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Culture Andine

El Calafate

05, septembre, 2014

La ville argentine de El Calafate se situe sur la rive méridionale du Lago Argentino, au sein de la région de la Patagonie. El Calafate fait partie de la province de Santa Cruz et  se situe à une distance d’environ 80 km du glacier Perito Moreno et de 320 km de la capitale provinciale, Rio Gallegos. La ville est en quelque sorte la porte d’entrée au Parc National Los Glaciares qui inclut, entre autres, le glacier Perito Moreno, Upsala et le massif montagneux Fitz Roy. Chacun de ses lieux font partie du splendide Champ de glace Sud de Patagonie. 

el-calafate1Le nom El Calafate se réfère à un type d’arbuste à épines, le Berbéris à feuilles de buis dont les feuilles sont de couleur jaunâtre et dont la présence est caractéristique dans la partie sud de la Patagonie. Les baies de cette plante sont de couleur bleu foncée. Anciennement, cet arbuste était employé pour le calfatage des bateaux qui débarquaient en Patagonie. 

Dans cette zone, avant l’arrivée et la colonisation de l’homme, régnaient les indiens aonikenk qui lui avaient donné le nom de Kehek Aike dont la signification serait, selon les historiens, « lieu qui sert au dépôt d’ustensiles et de biens humains ». Au 20e siècle, la ville prend de l’ampleur alors qu’à ses débuts, cet endroit n’était qu’un point de ravitaillement pour le transport de la laine effectué dans des charrettes. En 1927, le gouvernement argentin fonde la ville dans l’espoir de consolider le peuplement de la région. Toutefois, l’activité engendrée par l’administration de parcs nationaux et surtout responsable de l’essor de la région. L’édification du Parc national Los Glaciares dure de 1943 à 1946. A cette époque, la population atteignait à peine la centaine d’habitants et c’est le Parc national qui favorisera l’infrastructure des lieux mais également l’activité culturelle et le secteur touristique. 

Le Perito Moreno, situé à quelques dizaines de kilomètres de la ville est un des lieux les plus spectaculaires et les plus visités de la Patagonie.

Le Perito Moreno, situé à quelques dizaines de kilomètres de la ville est un des lieux les plus spectaculaires et les plus visités de la Patagonie.

La zone de El Calafate a connu un développement économique divisé en trois périodes. Dans un premier temps s’est développée une activité économique « originelle » aux mains des autochtones de la région, les indigènes aonikenk qui avaient pour coutume de chasser les camélidés. Ce groupe d’une cinquantaine d’individus était constitué de chasseurs et cueilleurs nomades qui habitaient au sein de cavernes. A 15km de l’est de la ville de El Calafate se trouve Punta Walicu, un site archéologique sur les rives de lac Argentin et dont les peintures rupestres ont aidé à l’étude de ce groupe ethnique. 

Un gaucho à cheval dans la pampa argentine avec la cordillère et le Fitz Roy au fond

Un gaucho à cheval dans la pampa argentine avec la cordillère et le Fitz Roy au fond

Ensuite, plus tard, durant la deuxième période, d’amples zones de champs ont été vendues par l’Etat aux Anglais afin d’approvisionner le monde de laine à la suite pendant la révolution industrielle. C’est pendant cette période, connue comme « la Patagonie rebelle », que furent fusillées environ 200 grévistes qui militaient pour une amélioration de leurs conditions de travail. Enfin, la troisième période d’essor économique durant les années 70 a eu lieu lorsque le secteur touristique s’est fortement développé grâce à la présence et à l’exploitation du glacier Perito Merino. Pendant cette époque, l’offre touristique s’est consolidée ainsi que les activités de l’aéroport international. 

La région de El Calafate est baignée par un climat sec et froid avec des variations thermiques annuelles très peu marquées. La ville est le point névralgique de l’activité touristique de la région. Le voyageur pourra découvrir le lac argentin, le lac Viedma et bien évidemment l’impressionnant Parc National Los Glaciares ou encore la réserve écologique Laguna Nimez.

