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Les Actualités Chili et Argentine par Korke

Rupture d’un pont naturel du Perito Moreno le 9 mars 2016

11, mars, 2016

El Calafate: le Perito Moreno se donne en spectacle

Évènement cyclique qui se produit en moyenne tous les 3 ou 4 ans, la rupture du pont du Glacier Perito est un spectacle impressionnant, toujours filmé en direct par les cameras permanentes dirigées sur le glacier.

Situé dans la province de Santa Cruz au Nord -Ouest de la Patagonie Argentine, le glacier est une grande langue glaciaire issue du champ de glace austral, et dont l’avancée permanente finit par diviser le Lago Argentine dans lequel il tombe en deux parties. Une des deux parties du lac étant alors beaucoup plus alimentée par le glacier que l’autre, les niveaux d’eau peuvent atteindre jusqu’à plus de 10 mètres de différence. Le jour où ce bloc diviseur finit par fondre et se casser, on assiste à un spectacle incroyable, les eaux se remettant à niveau dans un fracas impressionnant.

Video de la rupture du pont du glacier Perito Moreno

Comme on peut le voir sur cette vidéo de la région de Santa Cruz, le pont qui surplombait le lago Argentino (creusé petit à petit par la font et l’érosion du lac), a fini para céder le 6 Mars 2016.

11 mars 2016|Argentine, géographie, voyage Patagonie|

TOP 5 Argentine : les cinq meilleurs endroits à visiter

28, août, 2014

Après plus de 15 ans à voyager de façon ininterrompue en Argentine, et ayant donc acquis une bonne expérience des plus beaux sites touristiques à visiter du pays, nous avons pensé qu’il serait intéressant de faire un petit sondage en interne de quels seraient pour nous les sites incontournables, les plus beaux spots,  le must des endroits touristiques qu’il ne faut pas rater en Argentine. Évidemment, il s’agit bien entendu d’une vision tout à fait personnelle et donc subjective, chacun n’ayant pas forcément le même but pour son voyage ni les mêmes expectatives.

Un très grand nombre de sites outsiders ne figurent pas dans ce Top 5 Argentine et n’en valent pourtant pas moins le détour. N’en font pas partie la ville du bout du Monde Ushuaia ou le Canal de Beagle, la réserve de Ibéra, San Juan et le site incroyable de Ishigualasto, Mendoza et ses vignobles, Les très belles villes de Cordoba ou Tucumán et un très grand nombre d’autres sites encore.

1 – Le glacier Perito Moreno:

Premier de notre classement et tout à fait incontournable pour votre voyage en Patagonie, ce glacier millénaire situé près de El Calafate et au centre du Parc national des glaciers, est un des spectacles les plus époustouflants et impressionnants lors d’un voyage en Argentine ou que vous combinerez avec la Patagonie du Chili. Par son immensité (il s’étend sur plus de 5000 mètres de front), ses couleurs turquoises et d’un bleu presque noir, il est incroyablement photogénique s’étendant sur plusieurs dizaines de kilomètres vers l’horizon pour devenir le Campo de Hielo Austral (champ de glace austral), le troisième plus grand glacier continental au Monde.

perito morenoMais le glacier Perito Moreno c’est aussi un spectacle son et lumière permanent puisque continuellement se détachent du glacier des blocs immenses de glace de la dimension d’un édifice de douze étages qui viennent plonger dans le lac Argentino dans un fracas étourdissant produisant des vagues immenses de plus de dix mètres d’hauteur. Mais il faut du temps pour le découvrir et l’apprécier dans toute sa splendeur. Nous vous conseillons donc de vous installer pendant au moins une heure ou deux heures  à l’observer, à le scruter, jusqu’à découvrir les petites crevasses qui s’écartent ici et là, une petite coulée s’échappant parfois avant qu’une immense paroi ne se détache enfin. Vous aurez même un peu l’impression d’y être pour quelque chose…

2 – Les chutes d’Iguazu (région de Misiones)

Considéré par beaucoup comme les chutes les plus spectaculaire au Monde, les chutes d’Iguazu, que se partagent le Brésil et l’Argentine fait certainement partie un des spectacles les plus inoubliables au Monde. Des centaines de millions de litres d’eau en provenance de la forêt subtropicale se concentrent et se précipitent dans le vide depuis une dans un fracas étourdissant, un tumulte assourdissant provoquant la montée d’un véritable nuage d’eau et de vapeur vers le ciel.

