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L’ethnie diaguita, doit son nom aux incas qui, en quechua, appelèrent ainsi les indigènes regroupés en groupements indépendants auto-dénommés « pazioca » installés sur les territoires actuels du nord-est de l’Argentine, de 900 à 1500 après Jésus-Christ, principalement dans les vallées calchaquies ainsi que dans le Petit nord chilien. Ces peuples diaguitas, nom repris et diffusé plus par les conquistadores, étaient réunis autour d’une même langue, le « cacan ». Reconnus comme d’excellents travailleurs du métal et de la poterie, les Diaguitas s’opposèrent à la domination de l’Empire inca, de 1471 à 1533, et à la couronne espagnole pendant les guerres dites « calchaquies », au 17e siècle.

Représentation graphique d'un cacique Diaguita

Représentation graphique d’un cacique Diaguita

Toutefois, avec l’incorporation des Diaguitas au sein de l’Empire inca, plusieurs d’entre eux devinrent en quelque sorte des agents de l’expansion inca jusque dans le centre du Chili. Par conséquent, à leur arrivée, les colons espagnols découvrirent que la présence des indiens diaguitas s’étendait bien au-delà de leur territoire de départ, incluant une partie des régions transandines.  

Les indiens diaguitas vivaient dans les collines et vallées dans la zone qui correspond au nord-est du territoire argentin actuel, principalement dans les provinces de Jujuy, Salta, Tucuman, Catamarca, la Rioja, le nord de San la province de San Juan, dans la partie nord-ouest de Cordoba et au sud-est de Santiago del Estero. Au Chili, les Diaguitas étaient répandus dans le Petit Nord et dans les vallées d’Atacama et de Coquimbo ainsi que dans l’est de la Cordillère des Andes. Dans ces endroits, les indiens diaguitas avaient comme habitude de construire, afin de se protéger des attaques d’autres groupements, des fortifications appelées en quechua, « pukaras ».

L’Argentine compte, entre autres, le pukara de Tilcara, une fortification construite sur le canyon de la Quebrada de Humahuaca, dans la province de Jujuy. Au Chili, les communautés diaguitas étaient installées dans les zones semi-arides allant du fleuve Copiapo dans le nord jusqu’au fleuve Choapa dans les sud, territoires composés de diverses vallées et chaînes montagneuses qui unissent la Cordillère des Andes avec l’Océan Pacifique. 

Vestiges du village des indiens Quilmes - un peuple faisant partie du territoire diaguita- près de Cafayate, dans le Nord-Ouest de l'Argentine.

Vestiges du village des indiens Quilmes – un peuple faisant partie du territoire diaguita- près de Cafayate, dans le Nord-Ouest de l’Argentine.

D’un point de vue culturel et artistique, la poterie diaguita ornée et gravée provient principalement des fouilles des sépultures où étaient enterrés les défunts en compagnie de trousseau de bagues, d’haches, de pinces, de ciseaux de bronze, de spatules, de cuillères en os finement taillés et de céramiques diverses. Le félin est énormément représenté sur les poteries mortuaires des indiens diaguitas, ce qui laisse supposer que ces derniers vouaient un culte à cet animal. 

Céramique zoomorphe de la culture diaguita

Céramique zoomorphe de la culture diaguita

Ces indigènes d’Amérique du Sud vivaient de l’agriculture. La construction d’ingénieux systèmes d’irrigation leur permettait de cultiver une large variété de produits tels que le maïs, le quinoa ou encore les courgettes. Les chercheurs ne sont pas certains que les Diaguitas aient pratiqué l’élevage, définitivement intégré à l’économie locale avec l’arrivée des Incas. L’océan leur offrait aussi une grande quantité de ressources telles que les poissons, les mollusques ou encore les mammifères comme les loups de mer et baleines. Les indiens diaguitas construisaient des radeaux pourvus de flotteurs faits de peau de loup de mer.  

Petroglyphe chamanique diaguita dans le Valle de los Encantos (vallée des enchantements), près de la ville de Ovalle, au Chili

Petroglyphe chamanique diaguita dans le Valle de los Encantos (vallée des enchantements), près de la ville de Ovalle, au Chili

Enfin, la stratification sociale des Diaguitas étaient organisées selon des petits villages indépendants, chacun dirigé par des chefs de communauté. Malgré une culture commune, chaque vallée et chaque localité vivaient en autonomie. Lors de l’invasion incaïque, la société diaguita fut réorganisée en systèmes égaux où chaque vallée était gouvernée par une autorité dans sa partie haute et par une autre, subordonnée, dans sa partie basse.