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Le Cap Horn est une commune du Chili, fondée en 1927. Elle fait partie de la province de l’Antarctique chilien appartenant à la 12e Région de Magallanes et de l’Antarctique chilien. Cette commune chilienne était anciennement nommée Navarino, sa capitale étant Puerto Williams. Le Cap Horn possède une mairie de mer qui est en fait la maison du gardien de phare et de sa famille.

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Emplacement du Cap Horn, à l’extrême sud de la Terre de Feu, en territoire Chilien

Le Cap Horn est le cap le plus austral de l’archipel de la Terre de Feu dans le sud du Chili où l’on trouve également la petite île de Horn. C’est aussi le point le plus austral de trois caps qui se trouve dans cette région. Il marque la limite nord du passage Drake qui sépare le continent latino-américain de l’Antarctique et unit l’océan Pacifique à l’océan Atlantique.

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Peinture de la frégate française Herminie, au passage du Cap horn

Le Cap Horn a été pendant de nombreuses années un point important de la route des clippers, des bateaux à voile qui ont connu leur apogée au milieu du 19e siècle sur les routes commerciales du thé et du coton de l’Empire britannique et sur la liaison, via le Cap Horn, entre New York et San Francisco au moment de la ruée vers l’or.

Des passagers du bateau Stella Australis -que l'on voit au fond- débarquent sur l'île du Cap Horn (Chili)

Des passagers du bateau Stella Australis -que l’on voit au fond- débarquent sur l’île du Cap Horn (Chili)

Visitez le Cap Horn et posez le pied sur l’île grâce à la croisière expédition Australis en 3, 4 ou 7 jours que vous pouvez réaliser depuis Ushuaia (Terre de Feu côté Argentine) ou depuis la ville de Punta Arenas au Chili. Découvrez notre croisière au Cap Horn. Cependant, les eaux du Cap Horn sont très dangereuses, les vents y sont extrêmement violents, les courants très forts, ce qui fait que cet endroit de la planète est surnommé le cimetière des marins. Jusqu’au début du 20e siècle, le Cap Horn avait une importance stratégique commerciale fondamentale. Mais lorsque le Canal de Panama fut ouvert en 1914, la nécessité pour tout navire de passer par le Cap Horn se réduisit. Aujourd’hui, le Cap Horn est très prisé des voiliers sportifs et est encore le point de passage pour les grands bateaux.

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Le monument en métal représentant un goéland de l’île du Cap Horn, au Chili

La dénomination Cap Horn vient du terme hollandais « Kaap Horn », en hommage à la ville hollandaise de Hoorn. Ce nom a été dérivé en anglais et en Espagnol. Les marins anglais ont la coutume de le nommer « The Horn ». Le Cap Horn est situé dans les eaux territoriales chiliennes. L’armée du Chili possède d’ailleurs une base sur l’île de Hoorn composée de bâtiments de services publics, de la chapelle et du phare. Non loin de cette station, se trouve un mémorial orné d’une énorme sculpture, réalisée par l’artiste chilien José Balcelles, qui représente un albatros. Cette sculpture fut érigée en honneur aux marins disparus lors de leur traversée du Cap Horn. L’aire du Cap Horn n’est couverte que de très peu de végétation mais l’herbe y est fréquente à cause des fortes précipitations. Situé sur une île de 6km de long et de 2 km de large, le Cap Horn est une paroi rocheuse de plus de 400 m d’altitude. A l’extrême-sud de celui-ci se trouve le Cap Froward. A 56 km au nord-ouest se dresse le faux Cap Horn situé sur l’île Hardy  – el falso Cabo  de Hornos – qui a été dénommé de la sorte car les navigateurs avaient tendance à croire qu’il s’agissait du vrai Cap Horn.

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Stelle en mémoire des Cap-Horniers sur l’île du Cap Horn (Chili) offerte par l’Amicale internationale des capitaines au long cours de Saint Malo.

Le climat de la région du Cap Horn est relativement frais et cela, car la zone est située sur la latitude australe. Il n’y a pas vraiment de saisons au Cap Horn. Les vents forts, surtout en hiver, oscillent entre 30km/h et 100km/h. On compte 278 jours de pluie au Cap Horn et 2000 mm de précipitations annuelles. La nébulosité est généralement élevée et les averses sont fréquentes toute l’année. Dans la région du Cap Horn, il existe plusieurs routes de navigation autour de la pointe de l’Amérique Latine. Une des routes les plus importantes est certainement celle qui passe dans le détroit de Magellan, entre le continent et la Terre de Feu. Ce passage était utilisé bien avant que le Cap Horn soit découvert. Le canal Beagle est également une route exploitable pour les navires. Il existe d’autres passages tels que ceux qui se trouvent dans la zone des îles Hermite et des îles Wollaston. En général, tous ces chemins de navigation ont toujours été considéré comme dangereux car ils se caractérisent par la présence de vents williwaw, des rafales de vents brusques qui sont des courants d’air froid qui descendent du flanc des montagnes vers la côte. Ces vents sont craints des marins car ils sont imprévisibles puisque ils trouvent leur origine dans les conditions catabatiques propres aux vents gravitationnels produit par le poids d’une masse d’air froide dévalant un relief géographique.

