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Géographie et organisation territoriale

La République d’Argentine est située sur les versants sud- est et sud de l’Amérique du Sud. Le territoire argentin est divisé en 23 provinces et une ville autonome, Buenos Aires, sa capitale. L’Argentine avec ses 2.780.400 km2 de superficie est le pays hispanophone le plus grand du monde et le deuxième Etat le plus important d’Amérique latine après le Brésil. Si l’on inclut à sa superficie, les îles Malouines, la Géorgie du Sud, les îles Sandwich du Sud et les îles « Shag Rocks » ou Aurora, chacune administrée par le Royaume-Uni mais dont la souveraineté est réclamée par l’Argentine, ainsi que l’Antarctique Argentine, le pays atteint 3.761.274 km2, ce qui en fait le septième pays le plus grand de la planète.
L’Argentine comprend une ample partie du Cône Sud et est bordée, au nord, par la Bolivie et le Paraguay, au nord-est par le Brésil, à l’est par l’Uruguay, à l’ouest et au sud par le Chili. Les points extrêmes de l’Argentine sont, au nord, les fleuves San Juan et Mojinete dans la province de San Juan et la localité de Mina Pirquitas dans la province de Jujuy. Au sud, le point extrême est le cap San Pio, situé sur la Grande Ile de Terre de Feu, dit point de Tolhuin. A l’est, on compte le point extrême situé au nord-est de la localité de Bernardo de Irigoyen, dans la province de Misiones. A l’ouest, le point extrême est situé dans le Parc National Los Glaciares (Les Glaciers), dans la province de Santa Cruz, point Calafate.

Valles-Calchaquies

Une vue de la vallée de Calchaquie

L’Argentine possède une trentaine de fleuves. Parmi les plus grands cours d’eau, citons le Rio de la Plata, le fleuve Parana, Uruguay, Negro, Bermejo-Teuco, Pilcomayo, Colorado, Salado, San Juan, Mendoza, Chubut et Salado del Norte. Le Rio de la Plata est le fleuve le plus large au monde avec 220 km d’amplitude à son embouchure. Outre la foule de fleuves et de rivières, le territoire argentin est parsemé par une immensité de lacs et de lagunes. A l’extrême sud du pays, les sommets atteignent une altitude entre 1.000 et 1.500 mètres de haut mais au fur et à mesure que l’on évolue vers le nord, l’altitude est plus importante et les pics et montagnes peuvent dépasser les six mille mètres. Par exemple, l’Aconcagua, surnommé le « colosse de l’Amérique », est le point culminant le plus haut du continent latino-américain avec 6.959 mètres.
Les 23 provinces de l’Argentine sont organisées en départements, eux-mêmes composés de communes (municipalités), à l’exception de la province de Buenos Aires qui est, elle, divisée en arrondissements. En général, les départements ne possèdent pas de fonctions administratives, bien qu’au sein des provinces de Mendoza, San Juan et La Rioja, chaque département est une commune.
Le nom « Argentine » provient du latin « Argentum » qui signifie « argent ». Ce titre remonte aux conquistadores espagnols qui ont commencé à s’établir dans la région en 1524. Le nom est également associé à la légende de la Sierra de Plata, mythe commun aux premiers explorateurs espagnols et portugais de la région. Ces derniers donnèrent le nom de Rio de la Plata au grand estuaire découvert par une expédition portugaise en 1502 à laquelle participait Americo Vespucio. Le nom « Argentine » est apparu pour la première fois en 1602 dans le poème de l’Espagnol Martin del Barco Centenera intitulé « La Argentina y conquista del Rio de la Plata ».
Le territoire argentin est composé de trois types de paysages : les montagnes, les plaines et les hauts-plateaux. Les hauts-plateaux, appelés altiplanos, atteignent souvent une altitude de 4.000 mètres.

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Les climats argentins

indiens guaranis

Indiens guaranis dans la région de Misiones.