iguazubannerVous admirez ce spectacle éblouissant à quelques mètres de distances, depuis la plateforme qui surplombe la Garganta del Diablo (gorge du diable) côté Argentine, des multiples passerelles érigées dans la forêt, ou littéralement au milieu et au pied des chutes du côté Brésilien. Vu la chaleur tropicale qu’il fait en été dans la région, elles auront en plus le mérite de vous rafraîchir! Nous vous déconseillons cependant d’y faire un plongeon, mais, équipés en conséquence, vous pourrez prendre une embarcation qui passe sous les chutes. Pour ceux qui ne veulent pas se mouiller, ils pourront passer au dessus des chutes en hélicoptère dans un vol de quinze minutes qui vous permettent de mieux admirer les chutes dans leur ensemble.

3 – Humahuaca / Purmamarca (Nord-Ouest prés de Salta)

Situé au Nord-Ouest de l’Argentine, à la limite de la Bolivie et du Chili, la vallée de Humahuaca et le petit village de Humahuaca font partie d’une des seules régions de l’Argentine habitée par une forte population d’origine indienne. Le reste du pays est composé en grande majorité de populations issues de l’immigration italienne, espagnole et d’autres pays européens.

cafayatebannerOn retrouve donc dans cette région l’essence de la culture andine, avec les maisons en adobe recouvertes de chaux blanche, d’une population au teint mat, une cuisine ancestrale altiplanique, et de nombreux étales colorés de produits boliviens et péruviens, de ruines de villages fortifiés incas ou ayant éte habités par d’anciennes cultures locales disparues comme les indiens humahuaca ou Quilmès. Mais ce qui marque encore plus les esprits des visiteurs dans la région c’est les couleurs des montagnes. Le massif des sept couleurs qui entoure le village de Purmamarca ou les collines qui bordent de part et d’autre la vallée de humahuaca sont un incroyable spectacle que nous offre la nature. Du vert au jaune ocre au rouge au magenta suivant les composantes d’oxyde de fer ou de cuivre, souffre ou carbone, les couleurs sous le soleil toujours très présent dans la région sont vives et intenses. Vous serez  forcément éblouis par la beauté de ce spectacle unique!

4- La Péninsule de Valdès (à Puerto Madryn)

Véritable sanctuaire de la nature situé au bord d’une pampa désertique, la peninsula Valdès abrite une faune marine extrêmement riche et variée. Visibles jusqu’à perte de vue, des centaines de milliers de manchots de magellan viennent se reproduire tous les ans à Punta Tombo, ou des sentiers balisés permettent aux visiteurs d’admirer de près leur habitat terrestre temporaire et leurs allées et venues vers la mer.

PuntatomboAlors que de nombreuses colonies d’éléphants de mer se prélassent dans un bruit assourdissant de cris, occasionnellement un groupe d’orques surfe sur les vagues pour attraper une otarie distraite ou un jeune inexpérimenté. Mais ce qui réunit tous les ans des dizaines de milliers de visiteurs, ce sont plus de 800 baleines franches qui viennent tous les ans dans la baie pour se reproduire. Elles y restent pendant plus de trois mois jusqu’à ce que les baleineaux ont assez de force pour repartir vers les eaux froides riches en krill. A bord d’un catamaran, vous pourrez admirer le spectacle époustouflants des baleines qui viennent agiter leur queue de plus de 8 mètres de large au dessus de votre embarcation, en ce qui semble consister, disent les spécialistes, en une manoeuvre d’intimidation et de dissuasion pour protéger leurs baleineaux. Un spectacle inoubliable et à couper le souffle!

5 – San Carlos de Bariloche

Petite ville fondée par des colons suisses,  situé côté argentin à l’est de la cordillère, San Carlos de Bariloche est le point de départ pour découvrir une des régions les plus belles de la cordillère des Andes. Le paysage du secteur est un mélange de massifs élevés couverts d’arbres millénaires -les arayanes à l’écorce orangée- entrecoupés par de nombreux lacs naturels dont le grand et magnifique Nahuel Huapi .

barilocheOn ne se lassera jamais de parcourir la route entre San Carlos de Bariloche et San Martín de Los Andes, qui à chaque étape ou virage offre une occasion de photo encore plus belle, encore plus spectaculaire. Il ne faudra pas manquer de goûter au mouton de patagonie cuit pendant de longues heures sur des bouts de bois au dessus des braises, ou les chocolats (suisses évidemment) qui sont produits dans la région.

