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Argemi

Devant le glacier Serrano, dans les fjords de la Patagonie australe au Chili

Geneviève et Bruno (France)
bruno.argemi.dom@free.fr

La Patagonie !
Qui n’a pas rêvé de découvrir ce triangle mythique de près de deux millions de kilomètres carrés qui, au sud du 40e parallèle, va de l’océan atlantique au pacifique et se termine au sud, par le redoutable cap Horn ?
Il arrive parfois que ce rêve se réalise. Le voyageur dont le temps est habituellement limité, se voit obligé de faire des choix cornéliens en se disant, une fois revenu chez lui : « il faut absolument que j’y retourne ! »
Après mûre réflexion, notre choix s’est porté sur trois options : le parc national des glaciers argentins, le parc national de Torres del Paine au Chili et une croisière de quatre jours qui nous a amenés de Punta Arenas à Ushuaia par les fjords de la Terre de Feu, le canal de Beagle et un débarquement obligé sur le rocher du cap Horn ! Sans oublier, tout de même, quatre jours pour découvrir Buenos Aires et prendre un bain de famille !
Le parc national des glaciers nous a occupés cinq jours : trois pour aller à El Chaltén avec une voiture de location, découvrir le Fitz Roy au cours d’une très belle randonnée jusqu’à la Laguna de los Tres (sous la pluie patagonienne ! Le pic majestueux a tout de même daigné se montrer après notre retour à l’hôtel !) ; et deux jours pour découvrir les glaciers, entre autres le glacier Spegazzini et surtout l’impressionnant Perito Moreno que l’on voit, durant ces deux jours, sous toutes ses faces. On ne peut plus accéder au glacier Uppsala dont le canal d’accès est barré par d’énormes icebergs qui se sont détachés depuis deux ans. Une petite parenthèse culturelle aux grottes de Walichu, à 10 km d’El Calafate : ce n’est pas Lascaux mais les peintures rupestres, vieilles de quatre mille ans, sont l’émouvant témoin d’une présence humaine très ancienne. Un petit conseil : prenez un taxi et présentez-vous à l’entrée du site aux heures d’ouverture ; il vous en coûtera seulement 50 pesos plus la course aller-retour et vous ferez de grandes économies. Une petite balade à cheval suivie d’un asado à l’estancia Alicia nous a permis d’approcher la vie des estancieros et de leur personnel et de goûter la saveur du mouton patagonique !
Le parc national de Torres del Paine est le paradis des randonneurs. L’hosteria Las Torres vous prend en charge de l’arrivée jusqu’au départ, y compris les transferts ! Il faut penser à réserver ses excursions dès l’arrivée (ou même avant, si on le peut) ; en fin de saison, elles ne sont pas toutes programmées quotidiennement. Nous avons eu la chance de faire les deux que nous souhaitions : « Las Torres », où après quatre heures de montée dont une un peu raide, vous êtes accueillis par un petit lac de montagne que dominent les trois gigantesques tours de granit qui ont donné leur nom au parc ; pour accéder au Valle del Francés, 45 mn de route à travers la steppe et entre les lacs mettent dans l’ambiance ; puis, au cours d’une navigation de 30 mn sur le lac Pehoe, on découvre les sommets grandioses qui dominent la vallée, en particulier les « Cuernos » et, quand il fait beau, le Paine Grande ; enfin, trois heures de marche nous ont amenés devant le glacier Francés et le cirque montagneux qui entoure la vallée. L’horaire du bateau pour le retour est le facteur limitant, sauf si on passe la nuit dans un refuge.
Enfin, point d’orgue du voyage, la croisière qui nous a amenés de Punta Arenas à Ushuaia en passant par le cap Horn. Une seule compagnie : Cruceros Australis, dont l’organisation est parfaitement rodée. Rien n’est laissé au hasard ; les escales sont soigneusement choisies, les guides, qui connaissent par coeur la Terre de Feu et son histoire, sont aussi des anges gardiens particulièrement vigilants et les marins qui pilotent les Zodiac vous donnent une grande impression de sécurité même pour le débarquement quelque peu mouvementé sur l’îlot du cap Horn ! Un mauvais point, tout de même : on vous annonce pompeusement cinq jours et quatre nuits de croisière ! La quatrième nuit se passe à quai à Ushuaia où l’on arrive à 23h et le « cinquième jour » se borne au débarquement à 8h du matin. Ceci n’est pas très correct ! Avant le départ, une petite visite au musée maritime et au musée salésien de Punta Arenas nous ont rappelé l’histoire de tous ces pionniers qui ont défié le cap Horn et dont beaucoup y ont laissé la vie et aussi celle, bien moins glorieuse, de l’extermination systématique, en moins d’un siècle, par les européens avides de gains, des tribus indiennes qui peuplaient la Terre de Feu et y vivaient paisiblement de la chasse et de la pêche.
Comment avons-nous organisé notre voyage ?
Nous avons soumis les grandes lignes de notre projet à l’agence Korke et, en quelques échanges de courriels sur une période de deux mois environ, tous les détails du voyage et son coût étaient définitivement arrêtés. Mark nous a accueillis à notre arrivée à Buenos Aires et nous a remis un road book détaillé, particulièrement bien présenté et plein d’adresses et de suggestions intéressantes, ainsi que l’ensemble des vouchers. A partir de là, il n’y avait plus qu’à se laisser porter, les prises en charge se faisant dans l’ordre et les délais prévus. Aucune mauvaise surprise ni dans le déroulement du voyage ni financière. A quelques détails mineurs près, l’organisation a été parfaite.
Bravo Korke !