Le climat de l’Argentine est varié. Sur le versant nord, les températures sont chaudes, à l’exception de la Cordillère des Andes. Toutefois, le pays est parcouru par plusieurs climats: dans le centre, le climat est tropical, baigné par les averses pendant la période estivale et sec en hiver, au nord-est, le climat est dit tropical humide. Lorsque l’on se dirige vers les centre-ouest du pays, le climat est tempéré humide. Le reste de l’Argentine possède un climat aride et semi-aride sur environ 7/10 du territoire. Les zones du sud, à savoir les régions de la Cordillère des Andes et la Terre de feu, ont des températures froides durant toute l’année.
Le climat argentin est fortement influencé par le vent. Ainsi, il en existe plusieurs types qui peuvent déterminer le climat d’une même région.
– Le vent Pampero doit son nom aux Espagnols arrivés dans les alentours du Rio de la Plata. Ces derniers furent surpris de découvrir à l’époque un vent fort et froid provenant de l’intérieur du continent. Le vent Pampero, en outre très sec, vient principalement du sud-est. Il souffle pendant l’été en rafales et provoque une diminution drastique des températures et de l’humidité ainsi qu’une hausse de la pression atmosphérique.
– Le vent Zonda est un vent chaud et sec qui vient du Pacifique, et qui passe ensuite au-dessus du versant ouest de l’Argentine et par-dessus la Cordillère des Andes. Le Zonda souffle quasi toute l’année et principalement de mai à octobre.
– Le vent Sudestana est un vent qui transporte beaucoup d’humidité provenant de l’Atlantique et qui souffle principalement sur la côte argentine du Rio de la Plata et provoque des pluies abondantes sur la Pampa.

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La faune et la flore en Argentine

La faune et la flore d’Argentine sont d’une remarquable richesse. Les différents types de climats qui parcourent le territoire argentin, tout comme les reliefs, déterminent l’existence de diverses formations végétales naturelles. Les zones typiquement arborées, comme le bois et la selva, sont peu nombreuses, tandis que la steppe herbacée et arbustive, occupe une grande partie du territoire.
De magnifiques arbres natifs millénaires peuplent la selva, les forêts et les montagnes mais le pays est aussi caractérisé par la présence de différentes formations herbacées dans la pampa, dans les prairies et dans les steppes. La pampa, originellement, n’était pas boisée mais l’homme a modifié le paysage et aujourd’hui, on y trouve des espèces de sycomores américains, de sapins, de frênes, d’eucalyptus, de types d’herbe pérenne et d’arbres à feuillages persistants qui gardent leurs feuilles toute au long de l’année, comme le ombú ou belombra. La paille, le romarin blanc, les trèfles, les chardons, les capucins et la camomille constituent la végétation typique des pairies pampéennes. Au printemps, le sol est recouvert de nombreux types de fleurs rouges, blancs et bleues.

Le sol de la pampa, zone où l’exploitation agricole est la plus dense, est composé d’humus. Les herbes dures, nées des pluies, jonchent le sol des steppes et les prairies humides. Dans le nord-est de l’Argentine constituée des provinces de Jujuy, Salta, Tucuman et Catamarca, prédominent les zones agricoles inaugurées par les premières tribus peuplant la région. Le paysage y est très contrasté. On y découvre des sommets allant jusqu’à 6.000 mètres, des zones selvatiques, désertiques, des vallées et des ravins. La flore du nord-est argentin est caractérisée par la présence de myrtes, de lauriers et de nombreux cactus. Dans les forêts prédominent les aulnes, les pins de colline, les jacarandas, les arbres au tronc blanc ou jaune. Dans le nord du pays, ce sont les plantes subtropicales qui dominent comme le palo rosa ou des arbres du genre shinopsis ou prospsis. Dans les régions proches des Andes s’étend la savane, une formation végétale propre aux régions chaudes et à saisons sèches. La majeure partie de la Patagonie argentine est composée d’arbustes et d’herbes capables de supporter les conditions extrêmes de cette région. Le sol est dur et rocheux, ce qui fait que l’agriculture y est presque impossible, sauf dans les vallées. La Patagonie est constituée de bois de conifères ainsi que la Terre de Feu. Parmi ces conifères, on retrouve de nombreux arbres de la famille des cyprès, plusieurs conifères natifs du Chili et d’Argentine comme l’Araucaria. Parmi les arbres à feuillages de cette région, on compte le coigue, le hêtre de Terre de Feu ou encore le ñire. Enfin, sur les hauts-plateaux argentins, aucune végétation ne pousse à cause des conditions extrêmes dues à l’altitude.

Caiman Argentin de la région de Misiones.

Caiman Argentin de la région de Misiones.

