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Tribu d’origine quechua, les indiens Quilmes habitaient la zone des vallées Calchaquies qui s’étend sur les provinces argentines de Salta, de Catamarca et de Tucuman jusqu’aux alentours de la frontière bolivienne. Ils font partie de l’ethnie Diaguita. Leur langue était le cacán dont la distribution linguistique correspond au nord-est de l’argentine et, au Petit Nord du Chili. En cacán, Quilmes ou Kilmes signifie « entre les collines ». Les Quilmes descendent du peuple aymara qui était arrivé dans ces vallées bien avant l’ère chrétienne.
Planté sur la colline Alto del Rey, le site archéologique de la Cité Sacrée des Quilmes, également dénommé « Ruines de Quilmes » constitue une des premières et des plus grandes villes pré-hispaniques. Il se situe à environ 60 km de Cayafate à une altitude de 1.700 mètres au-dessus du niveau de la mer. Dans cette cité construite tel un labyrinthe sur un flanc de colline ont vécu près de 5.000 personnes. La ville possédait des places, des gradins, un amphithéâtre et des fortifications qui surplombaient la vallée. Les habitations de pierre des indiens Quilmes étaient de forme carrée et rectangulaires avec une base souterraine. Le lieu était également pourvu d’enceintes de pierre pour l’élevage d’animaux, de cimetières et de greniers pour le grain et les récoltes.

Image des derniers indiens Quilmes.

derniers indiens Quilmes

Les indiens Quilmes cultivaient le maïs, le quinoa, les pommes de terre et les haricots. Ils élevaient des lamas dont ils utilisaient la laine pour la confection de vêtements et dont ils consommaient la viande et le lait. Les femmes tissaient et moulaient le grain, les enfants apprenaient l’usage de l’arc à flèches et récoltaient du bois et des fruits et les hommes faisaient fondre le métal et le bronze. Les Quilmes étaient une communauté solidaire d’agriculteurs dont le principe de base était la propriété territoriale collective. Ils possédaient aussi un système de distribution alimentaire communautaire. D’un point de vue économique, l’organisation « socialiste » des indiens Quilmes avait réussi à mettre fin à de nombreuses guerres tribales et à la famine. En outre, malgré l’aridité de la terre, les Quilmes ont réussi à élaborer un système d’irrigation complexe pour leurs cultures.

Pour en savoir plus sur les indiens Quilmes, nous proposons un exemple de
voyage en Argentine dans la région de Salta et Tucuman qui vous permettra d’en savoir plus sur ce peuple disparu.

La Cité Sacrée des Quilmes équipée de deux forteresses servait également d’enceinte militaire. Les indiens Quilmes étaient d’un niveau socio-culturel élevé et ils entretenaient des liens économiques et politiques avec les communautés voisines. D’un point de vue religieux, ils vouaient un culte à la Pachamama (Terre-Mère). Le système religieux des indiens Quilmes était, selon les anthropologues et les sociologues, très avancé. Les Quilmes avaient également comme divinités le serpent bicéphale, le crapaud, le nandou, le jaguar ou encore la spirale.
Selon plusieurs auteurs, les indiens Quilmes se seraient réfugiés dans les vallées Calchaquies car ils fuyaient la domination de l’empire incaïque. Toutefois, d’autres historiens estiment que ces vallées étaient déjà sous le joug des Incas. Les indiens Quilmes sont arrivés dans cette zone aux environs du 15e siècle. Cependant, l’endroit aurait été habité dès le 11e siècle. Pendant les 16e et 17e siècles, ils résistèrent avec véhémence à la colonisation espagnole et à l’évangélisation sur une période de près de 130 ans. Les colons, arrivés au 16e siècle dans la région, souhaitaient soumettre les indiens et exploiter les terres mais également libérer cette zone pour leur route vers le Pérou. Le premier cacique à se lever contre l’envahisseur fut Juan Calchaqui. Durant cette fronde, plusieurs alliances entre plusieurs groupes indépendants d’indiens eut lieu.

En 1667, après de nombreux conflits, le gouverneur de la province de Tucuman, Alonso Mercado y Villacorta, envahit les vallées et réduisit le peuple Quilmes, déjà fortement abattu par la faim et l’isolement. Les indiens Quilmes furent alors déportés par les Espagnols à 1.200 km de leur lieu d’établissement, dans la réduction de Santa Cruz de Quilmes, proche du fleuve Rio de la Plata, la zone actuelle de la ville de Quilmes, au sud-est de la province de Buenos Aires. Sur l’ancienne cité, les Espagnols établirent le « Fort de San Francisco de Los Quilmes. D’autres membres, condamnés à l’esclavage, furent emmenés à San Miguel, Cordoba, et Santa Fe. Par ailleurs, certains indiens ont été employés pour la construction de Buenos Aires et d’autres ont été envoyés dans la ville bolivienne de Potosi pour travailler dans les mines d’argent. On raconte que plusieurs femmes et enfants ayant refusé la déportation se seraient jetés à l’eau. Celles-ci étaient employées à la servitude ou à la prostitution.

Au 18e siècle, la violence envers ce peuple indigène de la part des colons était à son comble et les maladies, les métissages et la misère ont contribué à la forte diminution de la population Quilmes. En 1812, le gouvernement argentin décréta que les indiens Quilmes de la réduction étaient dorénavant un « peuple libre ». La date de cette proclamation, le 14 août 1812, correspond à la fondation de la ville. Actuellement, des descendants des indiens Quilmes, 200 selon un recensement de 2013, vivent à l’ouest de la province de Tucuman, dans la zone limitrophe a la province de Catamarca, le long du fleuve Santa María qui coule entre les cordons montagneux de l’Aconquija et du Cajon. La langue cacan a aujourd’hui complètement disparu.