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Tout ce qu’il vaut savoir avant de partir en voyage au Chili !

Géographie et organisation territoriale

Palacio de La Moneda

Le Palacio de la Moneda, palais de gouvernance situé dans le centre de Santiago, est utilisé par le président qui n’y habite cependant pas.

La République du Chili occupe l’extrême sud-ouest de l’Amérique Latine. Géographiquement le pays est constitué de trois zones. Dans un premier temps, le Chili continental comprend une longue et étroite bande de terre, sur la côte occidentale du Cône Sud, qui s’étend sur plus de 4.270 km de long, principalement depuis la rive sud-est de l’océan Pacifique jusqu’à la sublime Cordillère des Andes. Le territoire national atteint une largeur maximum de 445km à la hauteur du Détroit de Magellan et une largeur minimum de 90 km entre Punta Amolanas et le Paso de la Casa de Piedra. Le Chili est bordé au nord par le Pérou, au nord-est par la Bolivie, à l’est par l’Argentine et finalement, au sud, par le passage Drake.

La seconde zone, appelée Chili insulaire, est constituée par un ensemble d’îles d’origine volcanique du Pacifique Sud telles que l’archipel de Juan Fernandez et les îles Desventuradas mais également l’île Sala y Gómez, considérée comme le point plus à l’Est de la Polynésie et l’île de Pâques, située dans le sud-est de l’océan Pacifique.

Enfin, la troisième zone du territoire national chilien est le Territoire chilien de l’Antarctique, espace de 1.250.257,6 km2 situé entre les 53° et 90° de longitude ouest (douzième province du pays) dont la souveraineté est réclamée par le Chili.

Le littoral chilien atteint une longueur côtière totale de 6.435 km. On compte 4 aires qui font partie intégrante du territoire chilien : la mer territoriale de 120.827 km2, la zone contiguë de 131.669 km2, la zone économique exclusive de 3.681.989 km2 et la plateforme continentale de 161.338 km2. Le Chili possède actuellement 16,6 millions d’habitants.

Depuis 1974, le Chili était divisé en 13 régions. Cependant en 2007, la présidente socialiste Michelle Bachelet a signé un décret qui porte le nombre des régions chiliennes à 15 en y incorporant la région d’Arica et Parinacota (15) à la frontière péruvienne et la région de Los Rios (14), au sud. Le Chili n’a pas toujours été divisé de la sorte. La Constitution changea la division territoriale du pays entre le 16e et 17e siècle. Anciennement, le Chili était réparti en trois grandes régions : la région nord, la région centrale et la région australe. A la moitié du 20e siècle, les autorités choisirent une répartition en 7 zones selon des critères géographiques, démographiques et économiques. Malgré la formalisation des 13 régions en 1969, l’ancienne organisation va perdurer pendant un certain temps. Les 15 régions actuelles sont: Région de Arica y Parinacota, Région de Tarapacá, Région de Antofagasta, Région de Atacama, Région de Coquimbo, Région de Valparaíso, Région del Libertador General Bernardo O’Higgins, Région del Maule, Région del Bío-Bío, Région de la Araucanía, Région de Los Ríos, Région de Los Lagos, Région Aysen del General Carlos Ibáñez del Campo, Région de Magallanes y de la Antártica Chilena, Région Metropolitana de Santiago.

Chiloe

L’île de Chiloe, début de la Patagonie Chilienne, est un île qui évoque souvent la Bretagne (surtout pour sa météo!)

La caractéristique géologique dominante du Chili est la Cordillère des Andes, chaîne montagneuse qui débute au nord du Venezuela et qui traverse la Colombie, l’Équateur, le Pérou, la Bolivie et l’Argentine, jusqu’à la pointe sud du continent latino-américain. Le relief est un élément géographique primordial dans la constitution de la population et pour l’économie. Le Chili est un pays de montagnes et les zones de plaines ne représentent que 20% du territoire. Cette particularité topographique conditionne la distribution démographique. Ainsi, la population est répartie dans les plaines, le long du littoral et au sein de la dépression intermédiaire. Il existe très peu de personnes vivant en altitude, sauf dans la région désertique du nord, dans une zone où les précipitations créent une ceinture de pâturages, à 2.500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Dans le reste du pays, les regroupements de population habitent des espaces compris entre 1.400 et 700 mètres d’altitude. Vers le sud, l’homme ne s’établit que dans les parties basses.

Toutefois, mêmes si les montagnes chiliennes ne favorisent pas le peuplement, il ne faut pas oublier leur rôle en tant que génératrices de pluies. Les réserves d’eau et de neige présentes en altitude sont à l’origine des fleuves qui irriguent la dépression intermédiaire et qui rendent possible l’obtention de l’énergie électrique. La montagne recèle en outre de nombreux trésors minéraux. Les sommets chiliens sont un élément essentiel au fonctionnement du système géographique du pays. Longitudinalement, le Chili peut être divisé en trois régions morphologiques : la Cordillère des Andes à l’est, la Cordillère de la Côte à l’ouest et l’aire des plateaux et de la vallée longitudinale ou dépression intermédiaire, située entre ces deux chaînes montagneuses. D’un point de vue latitudinal, on distingue également trois importantes régions géographiques et climatologiques : la zone septentrionale (aride), la zone centrale (méditerranéenne) et la zone méridionale (climat tempéré océanique). La Cordillère des Andes est la région septentrionale la plus large où se concentrent un nombre important de massifs et de montagnes dont l’altitude dépasse les 6.100 mètres. C’est dans cette zone que se situe le sommet le plus haut du pays, l’Ojos del Salado qui culmine à 6.893 mètres. La dépression intermédiaire est occupée par l’immense désert d’Atacama, le désert le plus aride au monde. La zone centrale est occupée par une vallée de 965 km de longueur et de 40 à 80 km de largeur. Il s’agit de la zone la plus habitée du pays. Cette aire fertile comprise entre les fleuves Aconcagua constitue le noyau agricole du Chili. La largeur et la hauteur des Andes centrales sont moins importantes que celles des Andes septentrionales. Enfin, c’est dans cette zone que se trouvent les passages frontaliers les plus importants du pays.

La région méridionale, au sud, ne possède pas de dépression intermédiaire. La côte est délimitée par de larges formations insulaires et fracturée en de nombreux fjords. Dans les Andes méridionales, l’altitude ne dépasse pas les 1.830 mètres. La Cordillère des Andes est une des chaînes de montagnes les plus importantes. Selon diverses études géologiques et morphologiques, elle se prolonge, dans l’extrême-australe, de manière sous-marine et émerge dans les Antilles australes et finalement dans l’Antarctique. La Cordillère des Andes s’étend tout au long du Chili et revêt une importante climatologique et économique majeure pour le pays. Elle fait en outre office de barrière climatique qui intercepte les masses d’air humide venant de l’ouest et les oblige à s’élever et à générer de la pluie sur l’autre versant. Les Andes constituent une immense réserve d’eau et de neige qui engendre les fleuves. Ceux-ci traversent tout le pays et permettent l’irrigation des champs de dépression intermédiaire et permettent en outre d’approvisionner en énergie électrique les agglomérations urbaines grâce à des usines hydroélectriques. Enfin, le Chili se trouve dans une zone géologiquement instable, ce qui en fait un des pays au monde où l’activité sismique et volcanique est la plus importante.

Le pays est parcouru par une kyrielle de fleuves, courts, qui naissent pour la plupart dans la Cordillère des Andes et qui partent de l’ouest pour se déverser dans l’océan Pacifique. Dans les zones septentrionales et centrales, les fleuves naissent des neiges des hauts-plateaux andins. Les cours d’eau principaux du Chili sont, du nord au sud, les fleuves Lluta, Loa, Elqui, Limarí, Choapa, Petorca, La Ligua, Aconcagua, Maipo, Rapel, Maule, Biobío, Imperial et Toltén. Bien qu’ils soient importants pour les ressources énergétiques, ils ne sont pas très navigables étant donné la présence de nombreuses cascades. Les lacs chiliens se concentrent majoritairement dans la région lacustre du sud.

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Le climat du Chili

Horcon, region valparaiso, chile

Le petit port de pêche d’Horcón, situé sur la côte pacifique à hauteur de Santiago.

L’amplitude latitudinale du pays – qui inclut près de 40 degrés -, le relief mais également l’influence de l’océan sont autant de facteurs qui expliquent la variété climatique du Chili. La fonction première de la Cordillère des Andes est de réguler le passage des masses d’air et d’empêcher l’entrée des vents issus de la pampa argentine sur le territoire chilien et l’influence maritime sur le versant oriental. D’une part, le courant de Humboldt fait chuter les températures tout au long de la côte chilienne et d’autre part, la hausse thermique provient du courant côtier saisonnier chaud « El Niño » qui engendre de fortes averses sur le pays.