De nombreuses espèces de rongeurs comme le mara et d’oiseaux de la famille des rapaces comme le caracara vivent dans la pampa. Le caïman yacaré habite aussi la pampa mais également le nord-est du pays. Plusieurs types de cerfs, de lièvres, de rats et de daims y ont été introduits par l’homme. Les renards gris, les chats sauvages sont aussi caractéristiques de la région pampéenne, tout comme les fourmiliers ou encore les viscaches. Dans le nord-est argentin, caractérisé par des variations thermiques extrêmes entre le jour et la nuit, on rencontre le chinchilla, la vigogne, le chat andin, le condor et des espèces de flamands roses. Dans la zone de la puna, dans la Cordillère des Andes, à une altitude située entre 3.500 mètres et 5.000 mètres, vivent le jaguar et l’ucumari. Dans les zones intermédiaires, on rencontre le lama et l’alpaca. La selva et la vallée yunga sont l’habitat naturel du singe cai yugueño, d’oiseaux exotiques tels que le cracidae, de pénélopes yacouchous, d’ortalides du chaco et du majestueux aigle d’Isidores. La région de Chaco est, elle, peuplée d’ocelots, de pécaris, de singes comme le caraya. Dans les cours d’eau évoluent de nombreuses espèces de poissons comme la dorade mais aussi de reptiles comme le caïman. La région mésopotamique d’Argentine possède une faune similaire à la région de Chaco. Toutefois, le nandou y est plus répandu, tout comme les hiboux, les chouettes, les oiseaux du genre Ara ou encore les colibris. Le coati, l’anaconda, la loutre géante et différents types de renards habitent cette région. Entre le nord-est andin et la zone de la puna argentine, la pampa et la Patagonie, la faune est moindre et moins diversifiée. Cette aire est habitée par les renards, les guanacos, les maras ou encore les chinchillas. Les conifères de la région andino-patagonique sont le refuge idéal des pumas, des aigles, des perroquets, des cerfs mais aussi des huemuls. Les saumons, les perches et les puyen vivent dans les fleuves de cette région. Dans les alentours des lacs et des lagunes, on peut apercevoir des castors des marais, d’authentiques loutres ainsi que des cygnes au col noir.
Dans la région de la Patagonie extra-andine, constituée de steppes semi-désertiques et désertiques, abondent les guanacos, les maras et les pumas. On rencontrera également des oiseaux tels que les condors, le maca tobiano, le cygne au col noir, le yaguaraté, le flamand rose, le caracara et l’aguilucho. Le renard gris patagonique habite aussi cette région ainsi que le culpeo et le renard coloré. Dans les eaux de l’Atlantique, évoluent des cétacés tels que les dauphins croisés, austraux, le calderon comun. Le long des côtes australes de la Terre de Feu, on peut admirer les chungungos et les loutres marines. La région subantarctique qui inclut les zones côtières fuégiennes et les îles de l’Atlantique Sud et la région antarctique sont caractérisées par la présence de quadrupèdes mammifères autochtones comme les loups de mer, les éléphants de mer, les lions de mer, les léopards de mer, les différentes espèces de manchots mais aussi de cétacés comme la baleine franche australe, l’immense baleine bleue, l’orque, le dauphin du Chili ou tonina. Citons encore la présence de différentes espèces de phoques et pingouins.

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Premiers peuples argentins et histoire de l’Argentine

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Indiens Quilmes

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Un Caracara de la Patagonie argentine.