5 septembre 2014|Argentine, Culture Andine, géographie, Patagonie, sites à voir|

L’ethnie diaguita

13, mai, 2014

L’ethnie diaguita, doit son nom aux incas qui, en quechua, appelèrent ainsi les indigènes regroupés en groupements indépendants auto-dénommés « pazioca » installés sur les territoires actuels du nord-est de l’Argentine, de 900 à 1500 après Jésus-Christ, principalement dans les vallées calchaquies ainsi que dans le Petit nord chilien. Ces peuples diaguitas, nom repris et diffusé plus par les conquistadores, étaient réunis autour d’une même langue, le « cacan ». Reconnus comme d’excellents travailleurs du métal et de la poterie, les Diaguitas s’opposèrent à la domination de l’Empire inca, de 1471 à 1533, et à la couronne espagnole pendant les guerres dites « calchaquies », au 17e siècle.

Représentation graphique d'un cacique Diaguita

Représentation graphique d’un cacique Diaguita

Toutefois, avec l’incorporation des Diaguitas au sein de l’Empire inca, plusieurs d’entre eux devinrent en quelque sorte des agents de l’expansion inca jusque dans le centre du Chili. Par conséquent, à leur arrivée, les colons espagnols découvrirent que la présence des indiens diaguitas s’étendait bien au-delà de leur territoire de départ, incluant une partie des régions transandines.  

Les indiens diaguitas vivaient dans les collines et vallées dans la zone qui correspond au nord-est du territoire argentin actuel, principalement dans les provinces de Jujuy, Salta, Tucuman, Catamarca, la Rioja, le nord de San la province de San Juan, dans la partie nord-ouest de Cordoba et au sud-est de Santiago del Estero. Au Chili, les Diaguitas étaient répandus dans le Petit Nord et dans les vallées d’Atacama et de Coquimbo ainsi que dans l’est de la Cordillère des Andes. Dans ces endroits, les indiens diaguitas avaient comme habitude de construire, afin de se protéger des attaques d’autres groupements, des fortifications appelées en quechua, « pukaras ».

L’Argentine compte, entre autres, le pukara de Tilcara, une fortification construite sur le canyon de la Quebrada de Humahuaca, dans la province de Jujuy. Au Chili, les communautés diaguitas étaient installées dans les zones semi-arides allant du fleuve Copiapo dans le nord jusqu’au fleuve Choapa dans les sud, territoires composés de diverses vallées et chaînes montagneuses qui unissent la Cordillère des Andes avec l’Océan Pacifique. 

Vestiges du village des indiens Quilmes - un peuple faisant partie du territoire diaguita- près de Cafayate, dans le Nord-Ouest de l'Argentine.

Vestiges du village des indiens Quilmes – un peuple faisant partie du territoire diaguita- près de Cafayate, dans le Nord-Ouest de l’Argentine.

D’un point de vue culturel et artistique, la poterie diaguita ornée et gravée provient principalement des fouilles des sépultures où étaient enterrés les défunts en compagnie de trousseau de bagues, d’haches, de pinces, de ciseaux de bronze, de spatules, de cuillères en os finement taillés et de céramiques diverses. Le félin est énormément représenté sur les poteries mortuaires des indiens diaguitas, ce qui laisse supposer que ces derniers vouaient un culte à cet animal. 

Céramique zoomorphe de la culture diaguita

Céramique zoomorphe de la culture diaguita

Ces indigènes d’Amérique du Sud vivaient de l’agriculture. La construction d’ingénieux systèmes d’irrigation leur permettait de cultiver une large variété de produits tels que le maïs, le quinoa ou encore les courgettes. Les chercheurs ne sont pas certains que les Diaguitas aient pratiqué l’élevage, définitivement intégré à l’économie locale avec l’arrivée des Incas. L’océan leur offrait aussi une grande quantité de ressources telles que les poissons, les mollusques ou encore les mammifères comme les loups de mer et baleines. Les indiens diaguitas construisaient des radeaux pourvus de flotteurs faits de peau de loup de mer.  

Petroglyphe chamanique diaguita dans le Valle de los Encantos (vallée des enchantements), près de la ville de Ovalle, au Chili

Petroglyphe chamanique diaguita dans le Valle de los Encantos (vallée des enchantements), près de la ville de Ovalle, au Chili

Enfin, la stratification sociale des Diaguitas étaient organisées selon des petits villages indépendants, chacun dirigé par des chefs de communauté. Malgré une culture commune, chaque vallée et chaque localité vivaient en autonomie. Lors de l’invasion incaïque, la société diaguita fut réorganisée en systèmes égaux où chaque vallée était gouvernée par une autorité dans sa partie haute et par une autre, subordonnée, dans sa partie basse.