Dans la zone de Grand Nord, le climat est de type désertique avec peu de précipitations. Les températures varient très peu durant l’année et restent aux alentours de 20 degrés. La zone côtière du nord du Chili est caractérisée par la présence de nébulosité abondante du nom de camanchaca. Par contre, dans l’intérieur des terres, l’oscillation thermique est relativement importante, l’humidité est nulle et il n’y a aucun nuage, ce qui a permis l’installation de grands observatoires astronomiques dans la région. Sur l’altiplano, la zone des hauts-plateaux, l’altitude provoque une chute des températures et on observe un climat steppique froid, caractérisé par de fortes pluies en été, période connue sous le nom d’hiver altiplanique. Dans la zone du Petit Nord chilien[LA1] , il s’agit d’un climat steppique chaud ou semi-aride qui fait la transition vers les climats plus froids du sud. Dans le Petit Nord, les précipitations hivernales sont irrégulières. De la vallée de l’Aconcagua jusqu’au sud du pays, le climat méditerranéen couvre toute la zone centrale sauf sur les sommets de la Cordillère des Andes où le climat froid dû à l’altitude domine. Au Chili, les quatre saisons sont clairement définies. L’été est sec et chaud et l’hiver est froid et pluvieux. L’effet maritime régule le climat de la zone du littoral central. Les zones intérieures présentent une oscillation thermique importante car la Cordillère des Andes agit en tant que barrière climatique naturelle. A Santiago, la capitale, les températures en été vont de 20 à 36 degrés et en hiver, elles oscillent entre 8 et -8 degrés dans certaines communes.

Dans le sud, les pluies sont plus nombreuses. Entre l’Araucania et la zone d’Aysen, le climat est maritime pluvieux. Dans la zone australe, le climat est steppique froid avec une grande amplitude thermique, peu de pluies et des températures basses en hiver qui engendrent la présence de neige. Sur le territoire chilien antarctique, le climat est polaire. Dans la zone du Chili insulaire, le climat est influencé par les courants froids de l’océan. L’île de Pâques présente, quant à elle, un climat subtropical avec des pluies régulières pendant toute l’année.

La faune et la flore du Chili

Le développement de la vie et la formation des divers écosystèmes sont conditionnés par le climat et le relief du pays.

Un des animaux principaux du Chili est bien entendu le condor andin, évoluant tout au long de la Cordillère des Andes. Ce rapace, déclaré monument naturel en 2006, est d’ailleurs présent sur le blason du Chili, accompagné du huemul, plus communément appelé le cerf du sud andin.

Flamand rose chilien

Le parc national des flamants, de plus 740 Km2, géré par la CONAF, abrite et protège plusieurs dizaines de milliers de flamands chiliens (Phoenicopterus chilensis)

La végétation dans la zone du Grand Nord est relativement peu abondante et ce, à cause du climat aride de la région du désert d’Atacama et l’absence de pluies. Toutefois, plusieurs espèces d’arbres adaptés à ces conditions climatiques extrêmes, dominent la région : l’algarrobo, le chañar, le poivrier sauvage et le taramugo ainsi que diverses espèces de cactus. Dans la zone des hauts-plateaux, la végétation se fait plus importante et on trouve, par exemple, la queñua, un petit arbre à l’écorce brun-rouge, et la yareta, une plante à fleurs présente dans la puna des Andes. L’altiplano est principalement habité par des animaux de la famille des camélidés sud-américains tels que l’alpaca, le guanaco, le lama et la vigogne. D’autres espèces peuplent également cette zone : les chinchillas, les viscaches et trois types de flamands roses.

Dans la zone du Petit Nord chilien, caractérisée par de fortes averses et précipitations, a lieu un phénomène unique au monde connu sous le nom de « désert fleuri » durant lequel les terres arides se couvrent de fleurs diverses telles que l’añacuna, une magnifique fleur de couleur blanche ou rose. Entre le désert d’Atacama et la région de Coquimbo, la végétation devient plus foisonnante. Dans cette zone, on trouve plusieurs espèces de plantes propres au climat méditerranéen comme le boldo, l’acacia caven et le quillaja saponaria. Le long du littoral de cette région, on retrouve les forêts tempérées valdiviennes qui forment une éco-région terrestre appartenant au biome des forêts de feuillus et mixtes tempérées de l’éco-zone néo-tropicale.

Dans la zone centrale du Chili s’étend une région de bois sclérofiles, une végétation propre au Chili, entre la région de Valparaiso et la région de BioBio, caractérisée par des espèces de plantes et d’arbustes pérennes       qui résistent aux sécheresses du climat méditerranéen. L’expansion des zones urbaines, l’exploitation agricole des terres ainsi que les incendies récurrents ont dégradé cette formation végétale. On distingue, sur ce territoire, des espèces caractéristiques telles que l’arrayan, le boldo, le litre, le maiten, le matico, le cocotier du Chili et le roble. Les représentants de la faune native de cette région sont le ragondin, le renard culpeo, l’ibis à cou blanc, le diuca gris, le conure de Patagonie, le vanneau téro et des oiseaux du genre turdus.

Dans la zone sud, la végétation qui compose les forêts valdiviennes devient plus épaisse. C’est dans cet environnement que l’on peut admirer des espèces végétales caractéristiques du Chili comme, par exemple, le copihue, fleur nationale du pays depuis 1977, le goyavier du Chili de la famille des myrtes, divers types de fougères et de cyprès ainsi que l’Araucaria du Chili, déclaré monument naturel depuis les années 70 mais menacé de disparition. Dans le sud, le voyageur pourra également découvrir des arbres natifs du Chili tels que les noisetiers chiliens, les laurels ou les manios. La substitution des zones de bois natifs par des plantations d’eucalyptus et de pins constitue un des problèmes environnementaux majeurs du pays. Le principal carnivore du sud du Chili est le puma mais on trouve également d’autres animaux tels que les cygnes, des chats de pampas ou colocolo, des grandes souris « monitos del monte » (uniquement présentes au Chili et en Argentine) ou encore des pudus du sud, le cervidé le plus petit au monde.

Au sein de la zone australe du Chili, il existe des zones de bois à feuillage persistant ou sempervirent, semblables aux forêts valdiviennes, dont le Cyprès de las Guaitecas, aujourd’hui quasiment disparu. Dans l’intérieur de cette zone, on retrouve des bois caducs, principalement des hêtres de la Terre de Feu et des formations steppiques. Dans l’extrême-sud, la végétation devient plus rare et seuls quelques arbres prédominent tels que le canelo ou canelle de Magellan, le hêtre de Magellan ou encore le ñire. Les guanacos, les nandous, différentes espèces de tatous, les pumas et les renards dominent la partie australe du Chili.

La flore et la faune du Chili insulaire regorgent de trésors végétaux uniques au monde. Ainsi, l’Ile de Pâques et l’Ile de Juan Fernandez sont caractérisées par une flore typique et sylvestre foisonnante et particulière qui réunit, pour chacune d’entre-elles, des centaines d’espèces. Ces deux régions possèdent également une faune endémique (propre au pays et que l’on ne trouve nulle part ailleurs).

Le territoire antarctique chilien est presque totalement couvert par les glaces, on ne retrouve guère une grande diversité végétale, à part des formations de lichens et de mousses. Mais lorsque l’on se rapproche du littoral, la faune est par contre nombreuse et d’une richesse exceptionnelle. Sur tout le littoral chilien, les variétés de loups de mer, d’oiseaux tels que les albatros, les cormorans, les mouettes ou encore les pélicans abondent. En outre, le long du territoire chilien vivent dix espèces de pingouins ainsi que des cétacés comme les dauphins au large de Coquimbo ou les baleines de Magellan. Les fonds marins du Chili regorgent d’une multitude de fruits de mer, caractéristiques d’une partie importante de la gastronomie nationale : palourdes, mollusques, huitres, coquillages, etc. Le Chili compte également une ample gamme de poissons tels que les anchois, les congres, les chinchards, les lenguados et les merlus. Les fleuves chiliens sont par ailleurs peuplés de carpes, de saumons et de truites.

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Premiers peuples du Chili et histoire

yagans

Indiens Yagans, habitants de la Terre de Feu (Chili et Argentine)

Le Chili, bien avant la Conquête espagnole au 16e siècle, a été habité par plusieurs peuples indigènes amérindiens et un peuple indigène polynésien. Certaines de ces ethnies ont subsisté jusqu’à nos jours tandis que d’autres ont complètement disparu ou ont été fortement réduites car leurs membres ont au fur et à mesure abandonné les traditions originelles et se sont intégrés à la culture dominante. Certaines cultures se sont tout bonnement éteintes à cause des maladies apportés par les Européens, des guerres et de la violence des colons.

Actuellement, l’Etat chilien reconnaît l’existence de neuf peuples aborigènes qui équivalent, dans leur totalité, à 4,58% de la population du pays. Les Mapuches sont Le principal peuple indien existant toujours au Chili, suivis des peuples Aimaras, Atacamas, Quechuas, Rapanuis, Kaweskars, Kollas/Likan Antai, Diaguitas et Yagans. Parmi les peuples éteints et aujourd’hui disparus, on compte le peuple Caucahue, Chango, Picunche, Cunco, Chono, Aonikenk, et Selknam.