 

28 août 2014|Argentine, géographie, sites à voir|

La plus grande centrale solaire photovoltaïque d’Amérique latine se trouve maintenant au Chili

30, juin, 2014

Le 6 juin dernier, la récemment re-élue présidente du Chili, Michelle Bachelet, a inauguré dans le nord du pays, la centrale solaire photo-voltaïque « Amanecer Solar SAP », qui est actuellement le parc solaire photo-voltaïque le plus grand d’Amérique latine mais également l’un des plus importants au niveau mondial. Le projet a été développé par l’entreprise SunEdison, leader mondial du secteur de l’énergie solaire photo-voltaïque, en collaboration avec le Groupe CAP, producteur principal de minerais de fer de la côte américaine du Pacifique et producteur sidérurgique le plus important du Chili.  

Située à 37 kilomètres de la ville de Copiapo, en plein désert d’Atacama, cette centrale compte plus de 310.000 modules photo-voltaïques répartis sur une superficie de 280 hectares. La construction d’ « Amanecer Solar » n’a duré que six mois. Toute son énergie est injectée dans le système d’interconnexion électrique du Chili et contribue de cette manière à une réduction des coûts énergétiques de ce même système. En outre, la centrale possède une capacité totale de 100MW, énergie qui équivaut à la consommation annuelle de 125.000 foyers chiliens et représente que 10% des objectifs de capacité fixé par le gouvernement chilien pour l’année 2014. Pour ce projet crucial pour le développement futur des énergies renouvelables au Chili et en Amérique latine, un investissement de 250 millions de dollars aura été nécessaire. 

Durant sa première année de fonctionnement, cette centrale solaire photovoltaïque sera capable d’injecter 270GW/h d’énergie propre au système. A titre d’exemple, pour générer cette même quantité d’énergie dans une centrale de génération diesel, 71 millions de litres de combustible serait nécessaire. 

Ahmad Chatila, président et CEO de SunEdison,  a expliqué que ce projet changerait le cours du développement des énergies renouvelables non-conventionnelles non seulement au Chili et également en Amérique latine. Les hauts dirigeants de SunEdison estiment également que cette centrale solaire photovoltaïque est la source idéale pour la diversification de la matrice énergétique du Chili mais aussi pour réduire les coûts et contribuer à la demande du système grâce à une énergie propre et renouvelable.

Les chutes d’Iguazu débordent!

24, juin, 2014

Au début du mois, les fortes pluies hivernales ont provoqué le débordement des chutes d’Iguazu en Argentine et le volume d’eau déversé par celles-ci a atteint des proportions considérables. On est ainsi passé d’un volume d’eau de plus de 12.000 m3/sec à un volume de 46.300 m3/sec, soit 33 fois plus que le débit normal. Sur les images surprenantes de la séquence vidéo ci-dessous, les cascades, d’une hauteur allant jusqu’à 90 mètres pour la plus grandes d’entre-elles, qui constituent ce superbe endroit sont véritablement noyées.

Le record précédent de crue avait été enregistré en 1992 lorsque les chutes avaient déversé un volume d’eau de 36.000 mètres cubes par seconde, soit environ 10.000 m3 en moins que ce nouveau record.

Formées il y a deux cents mille ans, les chutes d’Iguazu (Argentine) ou Iguaçu (Brésil) se situent à la « borne des trois frontières » entre l’Argentine, le Brésil et le Paraguay et où le fleuve Iguazu rejoint le fleuve Paraná. Ce cours d’eau a également vu son niveau augmenter à cause des fortes pluies dans la région. Dernièrement, selon plusieurs témoignages, le niveau de ses eaux aurait augmenté de 16 mètres dans certaines régions.

24 juin 2014|Argentine, géographie, sites à voir|

Une ville en feu: Incendie à Valparaíso

06, juin, 2014

Dans l’après-midi du 12 avril 2014, à 16h40 précises, s’est déclenché un incendie dans le secteur de La Polvora, sur la commune du Grand Valparaiso. Plusieurs observateurs et experts considèrent cet évènement comme le plus grand incendie de l’histoire du Chili car, loin de se cantonner au secteur de La Polvora, les flammes se sont propagées rapidement de cette zone vers la colline El Vergel et ensuite vers d’autres. A partir de cet endroit, le vent poussa le feu qui se dirigea vers le nord, et toucha de nombreux quartiers des douze des quarante-trois collines de Valparaiso dont les collines Mariposas, Monjas, La Cruz, El Litre, Merced, La Virgen, Santa Elena, Ramaditas et Rocuant. 

