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Le Chili est un des pays les plus sismiques au monde. Tout au long de son histoire, les tremblements de terre ont été une menace constante pour la population. Situé sur la ceinture de feu du Pacifique, un alignement de volcans qui borde l’océan du Pacifique sur environ 40.000 kilomètres, le pays est perpétuellement secoué par des séismes bien souvent de forte magnitude. 

La majorité des Chiliens sont encore marqués par le séisme récent du 27 février 2010 et beaucoup de leurs parents et grands-parents se rappellent encore des catastrophes de 1939, 1960 ou de 1985. Le séisme de Chillan, ville située dans le sud du pays, toucha le Chili le 24 janvier 1939 avec une magnitude de 8,3 sur l’échelle de Richter et plus de 5.600 personnes disparurent lors de cette tragédie. Le 22 mai 1960 eut lieu à Valdivia un séisme majeur, le plus puissant de toute l’histoire de l’humanité, d’une magnitude de 9,5 sur l’échelle de Richter. Entre 1.655 et 2.000 personnes y laissèrent la vie. Enfin, en 1985, le 3 mars plus précisément, c’est la région de Valparaiso, sur le littoral central, qui fut touchée avec un séisme d’une magnitude entre 7,8 et 8 sur l’échelle de Richter avec cette fois-ci moins de morts. 

Sous le territoire chilien convergent la plaque océanique de Nazca et la plaque continentale. Le jeu de ces plaques tectoniques est à l’origine des fréquents séismes du Chili. Les mouvements telluriques de celles-ci débouchent souvent sur des catastrophes gigantesques. Parallèlement à la menace des tremblements de terre, le Chili, pays longé sur environ 4.000 kilomètres, est également confronté à de nombreux tsunamis. 

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Pont écroulé sur la route 5 (Ruta 5) – la fameuse panaméricaine- au Sud de Santiago.

Au fil des années, les Chiliens se sont en quelque sorte habitués aux séismes et les histoires relatives au vécu de la population lors de ces phénomènes sont nombreuses. Même bien avant l’époque contemporaine, les tremblements de terre étaient déjà répertoriés dans la culture des peuples préhispaniques qui les interprétaient d’un point de vue religieux et symbolique. Par exemple, pour les indiens mapuches, les tremblements de terre étaient perçus comme les manifestations d’un déséquilibre cosmique qui devrait être rétabli au travers d’un système d’offrandes et de rites en faveur des dieux et des esprits ancestraux.  Pendant les premières années de la Conquête espagnole, les conquistadores espagnols ont également fait les frais des séismes de cette région du monde. En mai 1647, un tremblement de terre d’à peu près 15 minutes secoua la région de Santiago et détruisit complètement la capitale. Il s’agit du plus grand séisme répertorié dans les chroniques de la période coloniale. Cette catastrophe qui, selon les chroniqueurs, réduit à néant la cathédrale de Santiago, fut aussi interprétée religieusement par les colons. Consécutivement s’ensuivit une crise économique dans tout le pays qui avait déjà souffert de la sécheresse. Plus tard, en 1751, eut lieu l’important séisme de Concepcion, dans le sud du pays, qui alla jusqu’à déplacer la ville qui se trouvait originellement à l’emplacement de la ville actuelle de Peuco. Là encore, la catastrophe fut attribuée à une intervention punitive divine. Pendant le 19e siècle, deux séismes se produisirent. Le premier, en 1822, dans la zone centrale du Chili, et le second, en 1835, plus au sud du pays, à nouveau à Concepcion et Talcahuano. Citons encore le tremblement de terre et tsunami d’Arica, dans le nord du pays, en 1868. En 1906, le tremblement de terre probablement le plus dévastateur de l’ère républicaine se produisit à Valparaiso sur le littoral central, port principal du Chili, centre névralgique financier et commercial du pays. Cette année, la ville fut complétement détruite. Valparaiso, la « Perle du Pacifique », a par ailleurs été reconstruit totalement grâce au concours d’architectes européens. Des milliers de personnes perdirent la vie lors de ce désastre. En 1922, ce fut le tour de la région d’Atacama et en 1928, la ville de Talca.

Lors du séisme de Chillan, évoqué précédemment, le gouvernement décida de créer la Corfo, la Corporacion de Fomento de la Producción, organisme étatique chilien chargé du développement et de l’aide à la création de l’industrie nationale, qui dirigea la reconstruction du pays. Le séisme de 1960, mouvement sismique de 9,5 sur l’échelle de Richter, le plus fort au monde, détruisit les provinces chiliennes de Cautin, Valdivia, Osorno, Llanquihue, et Chiloé. Ce séisme fut accompagné d’un raz-de-marée d’une succession de plusieurs vagues qui dévastèrent les villes côtières et plusieurs zones se retrouvèrent submergées. Cinq ans plus tard, en 1965, la ville côtière de la Ligua, fut secouée par un séisme de 7,4 sur l’échelle de Richter. En 1971, se produisit un séisme de 7,75 qui affecta les régions situées entre Antofagasta et Valdivia. Le tremblement de terre de 1985 qui eut lieu dans la zone centrale du pays permit aux autorités de s’en rendre compte de la précarité des constructions et habitations en adobe. Au 21e siècle, en 2007, un tremblement de terre toucha la ville du sud d’Aysen et la ville du nord Tocopilla.

Le 27 février 2010, un important séisme de 8,8 sur l’échelle de Richter se produisit dans la région de Bíobío mais fut ressenti dans tout le pays. Il s’agit du deuxième séisme le plus important de l’histoire chilienne. Récemment, en mars 2014, une série de secousses sismiques se sont encore produites dans la région d’Iquique, dans le nord du pays. Plus tard, le mardi 1er avril, eut lieu un puissant séisme de 8,2 sur l’échelle de Richter au large de la ville d’Iquique, obligeant la population a évacué. En outre, un tsunami fut également déclaré. Il faut souligner que le nord du Chili n’avait pas connu une telle série de secousses successives depuis 130 ans, ce qui fait dire à beaucoup d’experts qu’un mégaséisme devrait se produire bientôt. 

Au Chili, plusieurs personnalités de télévision ou des réseaux sociaux prétendent posséder des méthodes afin de prédire les mouvements sismiques. C’est le cas de l’animateur « conspirationniste » Salfate  qui, en 2012, a été sous le feu des projecteurs pour ses théories basées sur les dires d’un pseudo scientifique dont il reprenait les idées. Depuis lors, Salfate a quelque peu disparu du panorama audiovisuel chilien. Enfin, dernièrement, plusieurs « mouvements » sont apparus sur les réseaux sociaux, ces derniers prétendant également détenir des formules pour prévoir les tremblements de terre. Le « Frente Fanstama » (« Front Fantôme ») fait partie de ceux-ci. Ce qui déroute en quelque sorte l’opinion public, c’est que ce collectif a effectivement réussi à prédire certains évènements sismiques durant une période donnée. Toutefois, il se refuse de livrer aux autorités et à la communauté scientifique une méthode attestant ses prédictions, ce qui affecte sa crédibilité.