A l’arrivée des premiers Espagnols, au début du 15ème siècle, l’actuel territoire argentin était habité par environ 330.000 personnes réparties dans une vingtaine de groupes ethniques. Las habitants du nord-est argentin, des sierras centrales et de la région Mésopotamique pratiquaient la chasse alors que le reste du territoire était occupé par peuplades de chasseurs-cueilleurs. Les groupes d’indigènes les plus répandus, en Argentine, avant la Conquête espagnole, étaient les Diaguitas dans la région nord-est ainsi que les Guaranies, les Tupis, les Tobas de l’ethnie des Guaycurúes, les indiens pampas, au centre, et les Tehuelches, Mapuches et Onas dans le sud.
La Conquête espagnole et la période de colonisation coïncide avec la fondation de la colonie de Nuestra Santa María del Buen Ayre, l’actuelle Buenos Aires, par Pedro Mendoza en 1536. A ses débuts, Buenos Aires est restée presque déserte à cause de la misère et de la famine qui accablaient la population mais aussi à cause des indiens obligeant les Espagnols à prendre la fuite. En 1580, la ville est fondée une seconde fois par Juan de Garay. Les villes argentines ont été pour la plupart inaugurées par des Conquistadores originaires de différentes villes du continent américain. A l’est du pays, à Asunción, les colonies espagnoles ont fondé leur base ainsi que des villes sur le littoral. Par contre, les colonies espagnoles du Pérou se sont installées dans la région de Tucuman, à savoir le nord-est argentin. La région de Cuyo fut peuplée par des colonies provenant du Chili.
L’argentine de l’époque coloniale appartenait à la Vice-royauté du Pérou jusqu’à la fondation par Charles III d’Espagne, de la Vice-royauté du Rio de la Plata dont le vice-roi fut Pedro de Ceballos. A cette époque, la capitale, Buenos Aires, était un point de convergence commerciale pour les exportations de cuirs, de viandes mais aussi d’argent issu des mines de Potosi. Toutefois, le système de monopole imposé par l’Espagne rendait impossible toutes formes de relations commerciales avec d’autres pays. Cet état de fait provoquait de nombreuses pénuries de produits et compliquait l’exportation. En 1806 et 1807 eurent lieu deux invasions anglaises qui furent contrées par la population de Buenos Aires regroupée en milices composées d’Espagnols et de personnes créoles. Au sein de chaque milice, les chefs et les officiers étaient élus de manière démocratique par les membres. Ces groupes se transformèrent ensuite en centre de discussion politiques. Les invasions anglaises mirent à nu la faiblesse de résistance de l’Espagne et son incapacité à approvisionner et à défendre les colonies correctement. L’occupation française de l’Espagne par Napoléon, la capture du Roi d’Espagne Charles IV et de son fils, Ferdinand VII, ainsi que la chute de la Junte Centrale poussèrent les populations créoles à prendre les choses en main. Le 25 mai 1810 se constituait ainsi la Première Junte de Gouvernement de Cornelio Saavedra et de Mariano Moreno, période qui illustre le doute des premières autorités quant à la poursuite ou non de l’allégeance à la couronne d’Espagne et qui met fin à la Vice-royauté. Mariano Moreno va mener une politique révolutionnaire encourageant le libre-échange et asseoir les bases de l’indépendance. La période révolutionnaire, caractérisée par une instabilité politique, s’étend de 1810 à 1820. Pendant dix ans, se succèderont les gouvernements, les Juntas Grandes (Grandes Juntes), les Triumvirats qui ne parvinrent pas à consolider leur pouvoir, ce qui les obligea à affronter l’Espagne. Durant ce conflit vont se distinguer des figures telles que Manuel Belgrano, José de San Martin et Martin Miguel de Güemes. San Martin va mettre fin à la domination espagnole sur le Chili et de la sorte, au pouvoir centrale espagnole de Lima. A partir de 1819, le pays est divisé selon deux tendances politiques, les fédéraux, en faveur des autonomies