Plan de valparaíso montrant l'avancée des feux au deuxième jour de l'incendie (source: La Segunda, Chili)

Plan de valparaíso montrant l’avancée des feux au deuxième jour de l’incendie (source: La Segunda, Chili)

Ce terrible sinistre a détruit plus de 2.900 habitations, laissant plus de 12.500 personnes sinistrées et fit 15 victimes fatales, plus de 500 blessés et de 500 animaux domestiques morts. Pendant plusieurs jours, Valparaiso mais aussi la ville voisine de Viña del Mar ont vécu une alerte rouge et ont été déclarés « zone d’exception ». 

Vue de Valparaíso pendant les feux depuis la ligne de côte.

Vue de Valparaíso pendant les feux depuis la ligne de côte.

Plus précisément, le feu s’est déclenché dans le secteur de El Peral. Dès le début de la catastrophe, l’Intendance Régionale de Valparaiso, l’Office national des urgences, l’ONEMI, et la Corporation Nacional Forestal (CONAF), organisme dépendant du ministère de l’Agriculture chargé de l’administration de la politique des milieux forestiers, ont décrété l’alerte rouge pour la totalité de la commune de Valparaiso. Par après, étant donné l’ampleur de l’incendie et la rapide propagation de celui-ci, les autorités décidèrent de déclarer la commune « zone de catastrophe » et puis, plus tard, « zone d’exception constitutionnelle », impliquant l’intervention et la présence des forces armées chiliennes afin de protéger la citoyenneté, de faire respecter l’ordre public et d’empêcher, par exemple, les pillages. Des milliers de personnes furent évacuées de leur zone d’habitations et placées dans des auberges et collèges reconvertis en centres d’hébergements au sein de la ville de Valparaiso. 

Pendant plusieurs jours, le feu a avancé sans s'arrêter, emportant colline après colline de cette très belle ville, patrimoine de l'humanité de l'UNESCO depuis 1997.

Pendant plusieurs jours, le feu a avancé sans s’arrêter, emportant colline après colline de cette très belle ville, patrimoine de l’humanité de l’UNESCO depuis 1997.

Dès les premiers instants de la tragédie, selon les dires du maire de la ville, Jorge Castro, les premiers cadastres ont déterminé que près de 50 maisons avaient été détruites. Au vu du nombre important de blessés, de défunts et des milliers de sinistrés, la municipalité décida d’organiser un réseau d’auberges afin de loger les familles affectées. Toutefois, le feu continua à se répandre sur les différentes collines avoisinantes et ce, à cause des vents forts issus de l’Océan Pacifique, provoquant d’autant plus de dégâts. Le lendemain du premier jour de l’incendie, le maire de la ville déclara qu’il s’agissait là « du pire incendie de l’histoire de Valparaiso ». Pendant les premières heures de de la catastrophe, plusieurs coupures d’électricité ont eu lieu dans des secteurs importants de la ville, ce qui rendait encore plus difficiles le labeur des pompiers. Il faut savoir que la ville de Valparaiso, depuis la moitié du 19e siècle, abrite en son sein de nombreuses compagnies de pompiers, actuellement au nombre de 16. En effet, la ville a souvent souffert des incendies. Plusieurs compagnies de pompiers représentent actuellement les différentes communautés d’immigrants de la ville comme, par exemple, la Bomba Germana. Malgré cette forte présence des services de pompiers, la ville dut demander l’aide de compagnies d’autres régions, notamment celles de la capitale, Santiago.    

Souvent construites en bois et tôle dans des endroits inaccessibles, le feu n'a pas eu de mal à se propager sur les hauteurs de la ville.

Souvent construites en bois et tôle dans des endroits inaccessibles, le feu n’a pas eu de mal à se propager sur les hauteurs de la ville.

Les dégâts n’ont pas été seulement humains et immobiliers. En effet, l’ONEMI a recensé plus de 1090 hectares de zones de végétation et zones habitées brulées. Afin de venir à bout de ce terrible incendie, douze hélicoptères ont été nécessaires pour combattre les différents foyers de feu.