Le développement des diverses cultures sur le territoire chilien actuel ne fut pas homogène. Ainsi, selon les régions, l’ancienneté des ethnies varie. Par exemple, dans la région de Los Lagos, on a retrouvé des vestiges de populations indigènes d’environ 12.500 ans d’ancienneté, dans le nord, de 12.000 ans et dans la zone centrale, de 11.000 ans. Les communautés indigènes habitant la zone territoriale actuelle du Chili pratiquaient l’agriculture, principalement les populations de l’Atacama, la chasse, la collecte de fruits et de légumes mais aussi la pêche, comme les groupes de Changos sur la côte. Vers 1.500 avant J-C, les indigènes des hauts-plateaux andins inventèrent le couteau mais également les armes ainsi que des ustensiles comme le pot qui leur servait à broyer les légumes et végétaux récoltés. Les indiens des Andes se déplacèrent vers la côte en suivant la migration des guanacos et peuplèrent les plaines intérieures. Sur le littoral, ils inventèrent d’autres armes pour la chasse marine telles que les couteaux d’os, les harpons et les hameçons d’os. Sur le bord côtier, les indigènes se mirent également à récolter les fruits de mer, à vivre de la pêche et de la chasse aux loups de mer. Dans les Andes, les autres communautés non émigrées élevèrent les différents types de lamas dont elles tissaient la laine et mangeaient la viande. Les recensements de population indigène n’ont été à être réalisés qu’à partir des débuts du 20e siècle. Ainsi, en 1907, le Chili comptait près de 102.000 membres de tribus indigènes, exceptées les communautés de Rapa Nui et des terres australes, dans tout le Chili – un peu plus de 3% des 3,2 millions d’habitants de cette année – concentrés principalement dans les provinces de Cautin et de Valdivia. Toutefois, le dénombrement des populations indigènes de 2012 indique qu’il y avait, à l’époque 1,71 million de personnes se revendiquant d’ethnie indigène, ce qui constitue une hausse de 147% par rapport aux dix dernières années. Environ 84% des indigènes recensés au Chili sont mapuches. La plupart d’entre eux vivent actuellement dans la région métropolitaine de Santiago. Au total, 11% de la population chilienne en 2012 était d’origine indienne, précisent les sondages. La deuxième ethnie la plus représentée au Chili est l’ethnie aymara qui correspond à 6,25% de la population chilienne. En dix ans, depuis le recensement de 2002, la population indigène a fortement augmenté et est passée de 692.000 membres à 1.714.677 personnes. Les raisons de cette hausse se doivent principalement à la considération des individus de moins de 5 ans dans l’enquête de 2012. Toutefois, la reconnaissance officielle en 2006 de l’ethnie diaguita a poussé de nombreuses personnes à se déclarer comme appartenant à cette ethnie, au total 45.324, alors que les Diaguitas étaient auparavant considérés comme une catégorie archéologique disparue. Enfin, dans ce dernier recensement, la population aymara au Chili est également fortement en augmentation.

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Origine du Chili et histoire de la Conquête espagnole

L’origine du toponyme « Chili » a été sujette à polémique et a été fortement discutée depuis la moitié du 17e siècle. Même si les racines de ce mot ne sont pas connues avec certitude, plusieurs références indiquent que, bien avant la découverte, des Amériques, les terres situées au sud du désert de l’Atacama étaient déjà dénommées « Chili » dans la nomenclature indigène. Les gouverneurs de la couronne espagnole, une fois installés dans ces régions, continuèrent à employer le mot « Chili » ou « vallée du Chili ».

Toutefois, pendant les siècles qui ont suivi, plusieurs auteurs nationaux et étrangers ont émis plusieurs hypothèses indigènes pour ce mot.

Dans un premier temps, il faut souligner que plus d’un siècle avant l’arrivée des conquistadores, le mot « Chili » était connu des cultures précolombiennes qui peuplaient le nord-est de l’Argentine. Une des références les plus anciennes du mot « Chili » est celle de l’écrivain et historien Inca Garcilaso de la Vega qui, lors de l’évocation d’une rencontre, au début du 15e siècle, entre des indigènes issus de Tucuman et de l’Inca Viracocha, parle d’un grand royaume nommé Chili, peuplé d’un nombre important de personnes. Les ambassadeurs du royaume de Tucma firent connaître à l’inca l’existence de ce royaume avec lequel ils n’entretenaient pas de relations commerciales car ils étaient séparés par une grande cordillère enneigée.

Ensuite, entre 1480 et 1485, Tupac Yupanqui, grand général inca qui permit l’extension de l’empire inca, réalisa une expédition afin d’incorporer la moitié nord du Chili jusqu’au fleuve Maule. Le chroniqueur et religieux Diego de Rosales, évoque cette conquête du Chili par Yupanqui qui utilise déjà le mot « Chili ». Plus tard, à la fin de l’Empire inca, en 1533, les conquistadores espagnols essayèrent de s’emparer des terres de la « vallée du Chili ». En 1535, Diego de Almagro, réalisa une expédition dans le sud du Chili afin de découvrir les riches terres, selon les indiens, du détroit de Magellan. Les historiens du 16e siècle, lorsqu’ils parlent de cet épisode, confirment l’emploi du mot « Chili ». Cette expédition fut un échec et à leur retour, de Almagro et ses hommes durent déclarer devant le procureur de Lima en 1537. C’est à cette époque que le «mot « Chili » apparaît pour la première fois dans des écrits officiels.

Cinq hypothèses sur les origines du mot « Chili » existent.

Tout d’abord, le mot « Chili » serait issu du mot quechua « chiri » qui signifie « froid ». Cette supposition apparaît au 17e dans les textes du chroniqueur et historien Agustin de Zarate. Par la suite, plusieurs autres historiens ont confirmé cette théorie. Ces derniers ont expliqué que le qualificatif « froid » avait été apposé au pays en raison des vents glacés qui descendent des versants enneigés en hiver vers les régions du sud. Cependant, des scientifiques français de l’époque ont réfuté cette hypothèse pointant du doigt que le climat chilien est également tempéré.

Selon l’historien du 17e siècle, Diego de Rosales, le mot « Chili » provient soit du cacique mapuche Tili, qui gouverna la vallée de l’Aconcagua avant l’arrivée des Espagnols, soit du quechua « chili » qui signifie « la fine fleur de la terre ». Une autre théorie datant du 18e siècle existe, celle de jésuites qui affirmèrent que le terme « Chile » est issu du mapuche « trile », un oiseau noir avec des taches jaunes endémique du Chili. Enfin, il existe l’hypothèse aymara qui date de la fin du 19e siècle lorsque l’historien Miguel Luis Amunategui affirma que le nom « Chili » provenait de cette ethnie. Selon Amunategui, « Chili » en aymara a une signification géographique c’est-à-dire qu’il s’agit du territoire compris entre les Andes et le Pacifique, à savoir « les confins du monde ».

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Histoire du Chili

Le peuplement du Chili a commencé environ 12.000 ans avant notre ère. Le site archéologique Monte Verde, près de Valdivia, est le premier témoignage de cette époque. Il fut découvert en 1978 et il s’agit du site historique le plus ancien du pays. D’autres sites archéologiques célèbres existent au Chili : dans le nord, le visiteur pourra découvrir les trésors culturels de San Pedro de Atacama, vieux de 10.000 ans avant notre ère et dans le centre, le site de Tagua-Tagua, qui remonte à 9.000 ans avant notre ère. Avant l’arrivée des Espagnols, environ un million d’indigènes vivaient dans les limites du territoire chilien actuel. Comme énoncé précédemment, la population indigène était composée de plusieurs ethnies qui n’eurent pas la possibilité d’atteindre un développement social important. Les ethnies du nord, du centre et du sud, qualifiées de tribus par les anthropologues, vivaient en groupes de quelques centaines d’individus et pratiquaient l’agriculture et le travail de la céramique. Toutefois, ces tribus ne possédaient pas d’organisation politique unifiée et ne connaissaient ni la vie urbaine ni l’écriture. Les tribus de l’extrême-sud du Chili se trouvaient à un stade encore moins évolué et vivaient en groupes plus restreints de 20 à 30 personnes. Elles pratiquaient la chasse qui leur permettait de s’alimenter ainsi que la pêche et la collecte et menaient une vie nomade.

Dans la région du nord désertique chilien, les premiers peuplements d’indigènes vivaient grâce aux ressources de l’océan Pacifique mais également en s’aventurant dans la Cordillère des Andes pour chasser les lamas. Le nom de la plupart des premières ethnies du Chili est inconnu. Toutefois, on a découvert des restes archéologiques d’une ancienne ethnie dans le secteur de Chinchorro, près de l’emplacement actuel la ville d’Arica. Plusieurs momies ont ainsi été mises à jour. Il s’agit des plus anciennes momies au monde. En effet, leur confection remonte bien avant celle des momies égyptiennes, aux alentours de 5.000 ans avant notre ère.