provinciales, et les unitaires, partisans du pouvoir central de Buenos Aires. Cette dichotomie va engendrer une longue période de guerre civile remportée par les fédéraux et qui aboutira à la gouvernance autonome de chaque province. La province la plus favorisée par cette organisation administrative est Buenos Aires qui alors les rentes des douanes et le marché du port. Vers 1829, Juan Manuel de Rosas assume la gouvernance de Buenos Aires et exerce une énorme influence sur tout le pays. Ce dernier met en place un pouvoir autoritaire qui durera jusqu’à sa chute en 1852. La persécution des opposants ainsi que la censure de la presse seront de mise. Pendant cette période, les secteurs agricole et bovin se développent fortement, tout comme les exportations et le secteur industriel. Rosas s’est opposé à l’organisation nationale et à la création d’une constitution car cela aurait signifié la répartition des rentes des douanes au reste du pays et la perte de l’hégémonie sur le port. José de Urquiza, gouverneur de la province de Entre Rios, va se lever contre Rosas car le pouvoir en place à Buenos Aires empêchait toute navigation et freinait considérablement le commerce et le développement des provinces. En 1851, il forme la Grande Armée et défait Rosas en 1852. Urquiza, via le Congrès Constituant de Santa Fe, met sur pied la Constitution Nationale. Toutefois, malgré l’absence de Rosas, les intérêts de la classe moyenne de Buenos Aires restaient les mêmes et un coup d’Etat eut lieu donnant lieu à la « Révolution du 11 septembre 1852 ». A partir de ce moment, l’Argentine va être divisée en deux : l’Etat de Buenos Aires et la Confédération c’est-à-dire le reste des provinces avec comme capitale Paraná. La séparation dura environ dix ans jusqu’au mois de septembre de l’année 1961 lorsque le leader du port Bartolomé Mitre fit capituler Urquiza et unifia le pays sous la tutelle de Buenos Aires. Plusieurs gouvernements d’organisation nationale vont se succéder. Ils occupèrent la totalité du pays et ils instaurèrent une organisation institutionnelle. Sous cette période, l’éducation, l’agriculture, les communications, les transports ainsi que l’immigration se développent fortement. L’Argentine s’incorpore au marché mondial en tant que fournisseur de matières premiers et acquéreur de manufactures. En 1880 s’installe au pouvoir le général Julio A. Roca. Celui-ci consolida un modèle économique basé sur l’exportation agricole ainsi qu’un courant politique conservateur basé sur la fraude et sur l’exclusion de la vie politique de la majeure partie de la population. Les investissements anglais dans les banques et le secteur des chemins de fer augmentèrent, tout comme la dette externe de l’Argentine. Vers 1890 surgissent plusieurs mouvements d’opposition au régime. Sur le plan politique, l’Union Civique Radicale lutta pour un « nettoyage électoral » et contre la corruption tandis que sur le plan social, les mouvements ouvriers, socialistes et anarchistes combattirent pour la dignité des travailleurs.
La lutte radicale des révolutions de 1893 et 1905 ainsi que le mécontentement social exprimé lors des nombreuses grèves, pousseront le secteur de la classe dominante à organiser une réforme électorale qui calmera les esprits et qui fit évoluer la chose politique de la rue au parlement. En 1912, le vote secret et obligatoire est instauré. Le radicalisme arrive au gouvernement et les radicaux vont diriger le pays de 1916 à 1930. La participation citoyenne grandit, la société se démocratisa, le pétrole fut nationalisé et les premières universités virent le jour. Malgré tout, cette période ne fut pas exempte de conflits sociaux concernant les conditions de vie difficiles des travailleurs.