Souvent dans des conditions extrêmement difficiles, les collines étant très difficiles d'accès, le déblayage des décombres et la construction prendront plusieurs années.

Souvent dans des conditions extrêmement difficiles, les collines étant très difficiles d’accès, le déblayage des décombres et la construction prendront plusieurs années.

Au total, de nombreux effectifs des services de la CONAF, des forces de police, 3.500 pompiers de Valparaiso, de Viña del Mar et des villes intérieures de la cinquième région prirent part aux opérations: Quilpue, Villa Alemana, Zapallar, Quintero, Casablanca, Quillota, La Calera, La Cruz, Puchuncaví, Hijuelas, Putaendo, San Felipe, Llay Llay, Los Andes, Catemú, Papudo, Limache, Olmué, Santa María, El Quisco, Algarrobo, Cabildo, La Ligua, Nogales; des villes de la région métropolitaine de la capitale : Buin, Colina, Conchalí, Curacavi, Isla de Maipo, Maipú, María Pinto, Metropolitano Sur, Nuñoa, Peñaflor, Puente Alto, Quilicura, Quinta Normal, San Bernardo, San José de Maipo et Santiago appartenant à la región Metropolitana; Los Vilos y Rancagua appartenant à la región de Coquimbo y O’Higgins.

Dès la fin de l'incendie, la population s'est largement mobilisée, une multitude de volontaires ayant afflué très vite de tous les coins du pays.

Dès la fin de l’incendie, la population s’est largement mobilisée, une multitude de volontaires ayant afflué très vite de tous les coins du pays.

Du début du désastre, le 12 avril, jusqu’au 14 avril, 21 aéronefs ont combattu les flammes qui ne cessaient de se raviver.  Au total, cette catastrophe a fait quinze victimes fatales et les dégâts se sont élevés à plus de 500 millions de pesos, quelques 600.000 euros, pour la ville de Valparaiso. 

En ce qui concerne l’enquête sur les responsabilités de l’incendie, la police chilienne a déterminé que le sinistre a pu trouver son origine dans la zone de la Polvora. Plusieurs fonctionnaires de l’ONEMI ont établi l’intervention et la participation de tierces personnes. Toutefois, selon une autre version, deux oiseaux se seraient électrocutés dans des câbles électriques, ce qui aurait généré un court-circuit à l’ origine du début de l’incendie, moment où l’on a recensé en outre des rafales de vent de plus de 70km/h. L’incendie a finalement été maitrisé le 16 avril. 

D’un point de vue général, le méga-incendie de Valparaiso a mis en exergue plusieurs problèmes d’urbanisation et de planification de la ville. En effet, la « Perle du Pacifique », comme l’on surnomme Valparaiso, est composée de 42 collines ou « cerros » dont seules les deux premières terrasses géologiques sur trois, répondent aux normes d’un plan régulateur d’urbanisation. En d’autres mots, cette tragédie a révélé la « fragilité » du port, une ville côtière, anciennement très prospère mais depuis presque toujours divisée socialement. A Valparaiso, les populations pauvres habitent souvent les cimes des collines où les normes d’urbanisation ne sont pas régulées. Sur ces plateaux, les constructions sont spontanées et ont été édifiées par les communautés de voisins sans plan régulateur. Ainsi, lorsque l’on observe Valparaiso de nuit, on est surpris par sa beauté, par l’harmonie de ses collines et de ses miradors mais il faut savoir que derrière ce côté pittoresque pour le regard occidental, se cache, sur ses cimes et derrière celles-ci, une grande pauvreté, une architecture on ne peut plus rudimentaire et une importante ségrégation urbaine. Selon plusieurs experts, les groupements d’habitations informels, les occupations de terrain illégales liées aux migrations des régions vers Valparaiso, les pressions des agences immobilières qui spéculent sur les zones sûres sont autant de facteurs qui vont à l’encontre de la sécurité de la ville. 

Le drapeau chilien, symbole d'unité et de solidarité au milieux des décombres.

Le drapeau chilien, symbole d’unité et de solidarité au milieux des décombres.