Vers 500 avant J-C apparaissent au Chili les premières tribus menant une vie sédentaire. Celles-ci élaboraient des constructions architectoniques, nommées pucaras, véritables fortifications pour se protéger des attaques externes. Ces tribus pratiquaient le travail de la céramique, cultivaient les haricots, la pomme de terre et le maïs. Certains de ces groupements d’indigènes furent fortement influencés par la culture bolivienne de Tiahuanaco. Par ailleurs, avant l’arrivée des conquistadores, ces populations furent dominées par l’empire inca du Pérou. Par la suite, les Espagnols les nommèrent indiens Atacamas mais les scientifiques ignorent leur nom d’origine. Dans le nord semi-désertique, plusieurs sociétés sédentaires sont apparues au début de notre ère, au sein des vallées transversales. L’ethnie principale qui habitait cette zone au moment de la conquête européenne est l’ethnie diaguita qui était établie également sur le territoire argentin actuel. Les indiens diaguitas travaillaient le cuivre et le bronze. L’organisation de leurs sépultures illustre un début de stratification sociale. Les Diaguitas étaient également en contact avec les Incas. Dans la région centrale du Chili, entre les emplacements actuels des villes de Santiago et de Concepción, des tribus s’installèrent aux alentours de 1100 après J-C. Dans toute cette zone vécurent différentes communautés apparentées culturellement et parlant des variantes linguistiques similaires. Dans l’aire de Santiago se trouvaient les Picunches, les Mapuches s’étaient établis dans la région de Bíobío, les Huilliches en peu plus au sud, là où se trouve actuellement Valdivia. Toutes ces communautés d’indiens exploitaient les terres et cultivaient les haricots, le maïs, les pommes de terre, le piment et le quinoa. Elles récoltaient également les fruits et chassaient les guanacos dans les Andes. Les Picunches construisaient des canaux d’irrigation et vivaient dans des hameaux de 300 personnes. Ils cultivaient en outre la terre en commun. Les Mapuches sont l’ethnie la plus connue du Chili. Les Espagnols ont laissé d’innombrables descriptions de leur rencontre avec les indiens mapuches qu’ils nommèrent les « Araucans ». Les Mapuches vivaient dans une région du Chili caractérisée par l’abondance d’eau et par les forêts. Ces indiens guerriers n’ont jamais été dominés par les Incas. Ils vivaient également de l’agriculture, de la collecte de fruits et de légumes et de la chasse. Leur nombre atteignait 300.000 individus qui étaient répartis en petites communautés de 100 à 200 personnes dans des maisons appelées « rucas » qui abritaient plusieurs familles. Le Lonko était le chef du regroupement familiale. Il possédait un certain prestige mais il n’était pas supérieur socialement car il n’y avait pas chez les Mapuches de système de propriété privée. Le Lonko était chargé d’organiser les tâches collectives et de gérer les conflits. Un peu plus au sud de la région mapuche, la zone de l’extrême-sud chilien était peuplée par les indiens pehuenches, puelches et tehuelches. Ces derniers habitaient la précordillère des Andes et la cordillère des Andes, ils vivaient en groupes et pratiquaient la chasse au guanaco et la collecte de fruits et légumes. Ils n’ont jamais connu l’art de la céramique ni l’agriculture et ce, même s’ils étaient proches de la zone où vivaient les Mapuches. Enfin, dans l’extrême-sud chilien, vivaient les indiens kaweskars et yagans. Ces indigènes nomades se déplaçaient entre les nombreuses îles d’Aysen et du détroit de Magellan. Ils pratiquaient la pêche et la chasse d’animaux marins. Enfin, en Terre de Feu, vivaient les indiens onas et selknam, également chasseurs.

L’implantation espagnole et la conquête des territoires du Chili actuel ont eu lieu au 16e siècle. En 1536, les conquistadores entrèrent en contact pour la première fois avec les indigènes. Les colons qui descendaient du Pérou, étaient dirigés par Diego de Almagro qui avait pris part à la conquête de l’empire inca. Cet épisode est connu sous le nom de « découverte de l’Amérique » et ce, même si plusieurs historiens considèrent qu’il s’agit davantage de la découverte du détroit de Magellan. En effet, Almagro, navigateur portugais au service de la couronne espagnole, découvrit l’extrême-sud chilien en 1520 lorsqu’il réalisait le tour du monde. Le passage dans les régions chiliennes de Diego de Almagro n’eut pas de conséquences majeures car lui et ses soldats se limitèrent à parcourir le nord et le centre du pays sans fonder aucune ville et retournèrent ensuite au Pérou car ils n’avaient pas trouvé d’or. Quelques années plus tard, en 1541, une deuxième expédition, partie également du Pérou, accosta les côtes chiliennes. A son bord, les capitaines Pedro de Valdivia et Francisco Pizarro avaient pour but de conquérir le territoire chilien pour le gouverner. Ils fondèrent plusieurs villes : Santiago en 1541, La Serena en 1544, Concepción en 1550, Valdivia en 1552 et Osorno en 1553. Le port de Valparaiso, anciennement premier port du Pays (aujourd’hui c’est San Antonio qui détient la première place), n’a pas de date officielle de fondation. Toutefois, l’endroit fut découvert en 1536 par Diego de Almagro.

L’expédition de Valdivia se heurta à une résistance indigène de poids. Les Espagnols réussirent cependant à résister aux attaques des natifs dans la région de Santiago. Par contre, dans le sud, les Mapuches s’opposèrent farouchement aux conquistadores. En 1553, les Mapuches vainquirent les troupes espagnoles, ce qui leur permit de capturer Pedro de Valdivia et de l’exécuter. Il s’agit de la première exécution d’un chef de la Conquête espagnole de la part d’indigènes en Amérique latine. La résistance des Mapuches continua de plus belle et les Espagnols furent à nouveau vaincu en 1598 durant la bataille de Curalaba, lors de laquelle le gouverneur Garcia Oñez de Loyola fut capturé et tué. Par la suite, plusieurs villes du sud, entre autres Valdivia et Osorno, furent détruites par les indiens. Cette domination des Mapuches changea la configuration du Chili : les Espagnols dominaient le sud et centre-sud, tandis que les indigènes contrôlaient la zone comprise de Bíobío à la ville de Puerto Montt. Cette situation perdurera pendant toute l’époque coloniale et s’étendra plusieurs années après l’indépendance du pays. Les combats entre Mapuches et Espagnols vont durer jusqu’à la fin du 19e siècle. En 1557, l’Espagne prit possession de l’entièreté du territoire chilien. Dans un premier temps, le Chili fut une dépendance de la vice-royauté du Pérou avant de posséder son propre gouverneur ainsi qu’un tribunal royal. Le développement du pays fut lent et ce, car l’or était absent du pays tout l’argent et les Espagnols ne furent pas particulièrement attirés par les ressources du pays. D’autre part, le Chili était éloigné des centres de colonisation péruviens et l’accès était compliqué. L’agriculture constituait la seule activité des colons, leur permettant l’envoi d’aliments vers la Pérou, principalement du blé.

Les premières velléités nationalistes d’indépendance ont fait leur apparition au 18e siècle. A cette époque, deux mouvements politiques principaux se développèrent : les Réalistes, forces dépendant de la Couronne espagnole d’un côté et les Patriotes, revendiquant l’indépendance du pays, de l’autre. Les combats menèrent à une première victoire des Patriotes en 1810 qui marquera la rupture, comme dans d’autres colonies espagnoles, de tout lien politique avec l’Espagne. Santiago destitua le gouverneur colonial dont elle délégua les pouvoirs à 7 personnes. Bien qu’officiellement indépendant par rapport à l’Espagne, le pouvoir en place au Chili continua à mener une guerre de guérilla avec les troupes espagnoles du Pérou qui entreprirent la Reconquête de 1814 à 1817. Le 4 juillet 1811, le premier Congrès national installe une junte révolutionnaire avec à sa tête, Bernardo O’Higgins. Les troupes chiliennes furent vaincues à Rancagua en 1814 mais elles bénéficièrent de l’appui l’argentin José de San Martin, général héros des indépendances sud-américaines. Ce dernier lança une attaque avec son armée des Andes contre le Chili. Le 12 février 1817, l’armée réaliste fut vaincue lors de la bataille de Chacabuco et les Espagnols perdirent le contrôle du nord du Chili. San Martin refusa le pouvoir et désigna O’Higgins en tant que Directeur Suprême. Le 12 février 1818, le Chili déclara son indépendance. Toutefois, les forces réalistes conservaient le contrôle d’une grande partie du sud. Celles-ci ne furent chassées définitivement du pays qu’en 1826. O’Higgins dirigea alors le pays tel un dictateur, ce qui l’obligea à renoncer au pouvoir face à l’hostilité populaire. La république, instaurée grâce à une constitution libérale, fut proclamée lors de l’accession au pouvoir de Ramon Freire, militaire qui avait pris part à la guerre d’indépendance du Chili. Toutefois, la rivalité entre les différents partis politiques installa un climat d’anarchie jusqu’en 1830. Le général Joaquin Prieto, à la tête des conservateurs, organisa une révolte qui lui permit d’accéder au pouvoir. En 1831, Prieto fut nommé président mais le personnage principal du gouvernement fut Diego Portales. Portales, conservateur considéré par certains comme l’organisateur et le père de la République, par d’autres comme un dictateur au pouvoir tyrannique, occupa plusieurs postes de ministres. Une nouvelle constitution qui conférait d’importants pouvoirs à l’exécutif fut adoptée en 1833. A plusieurs reprises, les forces libérales durent capituler face aux conservateurs (1835, 1853 et 1859).