Certaines manifestations, comme la Semaine Tragique (ou celle de Patagonie) ont été durement réprimée. Des milliers de personnes furent emprisonnés et des centaines de manifestants furent tués. En 1930, un nouveau coup d’Etat eut lieu avec à sa tête les généraux Uriburu et Agustin P., tous deux soutenus par les groupes politiques conservateurs. C’est à ce moment que reviendront la fraude électorale et l’exclusion politique des masses. En 1933, l’Argentine signa avec l’Angleterre le pacte Roca-Runciman qui augmenta considérablement la dépendance argentine à ce pays. Se succédèrent alors plusieurs gouvernements conservateurs jusqu’en 1943 qui bénéficièrent les secteurs et les familles les plus riches de la société argentine.
En 1943, des militaires nationalistes prirent le pouvoir et installèrent le colonel Juan Domingo Perón qui focalisa sa politique sur l’amélioration de la législation social et du travail (congés payés, pensions, tribunaux du travail). Le soutien populaire au gouvernement de Perón l’aidera à remporter les élections en 1946. Perón assumera deux présidentielles et limitera le pouvoir de l’opposition et de la presse. Par ailleurs, il mènera une politique qui encouragea le développement industriel, la politique de l’emploi, les communications et les transports. Sa femme, Eva Perón s’occupa, elle, de la politique sociale, au travers de la construction d’hôpitaux, d’écoles, de foyers pour enfants et personnes âgées et de soutien économique aux secteurs les plus pauvres.
En 1955, un nouveau coup d’Etat fit chuter Perón. Ce dernier s’exila. A partir de cette année et jusqu’en 1973, les péronistes ne purent plus voter pour leur parti. Durant cette période deux présidents civiles assumèrent le pouvoir, Arturo Frondizi jusqu’en 1962 et Arturo Pilla jusqu’en 1966. Tous deux tentèrent de favoriser le développement nationale et de mettre fin à la proscription du péronisme. Ces deux gouvernements seront renversés par deux nouveaux coups d’Etat. Le renversement de 1966, appelé la Révolution Argentine, durera sept ans jusqu’au moment où la pression populaire, le mécontentement social et les mouvements de guérillas obligeront les militaires à organiser des élections en mars 1973. Durant ce scrutin, le candidat péroniste, Hector Cámpora, fut élu. Le péronisme resta au pouvoir de 1973 à 1976 avec quatre présidents. Ceux-ci reprirent les mesures sociales initialement appliquées durant la première période du péronisme. Toutefois, les conflits internes du mouvement péroniste et de la guérilla, ainsi que la crise économique de 1973, vinrent compliquer les choses. La mort de Perón en 1974 et l’incapacité de sa successeur Isabel Perón à assumer la direction du pays aggraveront la situation. La crise économique et politique devint le prétexte idéal pour un nouveau coup d’Etat.
La dictature militaire dirigea l’Argentine de 1976 à 1983 avec l’appui des grands groupes économiques nationaux et le financement des groupes bancaires internationaux et des organismes internationaux de crédit comme la Banque Mondiale et le FMI. Durant cette période, on assista à la mort et à la disparition de milliers de personnes. Des centaines d’Argentins choisirent l’exil. L’armée argentine fut en outre renversée durant le conflit des Iles Malouines et la dette externe fut multipliée par cinq. Une grande partie de système de production nationale sera détruit et les entreprises publiques iront à la faillite à cause de la corruption des dirigeants.
Depuis 1983, le pays vit en démocratie et les libertés publiques et les droits de l’homme ont été rétablis. La culture argentine retentit à nouveau à travers le monde. L’héritage militaire laissé par la dictature militaire fut lourd et les gouvernements successifs des présidents Raul Alfonsin et Carlos Menem virent leurs plans politiques et sociaux conditionnés par les pressions économiques. Menem appliqua une politique basée sur les privatisations qui généra une brève période bien-être mais qui se conclut par une crise profonde engendrant un taux important de chômage et une augmentation de la dette externe.