13 mai 2014|Chili, Culture Andine, géographie, histoire|

Puerto Natales

21, avril, 2014

La ville chilienne de Puerto Natales est située à l’extrême-sud du pays, sur les bords du Cana Señoret, entre le golf Almirante Montt et le Fjord Ultima Esperanza, au sein de la région de Magallanes et de l’Antarctique chilien. Puerto Natales est la capitale de Natales et fait partie de la province d’Ultima Esperanza. La province d’Ultima Esperanza (dernier espoir) fut nommée de la sorte par le navigateur Juan Ladrillero qui la qualifia comme « le dernier espoir » d’atteindre le Détroit de Magellan, lieu qu’il ne put jamais rejoindre. 

Puerto Natales se trouve à 247 kilomètres de la ville chilienne de Punta Arenas, à 48 km de la ville argentine de Rio turbio et à 256 km de la province argentine de Santa Cruz. Puerto Natales est porte d’entrée au fabuleux parc naturel Torres del Paine. 

Puerto Natales, vu depuis le fjord Ultima Esperanza (dernier espoir).

Puerto Natales, vu depuis le fjord Ultima Esperanza (dernier espoir).

Le nom de Puerto Natales, en espagnol Port Natales, a été donné à la ville par deux pionniers allemands à la fin du 19e siècle. Ces deux explorateurs donnèrent le nom de « Natalis » (naissance en latin) au fleuve qui débouche sur la partie nord de la ville car la découverte de ce cours d’eau eut lieu un 24 décembre, jour de la naissance de Jésus. La province d’Ultima Esperanza était, à ses origines, habitée par les tribus indigènes Kaweshar et Aonikenk. Au 19e siècle, les premiers colons furent attirés par les possibilités d’élever des troupeaux d’ovins et de bovins sur ces terres. Il s’agissait en outre de la première ressource économique de la région. Puerto Natales fut fondée le 31 mai 1911 par le président chilien Ramon Barros Luco. Les habitants de Puerto Natales sont issus dans un premier temps principalement de l’Ile chilienne de Chiloé. 

Vue de Puerto Natales et du fjord Ultima Esperanza depuis les colines et la frontière argentine.

Vue de Puerto Natales et du fjord Ultima Esperanza depuis les colines et la frontière argentine.

Ensuite, beaucoup d’émigrés allemands et anglais s’installèrent à Puerto Natales et  fondèrent plusieurs petites colonies dans le voisinage de villes telles que Puerto Consuelo, Puerto Condor et Puerto Bories, localité chilienne située à 4 km de là. C’est à Puerto Bories que fut installé l’Entrepôt Frigorifique de Bories déclaré Monument Historique Nationale en 1996. Ces installations permirent de nombreuses créations d’emplois dans la région et deux chemins de fer furent construits en 1915 entre Puerto Bories et Puerto Natales pour le transport des ouvriers. 

De nos jours, Puerto Bories possède un musée qui retrace l’histoire et les traditions de la région en soulignant l’importance de l’entrepôt frigorifique pour le développement économique de Puerto Natales et de toute la Patagonie. Le visiteur pourra découvrir de magnifiques machines du début de 20e siècle. 

En 1917, la Compagnie Frigorifique de Puerto Natales fonda à son tour l’Entrepôt Frigorifique de Puerto Natales qui donna également du travail à ses habitants. Dans ces installations étaient stockées de la viande d’ovins et de bovins qui était destinée par la suite a partir sur des navires marchands vers l’Europe. Jusqu’à la fin des années 70, Puerto Natales fut une des plus grandes industries exportatrices de viande bovine au monde. 

D’un point de vue géographique, contrairement aux autres villes chiliennes, Puerto Natales se trouve sur le versant oriental de la Cordillère des Andes. Le climat y est transandin et steppique. Les précipitations ont lieu toute l’année de manière homogène. Les mois d’automne, avril et mai, sont beaucoup plus pluvieux. En hiver, les précipitations ont lieu principalement sous forme de neige.