Malgré le fait que ce terrible incendie soit aujourd’hui passé, plusieurs organisations pointent, par exemple, la pénurie d’eau potable et de points d’eau sur les hauteurs et le manque de pression des canalisations – situation ayant créé de nombreuses difficultés aux pompiers durant leur lutte pour éteindre le feu. Par ailleurs, des critiques ont été également formulées envers les autorités en raison de leur tolérance aux constructions non-régulées autour de zones considérées à risques, comme les ravins proches des collines, zones laissées à l’abandon où la population se débarrasse de ses ordures car les services de collecte n’arrivent pas dans leur secteur et où les poubelles constituent ainsi des vecteurs d’augmentation du feu. 

On le voit, de nombreux facteurs ont fait de cette tragédie de « l’incendie parfait » comme l’ont surnommé les habitants : un jour d’automne de fortes chaleurs et la direction du vent fort, entre autres. Il y a de cela un an, un spécialiste avait d’ailleurs averti les autorités en expliquant qu’il existait dans Valparaiso, 23 foyers vulnérables aux incendies. Autour de ces 23 foyers, abondent la végétation combustible, les maisons inflammables, les dépotoirs et voiries. La population mais aussi les experts se sont indignés dès les premiers jours de la catastrophe et ont signalé que cette situation était connue depuis longtemps. Les dénonciations d’irrégularités de planification urbaine, de précarité du logement et les alertes lancées par les différents organismes n’ont en effet pas été prises en compte. Par ailleurs, en 2013, la Conaf (citée plus haut) avait déjà indiqué que plusieurs collines de Valparaiso se trouvaient au bord de zones d’éventuels feux de forêts. L’organisation en outre envoyé un rapport au maire Jorge Castro, à l’ancien gouverneur ainsi qu’à l’ancien intendant et aux services de sécurité civile. Personne ne semble avoir tenu compte de ce rapport alors que celui-ci proposait entre autres le nettoyage des dépotoirs et la création de plusieurs pare-feu.  De nombreuses études universitaires d’organismes internationaux avaient également alerté du danger d’incendie dès 2008 mais les membres du gouvernement de Sebastian Piñera et par après du commando de Michelle Bachelet ne les ont tout simplement pas écoutés à cause d’un soi-disant manque de financement. Par ailleurs, des incendies de moindre importance avaient déjà eu lieu cette même année et en 2004. Toutes les instances ayant averti les autorités de la probabilité d’incendies d’envergure ont pointé l’urgence de la création de pare-feu dans les ravins des collines de Valparaiso afin d’éviter la propagation des flammes à la totalité de la ville. 

Face à ces diverses constatations, le nouveau gouvernement de Michelle Bachelet a annoncé que les travaux de reconstruction n’auraient pas lieu dans les zones où les permis de bâtir n’existent pas. Toutefois, il reste beaucoup de travail à faire dans ce sens pour améliorer la qualité de vie des habitants de toutes catégories sociales de la ville de Valparaiso, populations notamment affectées par les inondations lors des fortes averses d’hiver. 

Au delà de la catastrophe humaine, le paysage de cette ville aux caractéristiques si particulières restera modifié à tout jamais, de nombreux bâtiments et demeures d'une grande beauté historique étant parties en fumée.

Au delà de la catastrophe humaine, le paysage de cette ville aux caractéristiques si particulières restera modifié à tout jamais, de nombreux bâtiments et demeures d’une grande beauté historique étant parties en fumée.

Le rôle des médias lors de cette tragédie a également été condamné. Plusieurs chaines de télévision ont en effet traité ce triste évènement de façon sensationnaliste.  Des journalistes sur le terrain ont souvent décrit l’incendie de manière hasardeuse. Les téléspectateurs ont ainsi eu droit à des expressions telles que « grand barbecue », « tsunami de feu » ou encore « langue de feu ». Les personnes affectées dont des enfants ont également été interrogées de manière intensive et déplacée alors qu’elles étaient sous le choc. De nombreux observateurs ont dénoncé le manque de déontologie et d’empathie de certains médias lors d’interviews répétitives de victimes traitées avec un ton exagérément mélodramatique. Ce traitement de l’information est récurent au Chili car une certaine presse recherche perpétuellement un haut niveau d’audimat. Des questions indécentes  telles que « comment vous sentez-vous ?» ont été posées aux sinistrés. Plusieurs visages connus de la presse chilienne ont pris des risques insensés lors de cet incendie et beaucoup ont parlé d’un type de « journalisme martyr » qui s’intéresse uniquement à l’émotion et aux pulsions.  

