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Le manchot de Magellan, de son nom scientifique Spheniscus magellanicus, peuple la côte ouest et la côte est de l’Amérique du Sud. Pendant l’hiver austral, il se dirige jusqu’à hauteur du nord du Chili et jusqu’au sud du Brésil, sur le versant atlantique. Par contre, pendant l’été, il habite davantage le sud du continent et évolue principalement dans les eaux proches de la Terre de Feu.

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Trois manchots de Magellan posent devant le détroit de Magellan sur l’île Magdalena (Chili)

Ce manchot mesure jusqu’à 70 cm pour un poids allant de 2,7 kg à 4,8 kg. Sa physionomie est fortement similaire à celle du manchot de Humboldt, duquel il se distingue cependant par le fait qu’il est pourvu de deux franges noires sur la partie supérieure de la poitrine au lieu d’une seule.

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Rencontre curieuse sur l’île Magdalena avec un Manchot de Magellan (Chili)

Le manchot de Magellan construit son nid avec ses paires au sein de colonies. Une des colonies les plus connues est celle de la réserve de faune Punta Tombo, située sur la côte atlantique de la province argentine de Chubut. Il s’agit d’une des principales réserves de reproduction du manchot de Magellan qui peut inclure jusqu’à un million d’individus. Dans ces réserves, les nids sont confectionnés parfois à plus d’un kilomètre du littoral. On retrouve d’autres colonies importantes de manchots de Magellan en Argentine mais aussi dans le Chili continental, dans les îles Malouines et sur l’île chilienne de Juan Fernandez.

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Un mâle de manchot de Magellan garde son nid sur l’île Magdalena (Chili)

Le manchot de Magellan construit son nid dans des cavernes mais il peut également s’installer et se reproduire dans des forêts entre des branchages ou de vieux troncs. En d’autres occasions, le manchot de Magellan se niche sous les arbustes et certains récits mentionnent également qu’il lui arrive de le faire à découvert. Au début du mois d’octobre, les femelles se battent pour s’accaparer les nids possédant une meilleure protection. Elles déposent les œufs sur le sol où se mêlent herbes et feuillages. Dans un seul nid, elles pondent généralement deux œufs de tailles différentes que les deux parents vont couver pendant 42 jours. Les deux parents alimentent et surveillent les deux petits qui deviennent finalement indépendants aux environs des mois de janvier et de février. Les parents quittent ensuite la colonie en avril et ils n’y reviendront qu’en septembre pour commencer un nouvel élevage. Des colonies comme celles des îles du nord du Golfe de San Jorge, sur la côte atlantique de la Patagonie argentine, abritent plus de 200.000 couples de manchots de Magellan répartis sur 14 îles.

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Un Manchot de Magellan en pleine construction de son nid. Il emmène des feuilles, herbes et petites branches dans son bec pour tapisser le fond de la cavité dans la Terre (Punta Tombo, Argentine)

L’alimentation du manchot de Magellan et de ses petits est constituée de poissons et d’autres animaux aquatiques. Ils se nourrissent par exemple d’anchois et de calamars qu’ils pêchent jour et nuit. Dans certaines colonies argentines de manchots, les mâles, soit un tiers de la population, ont l’habitude de retourner vers les terres pendant la nuit. Afin de pêcher leurs proies, les manchots forment des cercles concentriques autour des poissons, cercles qui vont se réduire au fur et à mesure afin d’attraper les proies.

Le manchot de Magellan est également  nommé « Pingouin du Sud », « Pingouin de Magellan » ou encore « Pingouin Patagonique ». Les manchots de Magellan sont quant à eux la proie de prédateurs tels que les renards, les mofettes ou les tatous qui ont l’habitude de venir dévorer les œufs des nids. Les tornades tuent également les manchots ou ceux-ci meurent simplement à cause de la fatigue provoquée par l’effort  lors de la constitution des nids sous une chaleur torride.