21 avril 2014|Chili, Culture Andine, géographie, histoire, Patagonie, sites à voir|
Valles-Calchaquies

Les vallées Calchaquies

31, mars, 2014

Région où vivaient les indiens calchaquies, rattachés à l’ethnie diaguita, les vallées calchaquies constituent un système de sommets du nord-est de l’Argentine qui s’étend, du nord au sud, de la partie centrale de la province de Salta, en passant par la zone extrême orientale de la province de Tucuman jusqu’à la région nord-est de la province de Catamarca. La présence originelle des indiens calchaquis dans cette vallée a déterminé la diversité culturelle de ce magnifique lieu, considéré comme un des plus beaux et des plus typiques d’Argentine.

Valles-Calchaquies

La vallée des Cardones , immense plaine en altitude qui est recouverte de cactus Cardón – Pachycereus pringlei- pouvant atteindre plus de 20 mètres et peser plus de 20 tonnes.

C’est dans ces vallées que s’est développée la culture Santamariana, une civilisation qui a duré de 1200 à 1470 de notre ère ou encore la culture La Candelaria qui s’est étendue de l’an 200 a l’an 1000. En tant que partie intégrante de l’ethnie diaguita, le nom et la communauté « calchaquie » se réfèrent aux nations indépendantes « paziocas », une haute culture indigène qui s’opposa farouchement pendant près de 100 ans à l’invasion et à la conquête espagnoles durant les Guerres Calchaquies. Leur chef était le cacique Juan Calchaquie.

Les vallées calchaquies sont traversées du nord au sud par le fleuve Calchaquie et du sud au nord, par le fleuve Santa Maria. Ils donnent, tous les deux, naissance, près de la ville de Cayafate, au fleuve de las Conchas. Les vallées Calchaquies débutent dans la zone frontalière de la province de Salta avec celle de Jujuy. Tout au long de ces magnifiques vallées, on trouve une multitude de petits village anciens et de sites précolombiens et coloniaux tels que Seclantas, San Carlos, Molinos ou encore Cachi. La vallée de Tafi, au sein de la province de Tucuman, relie le centre-ouest des vallées Calchaquis avec l’immense plaine pampéenne. Les couleurs, formes et reliefs qui caractérisent ces vallées sont superbes. En outre, on trouve également une kyrielle de formations géologiques, la plupart d’entre-elles provoquées par l’érosion.

Enfin, les vallées calchaquies sont une des meilleures zones de culture des raisins blancs d’Argentine. Le type de raisin le plus célèbre est certainement le cépage blanc Torrontés B.

31 mars 2014|Argentine, Culture Andine, géographie, histoire|

Purmamarca

21, mars, 2014

Petite localité indigène du département Tumbaya de la province de Jujuy dans le nord de l’Argentine, ancrée dans la Quebrada de Humahuaca (« Ravin de Humahuaca »), un canyon tectonique et fluvial, Purmamarca, signifie, en langue aymara, « Ville de la Terre vierge ». Mais, pour les descendants des habitants, il s’agirait plutôt de « l’endroit où rode le puma » en langue aymara et « Peuple du lion » en langue quechua. Cependant, certains estiment qu’il s’agirait d’un terme « étranger » issu de la langue de l’ethnie omaguaca. La population de Purmamarca s’élève à peine à 900 personnes. Le peuple Omaguaca était un peuple fortement influencé par la culture incaïque qui se livrait principalement à la culture du maïs, à l’élevage de lamas pour leur viande, leur laine et leur peau. Cette zone conquise par les Espagnols au 16e siècle a fortement résisté à la Conquête. En effet, Purmamarca fut un des centres de soulèvement contre la couronne espagnole et l’armée d’indiens a atteint à l’époque environ 10.000 hommes qui ont réussi à autonomiser Tucuman par rapport à la Vice-royauté du Pérou.

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Une rue du village de Purmamarca. On aperçoit au fond une partie de la montagne aux sept couleurs (Argentine)

De nos jours, les activités premières de Purmamarca sont la culture du maïs et de la pomme de terre et l’élevage d’animaux. La population est très respectueuse de l’espace, de sa culture et de son histoire.

Ce magnifique village d’origine préhispanique, situé au pied du Cerro de los Siete Colores (« Colline des sept couleurs ») et au bord du fleuve Purmamarca, a été déclaré Site historique national. La « Quebrada de Humahuaca » a été inscrite au Patrimoine de l’Humanité de l’Unesco.