Ce n’est pas la première fois que l’on observe ce comportement lors de catastrophes de la part de la presse chilienne. Déjà, en février 2010, lors du terrible tremblement de terre de 8,5 de magnitude mais aussi lorsque 33 mineurs furent bloqués pendant 69 jours sous terre à plus de 600 mètres de profondeur et lors de l’incendie de la prison de San Miguel tuant 81 détenus, la presse fut accusée de ne penser qu’au rating basé sur le traitement de la douleur humaine.  

feu valparaiso 5Le méga-incendie de Valparaiso a une fois de plus révélé une facette des problèmes sociaux du Chili. Enfin, beaucoup d’étudiants ont créé bénévolement et spontanément des brigades d’entraide pour la reconstruction des différents quartiers des collines. Ces initiatives sont en quelque sorte la continuation du mouvement étudiant débuté en 2006 qui cherche à obtenir une éducation gratuite au Chili ainsi que plus d’égalité sociale. 

6 juin 2014|Chili, géographie, histoire, sites à voir|

La culture de masse et la « farandula » au Chili, l’autre extrême du pays

19, mai, 2014

Aux côtés de la culture et de la presse plurielle et diversifiée, coexistent au Chili une culture de masse, une industrie du spectacle appelée « farandula » et un journalisme du cœur comme certains aiment le nommer. La « farandula » englobe l’ensemble des programmes et publications au sujet des personnalités du Chili et de leur quotidien fait de déboires, réussites ou tout simplement de ragots. La presse du cœur (« Prensa del corazon ») ou « presse rose » fait référence aux supports de presse qui vivent des évènements touchant de près ou de loin aux célébrités de télévision, de cinéma, de séries ou de programmes de téléréalité.  

Glamorama, magazine en ligne de la spère "farandulesque" chilienne

Glamorama, magazine en ligne de la spère « farandulesque » chilienne

Cette presse people avide de scandales et de sensationnalisme a fait son apparition au Chili aux environs des années 2000, principalement à partir de 2002, époque à laquelle elle a connu un essor considérable avec des programmes tels que SQP, Primera Plano ou encore Secretos a voces. Cependant, il faut souligner que ce type de presse avait déjà fait ses premiers pas dans des publications des années 70 telles que les revues Cosas (1976) ou Caras (1980) qui se sont intéressées à certains aspects du vécu de personnalités, thématiques qui se mélangeaient a l’actualité et à la vie sociale. Plus tard, dans les années 90, plusieurs évènements abondamment diffusés par la presse locale chilienne vont encore faire croître ce type de presse, parmi ceux-ci, le mariage du sportif automobile Eliseo Salazar avec l’ancienne Miss Chili Raquel Argandoña en 1984 ou encore l’union entre la Miss Univers chilienne Cecilia Bolocco et de l’acteur nord-américain Michael Young. En 1995, apparaitra le premier programme matinal de « farandula » sur la chaîne de télévision nationale TVN, réalisé par le journaliste Carlos Tejos qui revenait d’Argentine. Tejos était déjà connu du monde de la presse « farandula » car il était à la tête de la revue Cosas. Il inspirera d’ailleurs le personnage Yerko Puchento de l’acteur Daniel Alcaino, un critique et communicateur social spécialiste de farandula. La figure de Yerko reprendra ainsi de Tejos son vocabulaire et de nombreuses expressions tels que nous « Nous sommes le seul média ».  On considère au Chili que l’apogée de la « farandula » se situe en 1999 lorsque le journal La Tercera consacra sa Une à une dispute dans une discothèque de deux personnalités connues du petit écran. Le fait que cette histoire épuise les tirages du journal confirme cette apogée. Dans les mois qui suivirent, plusieurs petits journaux changèrent leur format afin de cadrer davantage avec ce type de nouvelles. 

Autre magazine en ligne sur la farandula chilienne: Te Caché- ce qui veut dire en français, je t'ai compris.

Autre magazine en ligne sur la farandula chilienne: Te Caché- ce qui veut dire en français, je t’ai compris.

Actuellement, plusieurs organes de presse écrite se consacrent au traitement et à la diffusion de ce type d’actualités. Il faut souligner également que ces dernières années, Internet a joué un rôle majeur dans ce domaine. Des sites comme Terra.cl incluent dans leurs nouvelles les évènements qui touchent de près ou de loin les stars de la télévision chilienne en recherchant toujours le côté « sexy » de l’évènement.  Sur les Unes de ces journaux et en première page des portails internet, il est habituel de voir des « peoples » qui adoptent des poses suggestives. Le traitement érotique de la vie des stars est très présent dans la société chilienne. Dans une société profondément croyante, cet état de fait a d’ailleurs motivé une prise de position de l’Eglise lors d’un te Deum évangélique en 2007, qui déclara : « La presse de la farandula montre le pire visage de l’être humain ». 