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L’immigration en Argentine

L’immigration européenne en Argentine s’étend de 1880 à 1914 et constitue un des facteurs fondamentaux de la transition de l’Argentine traditionnelle à l’Argentine contemporaine. Sans elle, il est impossible de comprendre l’Argentine actuelle. Il n’y a pas eu d’autres périodes durant laquelle la proportion d’étrangers en âge adulte a été aussi significative. Pendant plus de 60 ans, 60% de la population de la capitale fédérale et près de 30% des habitants des provinces de Buenos Aires, Cordoba et Sante Fe étaient des immigrants. L’européanisation du pays et la transformation du caractère national s’est traduit par une politique migratoire ouverte.
Jusqu’en 1880, au travers de politiques de peuplement, l’Etat argentin a tenté de promouvoir l’agriculture, l’élevage, les réseaux de transport pour ensuite industrialiser le pays. Bien que l’immigration fût hétérogène, près de la moitié des immigrants provenaient d’Italie, principalement du sud, et un tiers d’entre eux, de l’Espagne. Après 1880, pendant la seconde phase d’immigration, l’Argentine recherchait de la main d’œuvre pour la production massive agricole et pour le bétail mais peu d’immigrants deviendront propriétaires. Consécutivement à l’échec du plan d’adjudication de terres en propriété, l’immigrant s’est transformé en locataire ou en pion et a recherché l’asile dans les centres urbains. Les différentes politiques de peuplement ont été soldées par des échecs. Le fait que l’immigration soit principalement masculine a permis le développement des activités rurales et de l’économie agricole en Argentine. Ainsi, le pays est devenu le premier exportateur de blé alors qu’avant 1870, il était importé.
Suite aux différents flux migratoires, la structure sociale de l’Argentine est devenue plus complexe et avec l’augmentation des secteurs moyens et populaires, la culture politique a connu de nombreux changements. Le nombre d’industriels et de commerçants a augmenté. Toutefois, la classe aisée s’est complètement fermée à l’immigration et a ainsi retenu les richesses et le prestige ainsi que le pouvoir politico-économique associé à la propriété terrienne. La structure sociale s’est ainsi divisée en quatre segments. Le premier segment était représenté par une classe aristocratique très aisée qui constituait jusqu’en 1914, 1% de la population. Le deuxième segment était représenté par la classe haute moyenne qui, bien que prospère, possédait peu de prestige social. La basse classe moyenne ne possédait ni force économique ni pouvoir social mais était susceptible de s’élever socialement et économiquement. Enfin, la basse classe ou classe populaire représentait les deux tiers de la population et occupait la base de la pyramide sociale.
Le type argentin a ainsi changé. La classe dominante était composée d’éleveurs, de propriétaires terriens, de commerçants, d’avocats et de politiques. Aux classes moyennes se sont ajoutés les immigrants grâce à leur participation à l’économie et au processus d’acculturation moderne. Les basses classes, réparties sur tout le territoire, rappelait cependant la dualité du pays. Les historiens et sociologues s’accordent à dire que pour gouverner l’Argentine, il fut nécessaire d’incorporer les immigrants sans rompre l’intégrité nationale.
Entre 1902 et 1910, des changements importants se produisirent dans la structure sociale. Ceux-ci créèrent des fissures significatives au sein du système politique. La guerre de 14-18 a interrompu le flux migratoire en Argentine et a notamment obligé les belligérants nationaux à participer aux combats. Ceci explique le solde migratoire négatif durant la Première Guerre mondiale. Toutefois, l’Argentine a réussi à retenir les enfants des étrangers de la premier vague migratoire, susceptibles de monter dans l’échelle sociale et de participer à la vie politique. Beaucoup d’entre eux ont obtenu des titres universitaires. Parallèlement à cela, l’activité des syndicalistes anarchistes expliquent les tensions qui ont marqué le pays au début du siècle.
La population urbaine a doublé et la classe moyenne s’est fortement développée grâce à la contribution des étrangers. On a assisté à la croissance importante des secteurs dépendants (employés, fonctionnaires et techniciens). L’ascension sociale s’est accentuée principalement dans les centres urbains, favorisant l’intégration des générations d’immigrants au sein de l’ordre social établi.