L’architecture de Purmamarca, constitué d’édifices coloniaux aux matériaux typiques tels que les pierres polychromes, les murs d’adobe et les toits de paille, et les habitudes de sa communauté, s’organise depuis les origines autour de l’église. La physionomie andine de ce lieu, les vestiges précolombiens et l’histoire de son peuple en font un lieu touristique et patrimonial important de la province de Jujuy et représentatif de la culture indigène de l’Argentine. Purmamarca a été fondé au 16e siècle, en 1594. La construction de l’église, réalisée en hommage à Santa Rosa de Lima, remonte, elle, à 1648. A côté de l’église, se trouve l’arbre algarrobo historique de Purmamarca, baptisé Vitipoco, lieu de fabuleuses légendes indiennes. Mais c’est aussi sous cet arbre que se seraient reposées les troupes du général Manuel Belgrano qui dirigeait l’Armée du Nord du temps de l’indépendance vis-à-vis de l’Espagne, de 1810 à 1816.

Une rue de Purmamarca.

Une rue de Purmamarca.

Anciennement Purmamarca était mis à l’écart des axes commerciaux de la province de Jujuy. Cependant, la zone a connu, il y a quelques années, un essor économique grâce a deux évènements distincts mais reliés :

Dans un premier temps, le village a été un des centres de réunions des ministres du tourisme du Mercosur (le Marché commun du Sud) et a été intégré à la route du tourisme transandin.

Ensuite, la proclamation de la Quebrada de Humahuaca en tant que Patrimoine de l’Humanité a fait croître l’activité touristique de la région.

Les caractéristiques des habitants de ce village qui maintiennent une véritable identité culturelle, l’architecture typique et la beauté de l’environnement font de Purmamarca un endroit idéal pour le repos et pour la contemplation. Les principales activités économiques de ce hameau sont la confection et la vente d’artisanat, la petite hôtellerie et l’organisation d’excursion dans des régions proches comme les Salines Grandes, un petit salar ou désert de sel situé sur les hauts plateaux des provinces de Jujuy et de Salta ou encore dans la Lagune de Guanyatayoc, étendue d’eau salée, située dans le sud du département de Cochinoca de la province de Jujuy.

21 mars 2014|Argentine, Culture Andine, géographie, histoire|

Les Tehuelches

05, février, 2014

Le nom « Tehuelche », « chewel che », est un mot issu de la langue mapuche, le mapudungún, qui signifie « personne brave » correspondant à la race des peuples indigènes de la Pampa argentine. Ce vocable désigne l’ensemble des peuples amérindiens qui habitaient la Patagonie argentine et la région pampéenne d’Amérique du Sud.

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Représentation d’un campement tehuelche

En ce qui concerne leur origine, diverses hypothèses s’opposent. Celles-ci, formulées par des experts, des missionnaires et des aventuriers, tendent à regrouper les nombreuses ethnies indigènes des régions pampéennes au sein du groupe des Tehuelches et ce, car elles leur étaient apparentées culturellement, géographiquement et linguistement. En 1520, les Tehuelches furent nommés indiens patagons par Antonio Pigateffa, un noble italien de la Renaissance, explorateur, géographe et chroniqueur, qui avait participé à la découverte des Amériques. Patagons n’est pas la seule dénomination leur ayant été assignée. Plusieurs nomenclatures sont employées.

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Indien tehuelche à cheval devant un campement

La classification des peuples indigènes qui ont vécu dans la Pampa et en Patagonie – nommés génériquement Tehuelches – est compliquée car leurs représentants et leurs descendants ont disparu, laissant peu de traces, mais également car les extensions géographiques vastes sur lesquelles ils vivaient, ont rendu difficile tout contact avec les explorateurs. En outre, les scientifiques ont souvent été induits en erreurs à cause de leurs mouvements migratoires saisonniers. Par conséquent, l’étude de la distribution linguistique et leur nombre ont été mal évalués. La Conquête espagnol a ensuite modifié d’un point de vue culturel les indiens de la Pampa argentine et les indiens Mapuches auxquels ils se heurtèrent et a transformé leur réalité. Parallèlement à ce phénomène d’acculturation, les gênes des Tehuelches furent modifiées.

