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Avant la colonisation de l’actuel territoire argentin par les Conquistadores espagnols, les indiens Calchaquis, rattachés à l’ethnie diaguita, peuplaient la région nord-ouest de l’Argentine. Les indiens Calchaquis (calchaquies en espagnol) habitaient dans les vastes provinces de Jujuy, Salta, Tucuman, La Rioja, San Juan et Santiago del Estero.

Les indiens Calchaquis partagaient avec les autres peuples formant l’ethnie diaguita tels que les indiens Capayan, les indiens Quilmes ou encore les Yacampis, une langue commune : la langue diaguita ou kakan, idiome amérindien parlé en Argentine sur une ample zone ainsi que dans la région de l’Atacama, au Chili.

Le nom Calchaquis

leur a été donné au 17e siècle. Il s’agit d’un éponyme d’un de leurs premiers caciques, Kalchaki, prénommé Juan Calchaqui par les Espagnols, qui en 1561 réussit à éloigner les troupes européennes de la province de Santiago del Estero.

Pendant toute la période de la Conquête, les Espagnols n’avaient pu pénétrer les Vallées Calchaquis où s’était réfugiée la culture diaguita, une confédération qui appartient à la Culture Santa Maria, civilisation qui s’est développée dans le nord-est argentin, dans l’actuelle province de Catamarca, entre 1200 et 1470. Ces seigneuries diaguita étaient réparties de la façon suivante : les Pulares au nord, les Diaguitas à l’ouest et les indiens Calchaquis à l’est. Les indiens Calchaquis étaient constitués de 12.500 personnes. La faible présence des Espagnols dans les provinces argentines habitées par les Calchaquis a permis à ces derniers de résister avec acharnement aux colons européens. Ces conflits sont connus historiquement en tant que Guerres Calchaquis, période qui a duré plus d’un siècle.

La première guerre calchaqui remonte à 1560.

Conduite par Juan Calchaqui et par les kuracas (fonctionnaires de l’empire Inca) Quipildor et Viltipoco, elle réussit à maintenir les Européens hors des territoires calchaquis et mit à sac plusieurs villes fondées par les Espagnols telles que Cañete, Cordoba de Calchaqui et Londres. Le second conflit se nomme la « rébellion de Viltipoco ». En 1594, le kuraca Vitilpoco, chef des Omaguacas, ethnie argentine et bolivienne, créa une armée d’indigènes diaguita de 10.000 hommes issus de tribus diaguitas. Toutefois, il fut capturé par un groupe de 25 soldats espagnols et mourut en prison, à San Salvador de Jujuy. La deuxième guerre calchaqui dura 7 ans, de 1630 à 1637, et fut dirigée par le kuraca Chalamin. Durant celle-ci, les Diaguitas détruisirent à nouveau les villes créées par les Espagnols. Chalamin fut capturé et exécuté par les troupes espagnols et ses combattants furent réduits à l’esclavage. Enfin, la troisième guerre clachaqui dura 9 ans, de 1658 à 1667. Celle-ci fut menée par un aventurier andalou, Pedro Bohorquez, qui se proclamait Inca, surnommé l’Inca Hualpa et accepté en tant que tel par les tribus. Ce dernier réussit à constituer, à l’aide notamment des Jésuites, une armée de 6.000 guerriers qui lui permirent de tenir tête à l’occupant pendant plusieurs années. En 1659, Bohorquez décida de se faire pardonner et se rendit. Il fut exécuté à Lima. La troisième guerre calchaqui se termina le 2 janvier 1667 et les combattants furent déportés et réduits à l’esclavage.

Selon les historiens et archéologues, les indiens Calchaquis étaient grands et possédaient des traits agréables. Leur musculature était développée et ils possédaient le teint clair. Ils s’habillaient avec de longues chemises de laine et décoraient leurs habits d’ornements géométriques. Ils chaussaient des ushutas, souliers traditionnels de cuir semblables à des sandales. En outre, ils se couvraient la tête de bonnets aux couleurs très vives. Ils utilisaient également des bandeaux, des pendentifs, des boucles d’oreille et des plastrons de plumes, d’os, de pierres et de métal. Les indiens Calchaquis étaient d’excellents travailleurs du cuivre, de l’or et de l’argent. Ils confectionnaient de magnifiques tissus et des pièces de poterie et de céramique qui leur servaient d’urnes funéraires ou de vaisselle.

Au moment de la Conquête espagnole, ils étaient dominés et influencés par les Incas. Guerriers redoutables, ils employèrent des arcs à flèches, des frondes et des haches pour résister aux Conquistadores. Par ailleurs, ils avaient pour habitude de pratiquer la peinture, la danse et la musique. Leurs instruments typiques étaient la flute, le cornet et le tambour.

Les indiens Calchaquis étaient de parfaits agriculteurs. Ils utilisaient un bâton avec lequel ils plantaient les semences. Ils cultivaient le maïs, le quinoa, la pomme de terre, la courgette et haricots. Ils recueillaient également des fruits sylvestres tels que l’ « algarroba » ou caroube qu’ils accumulaient des conteneurs souterrains. Ils élaboraient aussi un alcool, la chica, et une pâte sèche, sorte de pain, nommée « patay ». Les Calchaquis étaient des chasseurs et des éleveurs de lamas qu’ils domestiquaient pour leur viande, leur fourrure, leur lait et pour le transport.
Leurs habitations étaient rectangulaires ou carrées. Les maisons, pourvues de portes étroites, étaient composées de plusieurs pièces qui communiquaient entre elles. Tout comme les Incas, ils superposaient des pierres asymétriques de différentes tailles et utilisaient l’adobe. Ils construisaient également des « pucaras », fortifications typiques des cultures andines, pour se défendre des attaques extérieures. Le maïs était cultivé en terrasses. Un peuple sédentaire calchaqui avait pour caractéristique d’être organisé en tribus ou clans, les « aillus », communautés familiales de la région andine, régie par un chef, le kuraca, qui pouvait compter plus d’une épouse, selon sa condition économique. Les indiens Calchaquis étaient ainsi polygames. Si l’époux venait à mourir, c’était le frère qui héritait de ses femmes. Les caciques arrivaient au pouvoir par succession, ce qui créait une véritable caste gouvernante. Les prêtres calchaquis étaient vus comme des magiciens et des sorciers qui étaient capables de guérir les individus. Les indiens Calchaquis adoraient le soleil et vénéraient les phénomènes naturels. Les rayons et le tonnerre étaient considérés comme les dieux des Andes, reliés à la Terre-Mère.