Sous le gouvernement conservateur, la politique extérieure du Chili a été marquée par une série de conflits antérieurs non-résolus avec les pays voisins, en premier lieu avec le Pérou et la Bolivie en 1839 lors de la bataille de Yungay et ensuite, avec l’Argentine, en 1843. Ce conflit dura jusqu’en 1881, date à laquelle un traité fut signé et concéda une moitié de la Terre de Feu au Chili. Par la suite, le pays va exploiter les riches gisements de nitrates du désert d’Atacama. Le Chili fit face à cette époque aux prétentions de la Bolivie sur ce territoire et entra en guerre avec cette dernière en février 1879 et envahit la ville portuaire bolivienne de Antofagasta. Deux mois plus tard, ce fut au tour du Pérou de déclarer la guerre au Chili, ce qui conduisit à la Guerre du Pacifique. Le Chili gagna ce conflit et agrandit considérablement son territoire grâce à une annexion de la province bolivienne d’Antofagasta et de la province péruvienne de Tarapaca. Le Pérou céda également la ville de Tacna et Arica à condition d’organiser un referendum dix ans plus tard. Les deux pays signèrent ainsi un traité avec les clauses suivantes qui organisaient la division du territoire : Tacna restait en possession du Pérou et Arica revenait au Chili.

En 1891, une alliance entre les forces politiques du pays et le clergé catholique se rebella contre le gouvernement du président José Manuel Balmaceda, chef du Parti Libéral. Le pays entra dans une période guerre civile qui dura un an. Sous le commandement du capitaine Jorge Montt, officiel de la marine, les rebelles s’emparèrent de la flotte chilienne et des riches provinces du nord. En août, ils renversèrent l’armée gouvernementale dans la région de Valparaiso. La ville tomba aux mains des rebelles, tout comme Santiago. Cette capitulation marquera la fin d’une guerre civile qui fit plus de 10.000 victimes et généra des dépenses considérables. En septembre 1891, Balmaceda se suicida. Une des conséquences de ce conflit est l’évolution du régime politique chilien vers un système parlementaire avec davantage de pouvoirs accordés aux Congrès. Peu après, Montt candidat présidentiel pour une convention libéral-radical qui n’appartenait à aucun parti politique accéda au pouvoir et le Chili entra dans un long processus de paix et de reconstruction. Soutenu par les conservateurs, Jorge Montt fut président de 1891 à 1896.

En août de l’année 1906, un énorme tremblement de terre détruisit presque complètement Valparaiso et plusieurs quartiers de la capitale. Le nombre de victimes s’éleva à plus de 3.000 personnes et plus de 100.000 logements furent détruits. Les libéraux s’imposèrent aux élections de 1920 et revinrent au pouvoir. Arturo Alessandri Palma du Parti Liberal, fut élu à plusieurs reprises président du Chili pendant une période de près de 20 ans. Avec des discours en faveur de la classe ouvrière, Alessandri effraya les secteurs les plus conservateurs de la société chilienne qui voyait, avec lui, ses intérêts menacés. Arturo Alessandri Palma est considéré comme l’un des hommes politiques les plus influents du Chili, notamment grâce à une série de réformes et à la Constitution de 1925 qui marquèrent la fin du régime parlementaire au Chili et instaurèrent un régime présidentiel. En 1924, des chefs militaires renversèrent Alessandri et rétablirent la dictature. Toutefois, ce nouveau pouvoir fut à nouveau vaincu au début de 1915. Alessandri revint à la présidence du pays mais son mandat dura moins d’un an. Après plusieurs coups d’Etat et changements de gouvernements, il fut réélu en 1932 grâce à l’appui des partis centristes et des partis de droite. Il conserva la présidence jusqu’en 1938. Auparavant, en 1936, un nouveau parti politique s’était créé au Chili : le Front Populaire constitué de composantes radicales, socialistes et communistes. Le Front Populaire s’impose aux élections de 1938 avec le candidat radical Pedro Aguirre Cerda. Son programme, inspiré par le New Deal nord-américain, qui mettait l’accent sur l’éducation et l’industrialisation du pays, fut interrompu par un tremblement de terre dévastateur à Chillan qui fit plus de 30.000 victimes. L’importance de cet évènement l’obligea à incorporer dans sa politique la reconstruction du pays et l’amélioration de l’infrastructure du centre-sud du pays. Durant le gouvernement d’Aguirre Cerda, les réfugiés de la Guerre Civile Espagnole s’exilèrent au Chili. Deux jours après le début de la Seconde Guerre mondiale, Ils arrivèrent à bord du navire Winnipeg à Valparaiso le 3 septembre 1939 grâce à l’initiative du poète chilien Pablo Neruda.

L’élection présidentielle de 1946 fut remportée par Gabriel Gonzalez Videla, chef du Parti Radical, soutenu par une coalition composée de radicaux et de communistes. Pour la première fois dans l’histoire du pays, trois communistes formeront partie du nouveau cabinet. Toutefois, cette coalition dura à peine six mois. Les communistes, régulièrement en désaccord avec les autres membres du gouvernement, se retirèrent du pouvoir en avril 1947. Quelques mois plus tard, le Chili rompait ses relations avec l’Union Soviétique. La situation devint critique et, en 1948, des centaines de communistes furent arrêtés en vertu de la Loi de Défense Permanente de la Démocratie, surnommée également « Ley maldita » (Loi maudite) qui avait pour finalité d’interdire toute participation politique du Parti Communiste du Chili. Les raisons de la promulgation de cette loi ne sont pas claires. Les historiens n’ont pas d’explications arrêtées. Selon plusieurs voix, le Parti Communiste ne put établir de relation claire entre sa nouvelle position au sein du gouvernement et sa politique traditionnelle d’agitation sociale. Ainsi, des fonctionnaires du gouvernement, militants communistes, étaient régulièrement amenés à approuver la hausse des prix que le parti rejetait par la suite au travers de violentes manifestations. Une révolte militaire fomentée par l’ancien président, Carlos Ibañez del Campo, général et homme politique chilien, fut réprimée et la période qui suivit fut très agitée socialement. En 1951, presque tous les secteurs de l’économie chilienne étaient en grève. L’année suivante, le peuple manifesta son hostilité aux partis traditionnels et élit finalement le général Carlos Ibañez, soutenu par le Parti agraire-travailleur. En 1958, Jorge Alessandri Rodriguez, ancien sénateur et fils d’Arturo Alessandri Palma, fut élu président. A la tête d’une coalition de libéraux et de conservateurs, son programme était orienté en faveur de la libre entreprise et des investissements étrangers. L’élection de 1964 fut gagnée par le candidat démocrate-chrétien Eduardo Frei Montalva. Ce dernier entreprit des réformes importantes telles que la nationalisation partielle des mines de cuivres et la réforme agraire pour des propriétés de plus de 80 hectares, mal exploitées ou abandonnées. Ces réformes provoquèrent le mécontentement de la gauche comme de la droite et générèrent une violente opposition politique. Pour la droite conservatrice, les réformes tendaient à les dépouiller tandis que la gauche les considérait trop légères. Alors que l’élection présidentielle de 1970 se rapprochait, l’opposition de gauche s’unit pour former l’Unité Populaire et désigna à Salvador Allende Gossens comme candidat. Celui-ci fonda sa campagne sur un programme qui promettait la nationalisation de toutes les industries de base, des banques et du secteur des communications. Allende récolta 37% des votes ainsi que le soutien du Congrès face à la droite et à Alessandri. Allende devint ainsi le premier président élu grâce à un programme socialiste dans un pays non communiste. Une fois en fonction, il mit en application rapidement les promesses tenues durant sa campagne et le Chili devint un Etat socialiste. Une partie importante de l’économie passa sous contrôle de l’Etat. Les mines, les banques étrangères et les entreprises furent nationalisées. Allende accéléra la réforme agraire et des conseils paysans furent créés. Par ailleurs, les salaires furent augmentés, les richesses redistribuées et les prix contrôlés. Toutefois, l’opposition ne resta pas les mains croisées et à partir de 1972, elle diffusa des rumeurs afin d’effrayer l’opinion public. Les conditions se détériorèrent à partir de 1973 : l’inflation galopante, la pénurie alimentaire due aux restrictions des crédits étrangers. Les nombreuses grèves et la violence politique menèrent le Chili au bord du chaos. Outre cette opposition interne, les Etats-Unis, insatisfaits quant au nouveau pouvoir en place, pratiquèrent un blocage économique du pays et fomentèrent le coup d’Etat de Pinochet.