Les Tehuelches, selon les spécialistes, étaient séparés par le Rio Chubut, un fleuve de Patagonie argentine, selon deux grandes divisions : les Tehuelches méridoniaux qui s’étendaient jusqu’au détroit de Magellan, et les Tehuelches septentrionaux jusqu’aux fleuves Colorado et Negro. Toutefois, il existe une polémique quant à leur présence ou non dans la région de la Pampa.

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Indiens tehuelches de la Patagonie

Selon Federico Escalada, dans son livre de 1949 « El Complejo tehuelche. Estudios de etnografía patagónica », les indiens Tehuelches peuvent être classés en cinq grandes catégories, chacune parlant sa propre langue. La classification d’Escalada répartie entre les Tehuelches insulaires et les Tehuelches continentaux ne retient pas l’idée de l’existence d’une catégorie séparée dénommée « Pampa ».

Selon Escalada, les Tehuelches insulaires, situés sur la Grande Ile de Terre de Feu comprennent les lesindiens Seknams ou Onas, eux-mêmes présents dans les steppes septentrionales de l’île, et les indiens Haush de la péninsule Mitre. Les Tehuelches du continent comprennent les indiens « Aoni-kenk », composante méridoniale des Tehuelches qui habitait la zone comprise du détroit de Magellan jusqu’au fleuve Chubut en Argentine et jusqu’à la province de Palena au Chili. Leur langue était appelée par Escalada, « aoniko áish »

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Enfant tehuelche à cheval dans la pampa de patagonie

Sur le continent, on retrouve un autre branche tehuelche nommée « Chehuache-kénk », située dans le centre de l’Argentine, dans les vallées de la cordillère et de la précordillère depuis le lac Buenos Aires et le lac Fontana jusqu’au lac Nahuel Huapi. Leur langue fut appelée par Escalada, la langue « teushen ». Enfin, la composante septentrionale des Tehuelches est représentée par les « Guénena-kéne » qui se trouvaient du nord du rio Chubut et du rio Negro au sud-ouest de la province de la Pampa. Leur langue était la langue gününa yájitch.

Une autre classification qui remet en cause celle de Federico Escalada a été élaborée par l’anthropologue argentin Rodolfo Casamiqueta au 20e siècle. Elle incorpore aux Tehuelches, les indiens « Hets » et « Querandies ».

Pour Casamiqueta, parmi les Tehuelches insulaires, on retrouve les Onas ou Selknams et les Haush en Terre de Feu, les premiers au nord-est et dans la péninsule Mitre et dans les baies Thetys et Fathey, les seconds éteints. Deux composantes méridionales composent les Tehuelches continentaux : les Tehuelches austraux, les « Aónik’enk », « Patagons » ou « Chewelches » qui habitaient une zone allant du détroit de Magellan au rio Chubut. En second lieu, les Tehuelches boréaux sont aussi compris au sein des Tehuelches continentaux, ils sont appelés « Mech’arn » et on les retrouvait du fleuve Santa Cruz jusqu’au fleuve Chubut.

Pour les Tehuelches septentrionaux, Casamiqueta élabore deux catégories : les Tehuelches septentrionaux austraux qui se nomment «Gününa kena pampas », « Chewelches », « Williches », ou « Puelches ». Ils vivaient dans une zone comprise entre les fleuves Negro et Limay et le fleuve Chubut ainsi que les provinces de Buenos Aires, Cordoba, Santa Fe et au sud-ouest de la Pampa. Enfin, l’anthropologue classe parmi les Tehuelches septentrionaux boréaux, les «Querandíes et les «Puelches» au nord du fleuve Neuquén.

Les diverses ethnies intégrant les Tehuelches parlaient chacune langue appartenant au groupe « tshonk ». Ces ethnies possédaient un tronc linguistique commun, nommé par Federico Escalada, « ken », signifiant « personne ». Jusqu’au 19e siècle, on admettait en Argentine, plusieurs langues de racine tehuelche. En effet, la langue tehuelche, parlée dans toute la Patagonie, est apparentée à celle des Haush et des Selknams.