Les conséquences de cette position dominante de la presse people au sein de la société chilienne sont préjudiciables pour la jeunesse. En effet, nombre de programmes de télé-réalité et d’émissions de variétés offrent des contenus centrés sur la plastique et le physique des stars érotisé. Ces programmes sont diffusés en fin d’après-midi sur presque toutes les chaînes de télévision chilienne.  La place de la télévision est importante au Chili, les Chiliens la regardent en moyenne la télévision trois heures par jour. Cependant, l’opinion publique critique depuis un certain temps ces programmes considérés comme  un reflet superficiel d’une jeunesse régulièrement érotisée. Ainsi, beaucoup d’organisations citoyennes exigent de la part des institutions correspondantes une meilleure régulation de ces émissions. 

Outre l’érotisation constante de la société, la farandula est coutumière de scandales concernant la reproduction des pires clichés de la société chilienne. Ainsi, il n’est pas rare de voir des personnalités condamnées pour des propos discriminatoire. Par exemple, en 2013, la marionnette Murdock déclencha une vague de critiques pour une anecdote antisémite qui choqua non seulement la communauté juive mais également l’opinion publique affirmant que les « Juifs étaient de meilleurs combustibles que le bois ». Par ailleurs, des humoristes chiliens reproduisent souvent les amalgames concernant la communauté homosexuelle ou font également preuve de racisme lorsqu’ils évoquent les Boliviens ou les Péruviens avec lesquels le Chili se querelle pour des questions frontalières et maritimes ou encore le peuple mapuche en dispute avec l’Etat chilien pour la spoliation des terres ancestrales. 

Les experts jugent de piètre façon les contenus de la télévision au Chili. Par ailleurs, la volonté des producteurs de télévision et leur peu d’intérêt pour modifier ces contenus. Même la chaîne télévisée nationale publique est dans leur collimateur car elle offrirait une quantité indigne de la qualité d’une chaîne publique. Pour ces spécialistes, même les chaînes nationales gratuites (différant des chaînes du câble payantes) sont un exemple de vulgarités et de clichés, pour d’autres, elles ne sont que l’exemple de la décadence culturelle d’un peuple qui s’éloigne de la beauté consécutivement à une pénurie et à une soumission intellectuelle qui se doit à la ségrégation sociale de la société et à la crise dans l’éducation publique. Le manque d’idées novatrices des programmes du petit écran sont également pointées du doigt. Au sein de ce débat d’éthique et d’esthétique, on peut se demander comment se fait-il que malgré, la télévision chilienne fasse des scores d’audience plus que raisonnables. Les observateurs estiment que la télévision au Chili est une industrie en crise et soulignent que celle-ci a perdu ces dernières années 25% de son audience. Ainsi, le succès relatif de la télévision chilienne peut être considéré comme le maintien d’une gestion à la défensive qui s’intéresse à un secteur de la population peu éduqué qui a besoin de pallier un type de solitude en allumant cet appareil pour sentir un bruit de fond. Pour les observateurs, il existe un public au Chili qui s’amuse de la farandula et de sa vie privée, de ses aventures sentimentales. Ces personnes sont des personnes âgées, pauvres, en quelque sorte des analphabètes digitaux  qui n’ont pas la possibilité et les moyens d’avoir accès à un autre type  de contenus comme les générations plus jeunes. Le fait que ce public soit peu apte à comprendre et à analyser ce qui lui est offert comme contenus motivent les chaines de télévision, conscientes du potentiel d’audience, à leur donner un certain type de divertissement dans un langage narratif beaucoup plus basique.  Le problème est que ce secteur de la population s’éloigne de la réalité d’un pays car il n’est pas capable d’accéder à de meilleurs contenus audiovisuels sur le câble ou sur Internet.  

http://www.elmostrador.cl/cultura/2013/10/22/clasismo-racismo-y-basura-el-duro-diagnostico-de-los-expertos-sobre-la-television-abierta-en-chile/

19 mai 2014|Chili, Culture, faune|