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Le dictateur Augusto José Ramón Pinochet Ugarte

Le 11 septembre 1973, les militaires prirent le pouvoir et le président Allende fut tué pendant l’assaut du palais présidentiel La Moneda. Le général Augusto Pinochet Ugarte prit la tête du pays et se proclama en 1974, chef suprême de la nation. Il changea ensuite la Constitution et dissolu le Parlement. Une censure totale fut alors appliquée et tous les partis politiques furent interdis. Une campagne de terreur s’installa dans le pays contre les mouvements de gauche et la répression fut d’une violence inouïe. Des milliers de personnes furent détenues, exécutées ou torturées. Beaucoup de Chiliens s’exilèrent alors que d’autres disparaissaient ou étaient emprisonnés. Le 5 octobre 1988, Pinochet organisa un plébiscite en vue de reconduire son mandat après mars 1989 jusqu’en 1997. Le « non » populaire s’imposa avec 55% des votes. Toutefois, Pinochet annonça son intention de gouverner jusqu’en mars 1990. Mais, en décembre 1989, un scrutin fut organisé et ce, après 19 ans sans aucune élection présidentielle et c’est le candidat démocrate-chrétien, Patricio Aylwin qui fut élu.

Alors qu’Augusto Pinochet restait au commandement des forces armées, le président Aylwin nomma en avril 1990, une commission d’enquête pour la vérité et la réconciliation concernant les violations des droits de l’homme durant la dictature militaire. Les réformes économiques d’Aylwin augmentèrent la croissance et instaurèrent l’intégration sociale. Le pays s’ouvrit à l’extérieur en multipliant les exportations, en particulier vers les Etats-Unis, grâce à un accord bilatéral de commerce et d’investissements.

Lors de l’élection présidentielle de 1993, c’est le candidat démocrate-chrétien de la Concertation Nationale pour la Démocratie, Eduardo Frei Ruiz-Tagle, fils de l’ancien président Eduardo Frei Montalva, qui s’imposa devant le candidat de centre-droite, Arturo Alessandri. Le gouvernement chilien dut faire face à une montée de la pauvreté dans certains secteurs de la population et une hausse de la violence et l’insécurité urbaine. En 1996, le pays devint membre associé du Mercosur, le marché commun du Sud, communauté économique regroupant plusieurs pays d’Amérique du Sud.

La coalition au pouvoir, composée de démocrates-chrétiens et de sociaux-démocrates, rassembla la majorité des suffrages aux élections municipales de 1996 et aux élections législatives de 1997. Le 10 mars 1998, le général Pinochet abandonna les forces armées et occupa un poste de sénateur à vie (loi décidée par lui-même). Une grave crise interne eut lieu à cause de la détention de Pinochet par la police britannique, le 16 octobre 1998. Le juge espagnol Baltazar Garzon réclama l’extradition en Espagne de l’ancien chef de la junte militaire pour qu’il soit jugé pour les délits de « génocide », de « tortures » et de « disparitions » commis pendant la dictature. Différentes fait ont été révélés  au sujet du plan « Condor » qui coordonnait l’action répressive, pendant les dictatures, contre les opposants en Argentine, au Paraguay et en Uruguay. Dix-sept mois plus tard, le ministre britannique Jack Straw refusa l’extradition de Pinochet vers l’Espagne. Ce dernier put ainsi retourner en 2000 au Chili sans jugement aucun. Augusto Pinochet mourut en décembre 2006.

En janvier 2000, Ricardo Lagos, candidat de la Concertation Démocratique, coalition de centre-gauche au pouvoir depuis dix ans, remporta les élections présidentielles. Il fut le premier président socialiste au pouvoir après Salvador Allende. Lagos promit de focaliser l’action de son gouvernement sur les droits de l’homme. En mars 2006, c’est la socialiste Michelle Bachelet qui gagna les élections. Par la suite, le candidat de centre-droite du parti Rénovation Nationale, Sebastian Piñera assuma le poste de président en mars 2010, la droite n’avait plus été au pouvoir depuis trente ans. Enfin, Michelle Bachelet est cependant revenue au pouvoir grâce à sa victoire aux dernières élections présidentielles de 2013.

Immigration et constitution démographique du Chili

Les principaux mouvements migratoires au sein du Chili ont eu lieu au 19e et 20e siècle. Les immigrants du Chili proviennent surtout d’Europe mais également d’Amérique Latine, du Proche-Orient et d’Asie.

Toutefois, les premiers mouvements migratoires sont évidemment apparus au Chili au 16e et 17e siècle avec l’arrivée des conquistadores espagnols, principalement d’Estrémadure et de Castille. En outre, des petits groupes d’esclaves d’origine africaine qui accompagnaient les colons sont également arrivés dans le pays. Ils représentaient, au début du 19e siècle, environ 1,5% de la population nationale. Plus tard, les « pardos » (terme portugais péjoratif utilisés lors des colonies espagnoles et portugaises pour désigner les descendants des esclaves africains qui se mélangèrent avec les Européens et les Amérindiens pour une former communauté qui n’était ni métisse ni mulâtre) ont été absorbés complètement dans la population. Beaucoup de ces descendants ont suivi l’Armée libératrice du Pérou de José San Martin au 19e siècle et ont été totalement assimilés, cessant d’exister en tant qu’ethnie différenciée. Durant le 18e siècle, des Espagnols d’origine basque sont arrivés au Chili.

Au 19e siècle, on assista à d’importants mouvements migratoires colonisateurs provenant d’Europe, soutenus par le gouvernement chilien, principalement d’Allemagne, du Royaume-Uni, d’Irlande, de Croatie, de France, de Grèce, des Pays-Bas, d’Italie et de Suisse. Les familles britanniques et françaises ont pratiqué, dès le début, un commerce de textiles et de meubles. Des soldats européens (français, anglais, irlandais et italiens) et des commerçants vinrent également aider le Chili dans sa lutte pour l’indépendance.

Le commerce maritime avec la France, l’Angleterre et l’Italie joua également un rôle dans l’immigration du pays. Durant le 20e siècle, ce sont surtout les Palestiniens qui émigrèrent au Chili. Le pays abrite d’ailleurs la plus grande colonie palestinienne au monde en-dehors du Moyen-Orient. Enfin, beaucoup d’Espagnols qui fuyaient la Guerre Civile Espagnole arrivèrent au début du 20e siècle. En mai 1953, le président Carlos Ibañez Campos créa le Département de l’Immigration.

De nos jours, la plupart des immigrants au Chili sont d’origine latino-américaine, principalement des pays limitrophes. On constate depuis plusieurs années une nouvelle immigration provenant d’Asie. Les raisons et les origines de ces mouvements migratoires sont diverses. En 2004, l’immigration latino-américaine au Chili, en provenance principalement du Pérou, de l’Argentine, de la Bolivie, de l’Equateur et de la Colombie, a augmenté de 50%.

Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), en 2008, il y avait 415.000 étrangers légalisés au Chili, soit 2,1% de la population nationale. Par ailleurs, selon un rapport récent de l’ONU, le Chili est le pays d’Amérique du Sud où le nombre d’immigrants a le plus cru entre 1990 et 2013. Il est à noter qu’une des principales motivations de l’immigration au Chili réside dans l’importante croissance économique du pays des dernières années.

En ce qui concerne les réactions des Chiliens face à l’immigration, elles sont diverses et similaires à celles observées dans d’autres pays. Ainsi, pour certains groupes de personnes, la croissance des flux migratoires représentent un problème. Cette opinion est véhiculée par la croyance populaire selon laquelle l’immigration restreint les opportunités d’emploi de la population nationale. Durant les dernières années et notamment en 2013, plusieurs attaques à caractère raciste envers des citoyens colombiens ou péruviens résidant dans le pays ont été recensées. Toutefois, il est nécessaire de signaler que le Chili compte bon nombre de groupes et d’associations qui estiment que l’immigration constitue un avantage car elle permet la diversification du pays. En outre, ces mouvements militent en faveur d’une vision de l’immigration tel un processus démographique naturel et prônent la fraternité entre les peuples sud-américains.

Par rapport à l’immigration européenne du Chili, il est intéressant de souligner certaines de ses caractéristiques. Contrairement à ce que s’est passé avec les immigrants du continent latino-américain qui se sont fortement assimilés aux citoyens chiliens, les communautés européennes immigrées se sont maintenues en tant que telles et ont formé des colonies sectorisées. Le mot « colonie » est d’ailleurs encore fréquemment employé pour désigner certaines de ces populations. Par exemple, la colonie germanique sont massivement présentes dans la dixième région, la Région des Lacs, les populations croates se retrouvent principalement à Antofagasta et dans la Région de Magallanes et enfin les Britanniques, dans la capitale.