Le commissaire chilien Guillermo Cox, fils de Gallois envoyé en 1862 par son gouvernement à la recherche de nouvelles routes interocéaniques, auteur de « Voyage dans les régions septentrionales de la Patagonie, 1862-1863 » a décrit la langue tehuelche comme suit : « Ce que nous pouvons observer au sein de ce peu de paroles, c’est que se suivent souvent, deux, trois et jusqu’à 4 consonnes, ce qui fait de la langue tehuelche, un idiome assez rude. J’ai entendu dire que le polonais contenait beaucoup de consonnes. Cependant, je dois avouer que cette langue, en comparaison aux sons discordant de la langue des Patagons et des indiens de la Pampa, me semble être de la musique. Dans la langue tehuelche, toutes les lettres se prononcent comme en espagnol, à l’exception du « u » qui ressemble à un « u » anglais comme dans « cup » ».

Avant l’arrivée des conquistadores, les Tehuelches comme beaucoup de peuplades indigènes, avaient un mode de vie basée sur la chasse et sur la collecte de fruits. Ils se déplaçaient en fonction des saisons mais également selon les trajectoires des lamas, leur principale source de viande. Les indiens Tehuelches étaient habiles dans la construction de projectiles et d’outils en os. Sous l’influence du contact avec les conquistadores emmenés par Fernand de Magellan en 1520, les Tehuelches seront appelés par ces derniers « Patagons ». Les colons les voient comme des « Patagons géants », selon les descriptions rapportées par Antonio Pigafetta. Les premiers explorateurs de la Patagonie furent dans un premier temps surpris par la trace immense de leurs pieds, agrandis à cause des peaux qui les enveloppaient.

Outre ce détail physique, ils étaient caractérisés par leur haute taille, ce qui leur valu d’être représenté abondamment dans la littérature exotique européenne du 16e, 17e et 18 e siècle. Le comte Louis-Antoine de Bougainville les décrit lors d’un voyage au 18 e siècle, comme « de bonnes gens qui parurent très joyeux lors de notre arrivée (…) d’une belle taille ; parmi ceux que nous avons vus, aucun n’était au-dessous de cinq pieds cinq pouces, ni au-dessus de cinq pieds dix pouces »

Comme pour beaucoup d’autres peuples indigènes latino-américains, le contact avec les Espagnols leur fut fatal. Non seulement se produisirent divers changements culturels mais les colons apportèrent avec eux des maladies telles que la vérole, la peste et la rougeole, et celles-ci leur furent fatales.

Les indiens tehuelches n’avaient pas de structure sociale très développée et dès lors, comme c’était le cas pour beaucoup d’autres ethnies, leur système religieux n’était pas non plus très organisé. Toutefois, comme pour les indiens de la région de la Pampa, ils ont développé des croyances basées sur des mythes et des rites propres. Les chamanes étaient chargés d’entretenir et de transmettre ces croyances, de soigner les membres de la communauté à l’aide des esprits qu’ils invoquaient. Les Tehuelches vénéraient des esprits telluriques ainsi qu’une déité suprême créatrice du monde nommée « Kóoch », divinité à la base des autres mythologies tehuelches. Les Tehuelches croyaient que cette déité vivait enveloppée dans les ténèbres, accablées par une immense solitude et que ses abondantes larmes étaient à l’origine de la création de l’océan. Ses soupirs avaient, selon les indiens, créé le vent qui avait lui-même avait engendré les îles.

Au 17e et 18e siècle, les indiens tehuelches furent confrontés à la pénétration des Mapuches sur leurs terres. Les Mapuches entrèrent par l’est des Andes à la recherche de nouvelles ententes commerciales et d’alliances. C’est de cette manière qu’ils influencèrent culturellement et biologiquement les Tehuelches. On parle d’ailleurs d’ « araucanisation » (en référence à la terre chilienne des Mapuches) de la Pampa et de la Patagonie. Les Tehuelches adoptèrent ainsi les coutumes et la langue mapuches et les Mapuches s’inspirèrent eux aussi du mode de vie tehuelche, ce qui provoqua une sorte de symbiose et une indifférenciation entre ces deux groupes.

A partir de la moitié du 19e siècle, plusieurs membres de groupes tehuelches furent capturés et déportés contre leur volonté dans des pays européens comme la Belgique, la Suisse, l’Allemagne, la France ou encore l’Angleterre où ils furent enfermés dans de véritables zoos humains. La conquête du désert par l’armée argentine joua également un rôle dans la disparition presque totale des communautés indigènes tehuelches.

5 février 2014|Argentine, Chili, Culture Andine, histoire, Patagonie|