et les coquillages. Avec ces éléments, ils fabriquaient des flèches, des arcs, des harpons et des couteaux. Il faut signaler qu’ils ne connurent le métal que lors de la venue de l’homme blanc.

Apprenez en plus en visitant la région des indiens Kaweskar au cours d’un voyage au Chili dans les fjörds de la région de Magallanes

Les indiens Kaweskar croyaient en un être suprême fondamentalement bon, nommé Alep-láyp, qu’ils vénéraient et remerciaient lorsque, par exemple, un bateau s’échouait car cela leur permettait de trouver du métal ou encore lorsqu’une baleine venait mourir sur une plage.
En ce qui concerne la signification de leur nom, plusieurs théories existent. Toutefois, le fait que les indiens Kaweskar aient été un peuple nomade marin dont la population n’a jamais dépassé les 5.000 membres complique la collecte de données linguistiques. Par ailleurs, les chercheurs qui ont récolté leurs témoignages linguistiques n’étaient pas suffisamment entraînés auditivement, d’où la présence d’une variété de graphies qui s’opposent.
J. Emperaire a étudié ce peuple dans les années 1950. Le chercheur signale que le mot « alakaluf » signifierait « donner » faisant allusion à une époque où les indiens Alakalufs de l’archipel montaient dans les bateaux afin de demander du métal et des habits. Emperaire évoque aussi la possibilité que le mot Kaweskar veuille dire « hommes qui portaient des peaux ».

kaweskar-alakalufs

Les indiens Kaweskar ont été tués par les maladies amenées sur le continent par les premiers explorateurs et missionnaires. Ils ont bien entendu été victimes de la violence de l’homme occidental qui voyait en eux des sauvages. A la fin du 19e, une dizaine de membres d’une tribu Kaweskar fut déportée du Chili vers la France pour être parquée dans le Bois de Boulogne ainsi que vers Berlin pour être confinée dans un Jardin zoologique. Peu d’entre eux ont survécu à cette triste expédition et ont pu retourner dans leur pays. Actuellement, il ne reste que très peu de locuteurs Kaweskars. En 2006, il ne demeurait plus que 15 individus descendants directement de ces indiens.