L’immigration allemande a commencé grâce à la « Loi d’immigration sélective » de 1845 qui avait pour finalité de recruter des immigrants d’origine allemande d’un niveau socioculturel moyen et élevé pour coloniser les régions du sud du Chili situées entre les villes de Valdivia et de Puerto Montt. Les communautés allemandes comprenant quelques 6.000 familles purent réactiver l’économie nationale et changèrent complètement la physionomie du sud du Chili. Par ailleurs, la culture allemande eut une grande influence au sein de l’armée chilienne qui adopta de fait la tradition militaire prussienne après la guerre civile de 1891. Pendant la Seconde Guerre mondiale, beaucoup de juifs allemands, fuyant l’Holocauste, vinrent trouver refuge au Chili. C’est le cas des parents du célèbre animateur de la télévision chilienne, Mario Mario Kreutzberger. Parallèlement à ce phénomène, il existe des preuves concrètes qui montrent que plusieurs dirigeants de l’Allemagne nazie se sont également installés dans cette partie du territoire nationale chilien.

Une des immigrations les plus importantes au Chili est l’immigration croate qui représente actuellement environ 2% de la population nationale. Les premiers Croates sont arrivés au Chili à la moitié du 19e siècle car ils fuyaient les guerres mais aussi des maladies telles que la peste. Les communautés les plus nombreuses se trouvent dans la zone des villes d’Antofagasta au nord et de Punta Arenas au sud mais on retrouve également beaucoup de membres dans la capitale chilienne. Beaucoup de personnalités du Chili appartiennent à la communauté croate. C’est le cas de l’écrivain Antonio Skarmeta et du riche entrepreneur Andronico Luksic, aujourd’hui décédé. Citons également l’animatrice de télévision Tonka Tomicic ou encore l’acteur Mauricio Pesutic.

L’immigration grecque est également très présente au Chili. Les premiers immigrants sont arrivés durant le 16e siècle en provenance de Crète. Toutefois, la plupart des Grecs du Chili débarquent au début de 20e siècle, certains mus par un esprit d’aventure, d’autres car ils fuyaient la Première Guerre mondiale.

Les Anglais et les Irlandais mais aussi les Gallois et les Ecossais sont arrivés à l’époque de l’apogée de l’extraction du salpêtre à la fin du 19e siècle dans la région de Valparaiso. Actuellement, la colonie britannique est fortement dispersée sur le territoire chilien. Ses représentants ont atteint un niveau socio-économique généralement élevé tout comme les représentants de la communauté basque.

Les premiers représentants du Pays basque espagnol sont arrivés au Chili au 18e siècle. Du fait de leurs caractéristiques culturelles différentes de celles des Espagnols, ils constituèrent des colonies relativement hermétiques et il y a eu peu de métissages avec la population chilienne. On estime les Chiliens d’origine basque de cette époque à 100.000 membres. Parmi ceux-ci, citons par exemple, des hommes politiques et hommes d’affaires importants tels que Errázuriz, Etcheverry, Etchegaray, Echaurren ou encore Undurraga.

L’immigration française et suisse a eu lieu au 19e siècle dans une moindre mesure. L’immigration provenant de Suisse s’est principalement installée dans la 10e Région de l’Araucania. Entre 1882 et 1897, on estimait le nombre de Français vivant au Chili à plus de 8.000 personnes. Malgré le fait que cette colonie soit moins importante que les autres, elle s’est consolidée à travers les années dans le secteur de l’éducation. Nombreux sont les collèges de l’Alliance française dans le pays. Par ailleurs, plusieurs personnalités du pays sont d’origine française, c’est le cas de la présidente de la République du Chili, Michelle Bachelet, de l’écrivaine Marta Brunet, de l’écrivain et journaliste Enrique Lafourcade ou du joueur de tennis Paul Capdeville et de l’homme politique, ministre de l’Agriculture pendant le gouvernement de Salvador Allende, Jacques Chonchol.

L’influence de la colonie suisse est de moindre importance et ce, même si ses représentants sont nombreuses. Arrivés la fin du 19e siècle, les Suisses jouèrent certainement un rôle moins significatif au Chili car ils étaient souvent confondus avec les Français, les Italiens et les Allemands à cause de leurs caractéristiques linguistiques et culturelles communes.

Le Chili compte également une immigration russe composée de personnes qui n’adhéraient pas au régime communiste durant la Guerre civile russe. Les Chiliens d’origine russe sont peu nombreux. Outre les immigrants en provenance d’Europe occidentale, le Chili a également accueilli des personnes d’Europe de l’Est et du Caucase durant la première moitié du 20e siècle car celles-ci fuyaient les persécutions et génocides perpétrés pendant cette période. Les immigrants issus d’Europe de l’Est sont principalement des juifs polonais, hongrois, et de la République tchèque qui fuyaient les persécutions du nazisme entre 1930 et 1950. D’autres immigrants venant d’Arménie s’installeront au Chili pendant les premières décennies du 20e siècle.

D’autres immigrants sont issus du Moyen Orient, principalement de Palestine, de Syrie ou encore du Liban. Les Palestiniens sont les plus nombreux de cette immigration arabe et leur nombre dépasse même celui des immigrants italiens et allemands. Les Palestiniens sont arrivés au début du 20e siècle car ils tentaient d’échapper à l’Empire Ottoman. La communauté palestinienne, dont la plupart des membres sont des commerçants, a parfaitement intégré la classe moyenne chilienne. Les Palestiniens du Chili se sont installés principalement à Santiago, à la Calera, à San Felipe et à Los Andes. Aujourd’hui, la communauté palestinienne du pays possède une équipe de football qui évolue en premier division du championnat national.

Il existe également au Chili une immigration asiatique qui représente environ 3% de la population nationale. Ses représentants descendent des premiers immigrants asiatiques. La communauté chinoise est la plus récente, elle compte environ 10.000 membres. L’immigration asiatique est en plein essor au Chili. L’immigration chinoise a été facilitée par les importants accords commerciaux que le Chili établit avec la République Populaire de Chine. D’ailleurs, la majorité des exportations nationales sont destinées à la Chine. La communauté chinoise habite principalement Santiago, Arica et Iquique. Par ailleurs, le Chili compte également des Taiwanais arrivés dans les années 1950. Ces derniers vivent à Santiago, Antofagasta, Iquique et Conception et sont au nombre de 9.500 membres.

Des Japonais ont également émigré au Chili. De nos jours, selon l’ambassade du Japon, le Chili compterait environ 3.800 membres de cette communauté, complètement assimilés à la population nationale. Les Coréens, principalement du Sud, sont aux alentours de 3.000. Il s’agit d’une des communautés d’immigrants les plus hermétiques du Chili. Les Coréens se mélangent très peu au reste des Chiliens. Ils travaillent pour la plupart dans le secteur textile.

Enfin, le Chili possède également une immigration en provenance d’Inde, du Pakistan, et d’Afghanistan. Les communautés indienne et pakistanaise sont composées de peu de membres malgré une hausse récente. Ces deux groupes comptent environ 5.000 membres chacun.

La culture du Chili

Le Chili est situé dans la partie occidentale et méridionale de l’Amérique du Sud. Pays de contrastes et de variations géographiques, le pays, du nord au sud, est caractérisé par une ample diversité de paysages, d’écosystèmes et d’animaux. Le Chili possède une diversité géographique impressionnante : une côte de plusieurs milliers de kilomètres bordée par l’océan Pacifique, l’immense désert d’Atacama, les hauts plateaux andins, les steppes et les zones polaires.

Ces variations géographiques ont conditionné l’origine et le développement des principales expressions culturelles de la nation chilienne. Il est possible d’élaborer une sorte de carte géoculturelle, selon les particularités du paysage, du nord au sud, du folklore national. Dans le Grand Nord, à travers la musique andine, on découvre la formidable culture indigène des hauts-plateaux de la Cordillère des Andes. Dans cette région, le syncrétisme religieux d’origine colonial s’est transposé dans les danses religieuses, véritables vecteurs de la religiosité populaire. D’autre part, dans les régions désertiques de l’Atacama et de la pampa de Taramugal, est apparue une culture minière qui a été abordée et narrée dans plusieurs œuvres littéraires et musicales importantes telle que « Fils du Salpêtre », de l’écrivain Volodia Teitelboim et la Cantate de Santa Maria de Iquique du musicien Luis Advis qui relate le massacre des mineurs de l’Ecole Santa Maria d’Iquique en 1907 par le gouvernement. Il faut également souligner que la géographie physique et humaine du Chili a été une source d’inspiration pour ce que l’on nomme la « géographie poétique ». En effet, le Chili est davantage une nation de poètes que romanciers.

