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Les indiens Tobas, également dénommés Kom ou qom, sont une ethnie appartenant au groupe de la pampa de la région du Gran Chaco dans le nord de l’Argentine, qui comprend quatre autres provinces argentines : Santa Fe, Santiago del Estero, Salta et Formosa). Les Tobas font également partie du grand groupe de peuples indigènes nommé «Guaycurús», une famille de peuples amérindiens que l’on retrouve également en Bolivie, au Paraguay et au Brésil.

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Image très rare d’indiens Tobas dans leur attirail original devant leur hutte (image probablement prise par un missionaire)

Leur langue est le « qomlaqtaq » qui, d’un point de vue linguistique, est compris dans le groupe des langues « guaycurúes » (« waykuruanes » ou « waikuruanes »), elles-mêmes inclues, selon plusieurs auteurs, dans le corpus des langues langues mataguayo (ou langues mataco, langues mataco-mataguayo, langues mataco-maká), une famille de langues amérindiennes d’Amérique Latine, parlées en Argentine, au Paraguay et en Bolivie. Le mot « toba » est issu de la langue guarani et signifie « grand front ».

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Groupe d’indiens Tobas devant leur campement vers la fin du 19e siècle.

Les Tobas étaient originellement un groupe d’indigènes nomades qui vivait de la chasse, de la pêche et de la collecte de fruits et de légumes. En outre, ils pratiquaient l’art de la céramique et possédaient une technique avancée des créations textiles et de la vannerie.

Groupe d’indiens Tobas devant leur campement vers la fin du 19e siècle.A partir de 1880, le gouvernement régional argentin a commencé à occuper les terres des indiens tobas. Cette campagne dura jusqu’en 1919, année durant laquelle eut lieu un conflit important entre les différents groupes « guaycurús » et l’armée argentine. Les armes mais aussi l’alcohol eurent raison des indiens tobas. C’est ainsi que les terres ancestrales destinées à la chasse furent annexés aux zones des propriétaires terriens et destinées à l’industrie du bois. Un petit nombre d’indiens tobas fut capable de travailler pour les latifundistes. En effet, dans la cosmovision tobas, le quebracho, principal arbre des terres du Gran Chaco, sont sacrés. Malgré une déforestation de leurs territoires, les Tobas purent survivre grâce à la pêche et à la vente de leur artisanat ainsi qu’à des petits emplois domestiques et ruraux pour le colonisateur blanc. Par la suite, ils eurent plus de travail dans des industries de la production de coton.

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Deux indiens Tobas du Paraguay (carte postale de la fin du 19e siècle)

Jusqu’au 19e siècle, les indiens tobas vivaient principalement de la chasse et de la collecte de fruits et de légumes. Le travail était organisé selon le sexe des participants : les hommes dès leur plus jeune âge prenaient part aux activités de chasse et de la pêche et les femmes à l’activité agricole et horticole. Sur de petites parcelles de terre, ils cultivaient les carottes appelées dans leur langue « nachitek », le maïs nommé « oltañi », les haricots « avagha », etc.

Les descendants des Tobas habitent surtout la ville de Rosario. Dans un premier temps, leurs ancêtres ne furent pas bien reçus mais ils ne furent pas expulsés. Entre 1950 et 1960, les indiens tobas vont arriver en masse à Rosario, attirés par la prospérité industrielle de la ville. Au fil des années, ils purent s’intégrer à la population et ils s’installèrent dans le quartier « San Francisquito », dans la périphérie. Malgré cette assimilation, les Tobas ne perdirent ni leur identité ethnique, ni la relation qu’ils entretenaient avec leur milieu d’origine. Cela se doit surtout à l’organisation sociale et parentale des aborigènes qui permit que la relation entre les Tobas de Rosario et ceux de la région du Chaco perdure.

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Groupe d’indiens Tobas « civilisés »

La culture des Tobas était basée sur leurs traditions. Ces derniers vivaient dans des cabanes de bois recouvertes de paille qui mesuraient environ deux mètres de diamètre. La fabrication d’ustensiles de céramique, de cuir et de tissu était principalement utilitaire. Les hommes décoraient leur tête avec des plumes et des plantes. Hommes et femmes s’ornaient de bracelets et de colliers confectionnés à partir des dents et des ongles d’animaux mais aussi de semences, de plumes et de coquillages.

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Image représentative de la misère des indiens Tobas de la région du Chaco en Argentine dans l’actualité.

En 2001, 60.000 personnes se revendiquaient d’origine de l’ethnie qom, la plupart issues de la province de Chaco. En 2007, les principales communautés de descendants tobas se situaient dans la province de Tarija, en Bolivie, à l’ouest de la province argentine de Formosa. De nos jours, les Tobas sont près de 70.000 en Argentine. Par contre, en Bolivie, ils sont qu’un peu plus de 140 et 700 au Paraguay. La majorité des descendants d’indiens tobas se sont intégrés à la population argentine. Ceux qui vivent encore au sein des territoires ancestraux subsistent grâce à une vie communautaire rurale organisée démocratiquement. Ils cultivent des petites parcelles et ont des emplois ruraux. Comme l’expliquait le quotidien Courier International il y a dix ans, les indiens tobas sont devenus agriculteurs pour survivre au déboisement de leurs terres. De nos jours, plusieurs d’entre eux disposent de titres de propriété foncière.