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Calme de courte durée devant l’île du Cap Horn.

Les eaux du Passage Drake, au sud du Cap Horn, sont une alternative de route beaucoup plus ample, avec environ 800 km de large, ce qui permet aux navires de réaliser des manœuvres plus importantes. Les vents y sont tout de même forts mais il s’agit du chemin le plus usité par les voiliers et les navires bien que les conditions peuvent être violentes. Plusieurs facteurs font du Cap Horn une des routes maritimes les plus dangereuses au monde. Parmi celles-ci, les conditions de navigation féroces de l’océan Austral, la géographie et le relief du passage sud de la corne de l’Afrique et la latitude 56 de l’extrême-sud. Les vents présents dans des latitudes comprises entre les 40e et 50e parallèles de l’hémisphère sud soufflent souvent de manière ininterrompue d’ouest vers l’est et donnent naissance à ce que l’on nomme les vents forts « Quarantièmes rugissants » ou encore les « Cinquantièmes hurlants » ou les « Soixantièmes mugissants ». En septembre 1578, le corsaire anglais Francis Drake, lors de la réalisation de son tour du monde, Drake dut passer par le Détroit de Magellan. Cependant, ses bateaux se heurtèrent à une tempête qui obligea les marins à continuer leur route vers le sud de la Terre de Feu. Dans ses eaux, ils jetèrent l’ancre sur une île qui s’avérait être la Terre de Feu. Celle-ci n’était pas un continent à part entière comme Drake l’avait initialement cru mais bien une île. Au début de 17e siècle, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales possédait la mainmise sur tous les accords commerciaux qui se réalisaient via le Détroit de Magellan et via le Cap de Bonne-Espérance. Ces deux points étaient les seules voies connues pour atteindre l’Extrême-Orient. Afin de rompre avec ce monopole hollandais, Jacob Le Maire, un opulent commerçant originaire d’Amsterdam et Willem Shouten, un marin néerlandais, décidèrent d’explorer le passage découvert par Francis Drak. Les deux marins furent appuyés par les autorités de la ville de Hoorn, aux Pays-Bas. Ils commencèrent leur expédition en juin 1615 à bord de deux navires, le « Hoorn » et le « Eendracht ». Cependant, le premier bateau fut détruit lors de son passage à côté de la Patagonie. Les marins continuèrent leur route à bord du deuxième bateau. C’est lors d’un passage au travers du détroit Le Maire que l’équipage découvrit une île relativement haute vers le sud. Cet endroit fut nommé en « Kapp Hoorn » en hommage à la ville de Hoorn qui avait soutenu l’expédition dès ses débuts. Pendant des années, ce lieu va rester inexploré car personne ne souhaitait s’aventurer sur ces terres à cause des conditions climatiques difficiles. En 1624, on se rendit compte enfin que le Cap Horn était en fait une île. Du 18e au 20e siècle, le Cap Horn fut une des routes commerciales les plus empruntées. C’est par là que le commerce mondial s’est fortement développé. Les bateaux qui passaient par le Cap Horn étaient chargé de laine, de semences ou encore d’or qui transitaient d’Australie vers l’Europe et en provenance de l’Extrême-Orient. Le Cap Horn était également important car il s’agissait, avant l’ouverture du Canal de Panama, de la route qui permettait de relier les côtes Est et Ouest des Etats-Unis. Malgré le fait que de nombreux marins trouvèrent la mort dans les eaux du Cap Horn, le développement de ce dernier ne s’arrêta pas jusqu’au début du 20e siècle. Mais l’ouverture des canaux de Panama et de Suez et l’implémentation de chemins de fer transcontinentaux aux Etats-Unis changèrent la donne et l’importance du Cap Horn commença à décliner. De nos jours, malgré ce déclin, le Cap Horn reste le lieu de prédilection pour les navigateurs qui souhaitent réaliser le tour du monde mais également pour les évènements sportifs de voile. Le Cap Horn a été énormément évoqué dans la littérature, notamment par Charles Darwin en 1832 qui a décrit sa première découverte de l’endroit dans un récit d’exploration. D’autres auteurs se sont intéressés au Cap Horn. C’est le cas de l’écrivain chilien, Francisco Coloane (1910-2002) qui s’est inspiré du Cap Horn dans une compilation de contes, « Le Cap Horn et autres histoires de la fin du monde ». Plus récemment, en 1996, l’ecrivain chilien Luis Sepulveda et le photographe franco-argentin Daniel Mordzinski ont raconté leur voyage à travers la Patagonie, de San Carlos de Bariloche en Argentine au Cap Horn.