Le Petit Nord est également riche culturellement. On y distingue la céramique diaguita, les fêtes religieuses d’origine coloniale telles que la Vierge de la Chandeleur (Virgen de la Calendaria), originaire de Tenerife. En outre, la fertilité des vallées de cette zone, où nait le pisco, une eau-de-vie de raisins, boissons nationale au Chili, a été représentée dans les chants et dans la poésie. Toutefois, c’est dans la vallée centrale du Chili que la « chelinidad » ou « chilinité » est la plus présente. De nombreux contes et légendes de cette région reprennent plusieurs aspects de la culture populaire. On peut, en outre, découvrir des évocations de ces traditions populaires dans la cueca, la danse traditionnelle des huasos chiliens, l’équivalent du gaucho argentin ou du cowboy américain. Cette culture populaire du centre du Chili est également présente dans la gastronomie avec les empanadas (petit chausson (ou feuilleté) farci de viande, de poisson, d’œuf, de pomme de terre ou d’autres ingrédients), l’alcool la chicha ou encore dans l’ode et la passion pour le vin. Le rodéo, la rayuela ou marelle ou encore le cerf-volant sont les éléments culturelle ludiques qui caractérisent la campagne chilienne.

Plus au sud, dans la région de La Frontera, la culture est influencée par le contexte religieux des indiens Mapuches, présents dans ces lieux bien avant les colons espagnols. Leur production musicale est intense. Enfin, sur l’Ile de Chiloé, la géographie insulaire a permis de maintenir intactes de nombreux mythes et légendes de la culture religieuse locale. La Patagonie et l’Ile de Pâques, de par leur éloignement des autres régions, ont aussi conservé leurs identités locales qui font la richesse de la culture chilienne.

Outre l’influence originelle des communautés préhispaniques, la culture chilienne a été influencée par la conquête espagnole dès le 16e siècle. L’idiosyncrasie actuelle a subi des changements culturels importants avec l’arrivée des conquistadores, changements qui ont permis le développement de l’identité nationale. Par ailleurs, les premières œuvres littéraires sont apparues à cette époque et les croyances religieuses ont également été modifiées. Le Chili est passé durant cette période d’un système religieux polythéiste à un monothéisme et à un syncrétisme de croyances. La structure économique a également changé avec les premiers Espagnols ainsi que les habitudes alimentaires. Les Espagnols ont apporté avec eux l’élevage de cochons et de bovins et ont introduit l’usage du cheval qui deviendra la base de l’activité économique et militaire. Lorsque le Chili devient indépendant au 19e siècle, les délimitations territoriales évoluent vers celles que nous connaissons aujourd’hui. De nos jours, la culture chilienne est un ensemble de traditions, de valeurs et d’expressions humaines qui forment la « chilinité » et qui englobe autant la littérature, le folklore, les danses typiques comme la cueca ou encore la valse musette de Chiloé, le cinéma, le théâtre, les fêtes populaires et les monuments patrimoniaux nationaux.

Le Chili compte de nombreux carnavals qui se déroulent principalement dans le nord du pays durant l’été. L’artisanat est également très présent. On trouve aussi plusieurs mythologies selon les régions : par exemple, sur l’Ile de Pâques, a Chiloé ou encore la mythologie Mapuche.

Le cinéma au Chili a une histoire de plus de 100 ans qui débute à la fin du 19e siècle avec la production d’un documentaire sur la cueca. Par ailleurs, le premier film tourné totalement au Chili est diffusé en 1902: il s’agit du film « Ejercitio General de Bomberos en Valparaiso » qui décrit la présentation classique des pompiers du port chilien.

En 1942, l’Etat chilien crée l’entreprise Chilefilms qui a pour finalité de créer des films pour le public national mais également pour l’Amérique latine. Parmi les directeurs de cinéma chilien les plus célèbres, on trouve Aldo Francia, Patricio Guzman, Miguel Littin, nominé deux fois comme meilleur film étranger aux Oscars, ou encore Raul Ruiz, certainement le cinéaste chilien le plus connu internationalement.

Côté théâtre, le Chili n’est pas en reste non plus. Dès l’indépendance nationale, plusieurs dramaturges, acteurs et directeurs élaborent des pièces narrant l’histoire du pays. Les arts visuels sont également très développés au Chili, principalement la sculpture, la peinture et la photographie. Un des peintres chiliens les plus célèbres est sans aucun doute Roberto Matta qui fut également architecte, philosophe et poète. Il est en outre considéré comme le dernier représentant du surréalisme. Parmi les sculpteurs, citons Lily Garafulic Yancovic, sculptrice qui fut directrice du Musée des Beaux-Arts de Santiago. La photographie au Chili a connu un boom ces dernières années. Les centres et instituts consacrés à cet art ont augmenté à travers le pays. Un des plus grands photographes est certainement Sergio Larrain qui photographia entre autres Pablo Neruda en 1966.

La littérature chilienne est principalement axée sur la poésie. En effet, le pays compte une histoire lyrique importante avec des poètes tels que Pablo de Rokha, Vicente Huidobro, Pablo Neruda, Prix Nobel de Littérature en 1971 et Gabriela Mistral, également Prix Nobel de Littérature en 1945. Toutefois, la prose est présente au Chili. Un des auteurs chiliens les plus connus dans le monde francophone est Luis Sepulveda.

Enfin, dans le domaine musical, on constate dans les années 50 et 60, une résurgence de l’intérêt pour la musique folklorique avec des groupes comme par exemple Los Huasos Quincheros. Dans les années 70 apparaît un courant musical appelé « La Nouvelle Chanson Chilienne » avec des musiciens célèbres tels que Victor Jara, Violeta Parra, Los Jaivas, Illapu, Quilapayun ou encore Inti Illimani. La «  Nouvelle Chanson Chilienne » est un mouvement musico-social fortement lié au contexte politique de l’Unité Populaire. Avec la chute de Salvador Allende provoquée par le dictateur Augusto Pinochet, beaucoup de ces artistes s’exilèrent où ils continuèrent leurs carrières musicales. Durant les dernières décennies, les groupes de rock et de pop se sont fortement développés avec des formations telles que Los Prisioneros, Los Tres, Lucybell oou encore Saiko. Le courant musical Hip Hop est également très présent au Chili notamment avec l’artiste Anita Tijoux.

La gastronomie du Chili

Avant l’arrivée des Espagnols sur le territoire chilien, les indigènes avaient une diète basée principalement sur la disponibilité des aliments. En fonction de cela, ils pratiquaient soit la chasse, soit la pêche mais aussi l’agriculture. Les indigènes du Chili s’alimentaient ainsi de fruits, d’herbes diverses, de poissons, de fruits de mer, de viande lamas ou de guanacos. Ils cultivaient en outre le maïs, la pomme de terre et le quinoa. Avec l’arrivée des conquistadores, les habitudes alimentaires des peuplades indigènes changèrent. Ainsi, tout comme dans le domaine religieux, apparurent de nouvelles traditions qui se mélangèrent aux habitudes originelles. On peut dès lors affirmer que la cuisine chilienne, telle que nous la connaissons aujourd’hui, descend d’un métissage entre les traditions culinaires indigènes et les habitudes apportées par les Espagnols. La cuisine chilienne résulte donc d’un mélange de produits inconnus au départ avec des préparations indigènes, mélange qui perdure aujourd’hui.

Lorsqu’ils débarquent au Chili au 16e siècle, le capitaine Pedro de Valdivia et ses soldats introduisent de nouveaux aliments comme le blé, la viande bovine, le poulet et le porc. Les conquistadores vont également augmenter la production d’aliments déjà consommés au Chili tels que le maïs et les pommes de terre. A la moitié du 16e siècle, le bétail est fortement introduit dans le pays.

Les viandes, les légumes, les ragoûts étaient les plats préférés des colons, tout comme le locro (un ragoût à base de courges, de maïs et de haricots) ou encore les humitas (une pâte de maïs cuite et assaisonnée d’huile). Les produits de la mer furent également assimilés durant les premières années de la conquête : les algues cochayuyo aujourd’hui consommées en salades, mais aussi les algues luche et ulte. Le Chili est également un grand producteur de poissons tels que le congre, le merlus ainsi que divers fruits de mer comme les moules, les oursins, les coquilles Saint-Jacques et bien d’autres

Pendant la colonie, la pâtisserie et la confiserie se développèrent également. Citons entre autres le manjar, une crème traditionnellement préparée en cuisant lentement du lait, du sucre, de la vanille, de l’acide citrique et de la cannelle, la pâte de coing appelée « dulce de membrillo », une préparation réalisée par la cuisson de coings et de sucre.

Plus tard, à la fin du 19e siècle, la cuisine du Chili sera fortement influencée par la gastronomie européenne. Les habitudes alimentaires françaises firent leur apparition avec par exemple, les omelettes ou encore les ragoûts.

Enfin, au 20e siècle, le Chili a développé une cuisine fast food avec la production d’une kyrielle de sandwichs selon les régions mais également de hot-dogs appelés « completos » qui ont pour particularités le mélange de tomates, d’avocats, de mayonnaise, de moutarde et de ketchup accompagnant une saucisse.