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La culture en Argentine

La sphère culturelle argentine est ample et ce, pour plusieurs raisons. En effet, l’Argentine est un pays multiculturel et multiethnique de par son histoire et de par sa constitution. La présence de diverses ethnies dès ses origines et l’apport de l’immigration entre la moitié du dix-neuvième siècle et le début du vingtième siècle ont contribué à la composition démographique variée du pays.
Il existe en Argentine une grande diversité de manifestations et de pratiques culturelles et artistiques, reconnues mondialement, dans le théâtre, la peinture, la sculpture, la musique et la littérature. En outre, la gastronomie argentine est riche et variée et la viande produite dans le pays jouit d’une haute réputation. Le sport est également très bien représenté en Argentine.
D’un point de vue linguistique, l’espagnol castillan parlé en Argentine est une variété dialectale de l’espagnol standard. Il s’agit de la première langue parlée par toute la population. Toutefois, les langues guaranis et quechuas sont parlées par un million de personnes. L’actuelle population argentine est le résultat d’un mélange entre les immigrants italiens et espagnols avec les populations indigènes autochtones, afro-argentines, et les gauchos durant la période coloniale. Selon les spécialistes, la population argentine est composée à 90% d’Européens, principalement italiens et espagnols. Ainsi, l’Argentine peut être définie comme un pays d’immigration c’est-à-dire qu’il s’est constitué à partir des phénomènes migratoires massifs. Outre l’héritage européen, la population argentine possède également des racines indigènes et africaines dans une moindre mesure.
L’éducation en Argentine est, à l’égal de Cuba et de l’Uruguay, une des plus avancées et des plus progressistes. La littérature est très présente en Argentine dans ses différents genres où se mêlent expression populaire et nationale. Le genre narratif ou prose s’est développé dans des mouvements tels que le réalisme et le naturalisme, influencés par les courants littéraires français. Cette période est connue « generación del ochenta ». Le genre dramatique est également très présent en Argentine ainsi que la poésie. A ses débuts, au 19e siècle, la poésie ne comptait que quelques auteurs. Cependant, au 20e siècle, elle va gagner ses lettres de noblesse avec des auteurs tels que Jorge Luis Borges, Ernesto Sabato ou encore Julio Cortazar. L’art mural et la peinture sont très bien représentés. A ses débuts, durant la période coloniale, la peinture s’est développée en tant qu’art religieux dans les églises, censés aider à christianiser les populations indigènes. La plupart du temps, la peinture religieuse coloniale était d’ailleurs réalisée par des esclaves indiens ou afro-américains. Au 19e siècle, de nombreux artistes étrangers visitèrent le pays et y laissèrent leurs œuvres. C’est le cas du marin anglais Emeric Essex Vidal, un aquarelliste qui a laissé un héritage important du passé argentin. Le premier peintre argentin fait son apparition durant la troisième décennie du 19e siècle. Il s’agit de Carlos Morel. Apres lui, viennent plusieurs peintres qui s’attacheront à représenter la vie des gauchos et les guerres de l’Argentine prémoderne. A la moitié du 19e siècle, apparaitront les grandes institutions artistiques du pays telles que la Sociedad Estimulo des Beaux-Arts ou encore le Musée National des Beaux-Arts. L’immigration a aussi permis à l’art argentin de se nourrir des différents courants européens, principalement de l’art italien. L’impressionnisme fait son entrée en Argentine au début du 20e siècle avec les peintres Martin Malharro, Walter de Navazio et Ramon Silva. Les premiers mouvements d’avant-garde, pourvus de caractéristiques proprement latino-américaines, coïncident avec les premières manifestations de liberté politique dans le pays, avec l’application du vote à bulletin secret et universel pour les hommes ainsi qu’avec l’arrivée au pouvoir du premier président élu grâce au vote populaire, Hipolito Yrigoyen et avec la révolution culturelle née de a réforme universitaire de 1918. La sculpture en Argentine a été fortement influencée par les artistes étrangers résidant dans le pays.
On trouve en Argentine plusieurs constructions architecturales précolombiennes comme le Pucara de Tilcara ou le village Tafi del Valle, dans les Vallées Calchaquis. De l’époque coloniale, il subsiste plusieurs édifices tels que la Manzana Jesuitica a Cordoba, la Manzana de las luces à Buenos Aires, la Casa de Tucuman ainsi que des églises des 16e, 17e et 18e siecle dans différentes régions du pays. Après la réunification argentine, les écoles artistiques argentines se sont intéressées à l’architecture française et italienne. De 1853 à 1880, un mouvement architectural propre à l’Argentine se développe, il s’agit du style italianisant qui fusionne l’ancienne architecture coloniale avec le style classique. L’Art Nouveau se développe aussi à cette époque dans plusieurs villes argentines comme Buenos Aires, Cordoba, Tucuman ou encore Mendoza.

Le cinéma argentin fait partie des trois types de cinéma les plus développés d’Amérique Latine avec le Brésil et le Mexique. Pendant le 20e siècle, le septième art argentin a été fortement subsidié par l’Etat. Les premiers films nationaux apparaissent à la fin du 19e siècle et sont influencés par l’histoire et la littérature. Le premier film sonore est produit dans les années 1930. Pendant les années 40, le cinéma classique argentin souffre de la concurrence des productions américaines. Par après, le nouveau ciné argentin voit le jour dans les années 50 et mêle l’habilité technique au raffinement esthétique. Le ciné post-dictature survient dans les années 80. Viendront ensuite le ciné indépendant argentin et le nouveau ciné de genre. Le cinéma argentine a atteint une renommée mondiale au vingtième siècle grâce à des productions telles que Nueve Reinas ou encore El Aura.
L’Argentine possède une école de bande dessinée renommée dont l’apogée se situe entre 1940 et 1960. Parmi les auteurs les plus connus, citons Quino dont l’œuvre Mafalda a été traduite dans plus de trente langues, Carlos Trillo ou encore l’Italien Hugo Pratt ayant séjourné en Argentine et y ayant acquis une certaine réputation.
La production musicale argentine est vaste. Le style plus connu est bien entendu le Tango. Le Tango s’est développé principalement dans la ville de Buenos Aires et des plus grands représentants sont Carlos Gardel, Astor Piazzola et Roberto Goyeneche. A l’intérieur du pays, c’est la musique folklorique qui prédomine. A partir des années 70 s’impose le rock and roll dans tout le pays avec comme chanteur le plus connu Sandro. De nos jours, l’Argentine possède une kyrielle de styles musicaux.