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Le ñire, de son nom scientifique Nothofagus Antarctica, également appelé ñirre, haie antarctique, hêtre austral ou hêtre de Magellan, est un magnifique arbre à feuille non pérennes, c’est-à-dire à feuilles persistantes, que l’on retrouve des forêts natives andines de la Patagonie chilienne et argentine jusqu’à la Terre de Feu. En Argentine, les ñire sont présents depuis Neuquén jusqu’à la Terre de Feu.

Peuplant également les Andes, le ñire résiste à des températures très basses. Il pousse idéalement dans des sols riches, humifères au sein d’une atmosphère humide. Il mesure entre 10 et 25 mètres de hauteur et possède un tronc fin et échelonné. Ses feuilles, dures au toucher, pourvues d’extrémités dentées et ondulées à chaque nervure, mesurent de 5 à 35 millimètres. Leur arôme est très doux.

Le feuillage du ñire est de couleur verte très brillante avec des nuances d’orange-rougeâtre en automne et jaune doré en septembre. Les fleurs de cet arbre sont de couleur. Cet arbre produit en outre un fruit très parfumé d’un diamètre d’environ 6 mm qui contient trois noix ou faîne.

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Un Ñire dans le parc Torres del Paine

Dans la langue mapuche, ñire signifie « renard ». Les indiens mapuches l’ont appelé de la sorte car le renard a pour habitude de confectionner son terrier sous son feuillage. Sur l’Ile de Terre de Feu, le ñire est un « arbre à barbe ». En effet, dans cette région, il est couvert de ce que l’on nomme de la barbe d’arbre, barbe de vieux, barbe du diable ou barbe de l’indien. Un « arbre à barbe » est un arbre couvert de lichen pileux. Le bois du ñire est utilisé en tant que buche. Il a par ailleurs été introduit aux Etats-Unis sur la côte nord du Pacifique et en tant qu’arbre ornemental sur les îles britanniques ou il se développe très bien.

D’un point de vue scientifique, il a été démontré en 2005, qu’un bois de ñire patagonique était capable d’absorber de grandes quantités de dioxyde de carbone et de cette manière, de contribuer à la réduction des effets du changement climatique provoqué la recrudescence de gaz polluants. Selon Pablo peri, chercheur argentin de l’Université Nationale de la Patagonie Australe, les ñires absorbent le carbone au travers de la photosynthèse en transformant les molécules de dioxyde carbone en oxygène. Le carbone est absorbé dans le tronc de l’arbre, dans ses branches et ses racines.

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Détail des feuilles d’un Nothofagus antartica

Le scientifique et ses collègues ont élaboré des modèles qui calculent la quantité de carbone qu’un ñire peut absorber afin d’appliquer cette pratique à l’ensemble de la Patagonie. Ils ont estimé qu’une forêt de 19.500 ñires de 29 ans d’âge pouvait absorber 1,3 tonne de carbone par an.